Santé

Si vous êtes de mauvaise humeur lorsque vous souffrez de douleurs chroniques, c'est normal

Temps de lecture : 2 min

D'après une nouvelle étude, la douleur chronique impacte notre contrôle des émotions.

Lors d'une perturbation chimique, les émotions telles que le bonheur, la motivation ou la confiance peuvent être affectées. | Romina Farías via Unsplash
Lors d'une perturbation chimique, les émotions telles que le bonheur, la motivation ou la confiance peuvent être affectées. | Romina Farías via Unsplash

Une nouvelle étude menée par des scientifiques australiens a révélé que la douleur chronique était associée à un niveau plus faible de neurotransmetteurs clés dans le cerveau, indique New Atlas. Les chercheurs pensent que cette perturbation d'ordre chimique joue un rôle dans les difficultés qu'ont certaines personnes souffrant de douleurs chroniques à réguler leurs émotions négatives.

En effet, l'anxiété et la dépression seraient davantage remarquées chez les personnes subissant des douleurs de manière chronique. La douleur est épuisante, mais la douleur chronique peut dévaster quelqu'un. Cette nouvelle recherche permet donc de prouver que la dérégulation émotionnelle, qui va souvent de pair avec des douleurs chroniques, est directement liée à des changements neurochimiques causés par la souffrance elle-même.

«La douleur chronique est une sensation plus qu'horrible, dit Sylvia Gustin, autrice principale de cette étude. Nous avons découvert pour la première fois que la douleur persistante est associée à une diminution de GABA, un neurotransmetteur inhibiteur du cortex préfrontal médian. En d'autres termes, un réel changement pathologique a lieu.»

Une découverte qui peut mener à un futur traitement

Les chercheurs ont travaillé avec vingt-quatre sujets souffrant de douleurs chroniques, et vingt-quatre sans aucun antécédent de ce type de pathologie. Ils ont mesuré les niveaux de GABA dans le cortex préfrontal médian. Dans la première catégorie de patients, les taux de ces neurotransmetteurs vitaux se sont avérés bien plus faibles que chez les sujets témoins, et ce, peu importe le type de douleur chronique dont ils souffraient.

«Une diminution du GABA signifie que les cellules du cerveau ne peuvent plus communiquer correctement entre elles, explique Sylvia Gustin. Lorsqu'il y a une diminution de ce neurotransmetteur, nos actions, émotions et pensées sont toutes amplifiées.»

Les chercheurs précisent toutefois qu'ils ne peuvent pas donner de preuve d'un lien causal entre douleur chronique et déséquilibre de neurotransmetteurs. En revanche, Sylvia Gustin émet l'hypothèse d'un mécanisme plausible de la douleur qui affecte le cerveau. «Tout commence avec le stress. Quand on souffre, cela augmente les hormones du stress, comme le cortisol, ce qui déclenche une augmentation massive de glutamate.» Ensuite, il est possible que certaines cellules immunitaires du cerveau tentent de réguler ces anomalies. Mais ce faisant, dans un contexte de douleur chronique, le processus conduit à une régulation négative des neurotransmetteurs nécessaires au contrôle des émotions.

Tout cela signifie qu'à l'avenir, il pourrait y avoir un traitement qui cible spécifiquement les niveaux de GABA et de glutamate dans le cortex préfrontal médian, afin d'améliorer la santé mentale des personnes souffrant de maladie chronique. Mais en attendant, les scientifiques rappellent que les thérapies ayant pour but de les aider à réguler leurs émotions négatives peuvent être efficaces. «Il est important de se rappeler que ce n'est pas vous le problème, physiquement il y a quelque chose qui se passe dans votre cerveau en fait, conclut Sylvia Gustin. Nous ne savons pas encore pourquoi cela se produit mais nous travaillons pour trouver des solutions qui changeraient cela.»

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