Boire & manger

Sept bons restaurants ouverts en août à Paris

Temps de lecture : 10 min

De l'Italie à l'Argentine, il y a de quoi voyager sans quitter la capitale française.

Le restaurant Apicius – Domaine de Murtoli. | Romain Ricard
Le restaurant Apicius – Domaine de Murtoli. | Romain Ricard

Nombre de tables étoilées ou non ont choisi de ne pas fermer cet été après la cessation d'activité durant de longs mois. Les clients fidèles ont retrouvé leurs adresses de prédilection.

Les chef·fes sont au piano pour les choyer et quelquefois les régaler; c'est le cas de Guy Savoy, sacré meilleur restaurateur du monde quatre fois de suite. Pas de vacances pour l'enfant de Bourgoin-Jallieu (Isère) formé comme Bernard Loiseau par Jean et Pierre Troisgros à Roanne: une éducation culinaire hors du commun.

Restaurant Guy Savoy à La Monnaie de Paris

À l'étage de ce très bel hôtel particulier du quai Conti où l'on frappait les monnaies, Guy Savoy a transféré la brigade de salle et de cuisine qui a fait le succès international du style Savoy: finesse, élégance et goûts justes.

Au restaurant Guy Savoy, les grosses langoustines de casier en consommé (presque gras), la tête pleine. | Restaurant Guy Savoy

En un demi-siècle de métier, le créateur de la soupe d'artichaut à la truffe noire, brioche feuilletée aux champignons et truffes (un pur chef-d'œuvre) a su renouveler son répertoire de quinze plats ciselés, personnalisés avec doigté et talent: les grosses langoustines de casier en «consommé» (presque) gras, la tête pleine, l'aile de raie «refroidie» au caviar, petit ragoût breton, chef-d'œuvre, le rouget barbet «en situation», une fleur de courgette farcie «deux foies», jus aux foies, le fameux saumon «figé» sur la glace, consommé brûlant, «perles» de citron, une symphonie de saveurs.

Au restaurant Guy Savoy, le homard et légumes grillés, le bouillon qui coraille. | Restaurant Guy Savoy

Aussi les morceaux taillés dans un dos de veau rôti entier, longueurs de légumes, les pommes dauphine de mon enfance, la selle et côte d'agneau «animal-végétal» et la poulette farcie en demi-robe, les suprêmes en «jus-mousseux», les cuisses «tradition» pour 2 à 3 personnes. Un admirable récital de très haute volée, quasi unique à Paris.

Au restaurant Guy Savoy, la selle et côte d'agneau animal-végétal. | Restaurant Guy Savoy

Au dessert, la création colorée de la saison: le «tomate-framboise» d'une intense fraîcheur fruitée et le purement chocolat comme une tarte.

Au restaurant Guy Savoy, le tomate-framboise. | Restaurant Guy Savoy

À noter que le menu «Couleurs, Textures et Saveurs» en 13 services… ou plus est un monument de la gastronomie française que l'on peut partager (490 euros): un fantastique défilé de goûts, saveurs et parfums qui vous laisse pantois d'admiration. Tout cela a un coût sérieux mais les produits nobles (homard, poulette, caviar et truffes noires) ont un prix.

Oui, un repas de fête, un extraordinaire moment de joie du palais qui restera gravé dans votre mémoire.

11 quai de Conti 75006 Paris. Tél.: 01 43 80 40 61. Carte de 300 à 450 euros. Fermé samedi midi, dimanche et lundi. Jusqu'à 22 heures. Voiturier. Réservations: [email protected]

Apicius - Domaine de Murtoli

Fils de Bernard Pacaud, dont il est le bras droit à l'Ambroisie (beau trois étoiles), Mathieu Pacaud a transformé ce château élégant au bas des Champs-Élysées en une table corse, Le Domaine de Murtoli, dont il supervise l'excellente cuisine locavore de La Table de la Ferme étoilée au Michelin 2021 (homard bleu en soupe).

On sert dans le vaste jardin verdoyant une dizaine d'assiettes: le melon à l'huile d'immortelle (15 euros), la pastèque en salade à la tome de brebis glacée (16 euros), les tomates surprises, araignée et avocat (22 euros), le tartare de veau fumé (24 euros) et au barbecue, voici le magret de canard (55 euros), la paillarde de volaille (40 euros), les côtelettes d'agneau (60 euros), l'entrecôte (60 euros) et la langouste (100 euros).

Au restaurant Apicius - Domaine de Murtoli, le melon à l'huile d'immortelle. | Romain Ricard

Ce n'est pas donné mais les tapas de l'endroit, bastel de lavande (16 euros), le tartare de thon à l'aubergine fumée (24 euros) et le calque de denti aux pêches et poivrons jaunes (24 euros) se laissent croquer avec plaisir: il y a là du talent et un savoir-faire de bon cuisinier. Divine mousse au chocolat lactée au romarin (14 euros).

Au restaurant Apicius - Domaine de Murtoli, bastel de lavande. | Romain Ricard

Le déjeuner ensoleillé et le dîner dans la fraîcheur du soir sont de jolis moments de convivialité et de gourmandises bien vues. Vaut le détour, comme dirait le Michelin.

On boit du Clos Canereccia, un des grands vins corses. Une adresse très parisienne de bon aloi. Pas de menu.

20 rue d'Artois 75008 Paris. Tél.: 01 43 80 19 66. Carte de 75 à 90 euros. Pas de fermeture. Voiturier. Réservation conseillée à [email protected]

La Estancia

Face à Notre-Dame, sur le quai rive droite, voici un restaurant argentin à terrasse, un steakhouse agréable dont la viande de bœuf venue de là-bas est reconnue comme l'une des plus fines du monde: les bêtes sont élevées en liberté dans la pampa entre mer et montagne. La viande rouge servie ici est fraîche, jamais congelée, fondante et incroyablement savoureuse.

Parmi les morceaux présentés, le bife de lomo, le filet de bœuf (32 euros), le bife ancho, la noix d'entrecôte (26 euros), le bife angosto, le faux filet (18 euros), le corazon de cuadril, le cœur de rumsteck (16 euros). En accompagnement, des frites maison, de la purée, des légumes grillés, des pâtes à la tomate et de la salade, plus des sauces béarnaise, au poivre et chimichurri.

Au restaurant La Estancia, le bife ancho, frites maison et sauce chimichurri. | laestanciaparis

À partager, la côte de bœuf Tomahawk pour deux (72,50 euros) et le fameux asado mixto pour quatre (92 euros), une merveille.

Au restaurant La Estancia, la côte de bœuf Tomahawk. | laestanciaparis

En prélude, la burrata aux légumes antipasti sauce pesto et basilic (8,50 euros), le croustillant de crevettes sauvages d'Argentine (8,50 euros), le ceviche de cabillaud (8 euros), le tartare de saumon sauvage (8 euros).

Au restaurant La Estancia, le croustillant de crevettes sauvages d'Argentine. | laestanciaparis

Pour escorter ces pièces de viande authentiques, des découvertes à tester: les pâtes tortiglioni à la crème de truffes, champignons et parmesan (18 euros), la salade César (14,90 euros). Et au dessert, le flan casero (6,50 euros), l'éclair dulce de leche maison (8 euros), la salade de fruits frais (6 euros), la panna cotta passion (8 euros).

On boit des vins argentins de Mendoza, un rouge de Malbec puissant et long (5 euros le verre).

La terrasse du restaurant La Estancia. | laestanciaparis

À coup sûr la découverte de l'été et pour les carnivores, une expérience culinaire vraie et savoureuse. Menu au déjeuner à 14,90 ou 18,90 euros. Formule «Viande d'Argentine» à 19,90 ou 24,90 euros.

27-29 quai des Grands Augustins 75006 Paris. Tél.: 01 43 29 67 12. Fermé lundi.

Broadway Caffe

Le groupe Dorr a transformé cette brasserie d'angle à Montparnasse en une table italienne approvisionnée par des produits frais en direct du pays de la Botte: diverses focaccias dont la genovese, celle aux truffes du Molise à la farine Mulino Marino bio…

D'une carte riche, diverse, tentante, il faut extraire une dizaine de pizzas de Naples, la burrata pugliese crémeuse Murcia (9 euros), les fusilli pomodoro (tomates) San Marzano et parmigiano (14 euros), la pizza calzone à l'œuf bio, jambon prosciutto (16 euros), la pizza aux truffes noires de Molise (19 euros) et la vraie margherita (5 à 7 euros), des prix canon.

Au Broadway Caffe, la vraie pizza Margherita. | Broadway Caffe

À côté de l'excellent jambon Cotto Granrosa (9 euros), le parme Cavazzutti (8 euros), la planche à partager, jambon, mortadelle, salami, ventrèche, radis, basilic frais (19 euros), il faut choisir entre l'éventail de pâtes, les orecchiette au pesto et burrata, les malfadine, pâtes larges aux truffes et parmesan (19 euros), les linguine au pesto rosso de Sicile piquant (9 euros), le crazy saumon avocado aux agrumes (18 euros), les fameuses fettucine Alfredo à la crème et grana padano (14 euros).

Le choix est formidable et l'assiette généreuse. On peut partager cette déclinaison de spécialités de la Botte bien mitonnées.

Côté desserts, les crêpes au chocolat et crème vanille (8 euros), la pizza au Nutella (8 euros) et les glaces au chocolat ou vanille (3 euros).

Dans les verres, le Lambrusco de Modène rouge au verre (5,50 euros), le pinot gris (7 euros), le rosé de Bardolino (7 euros).

La terrasse du Broadway Caffe. | Broadway Caffe

À coup sûr une pizzeria d'exception pour la variété des préparations, une cinquantaine de spécialités pour 300 couverts par jour: il s'agit de bien nourrir le peuple et la pasta est à la mode. Pas de menu.

112 boulevard du Montparnasse 75014 Paris. Tél.: 01 43 20 71 01. Carte de 10 à 50 euros. Vente à emporter et livraison. Pas de fermeture.

Penati al Baretto

Le Milanais Alberico Penati, as du risotto, a enrichi sa carte de grands plats de la Botte appréciée du Michelin dès ses débuts en 2010: les gambas rouges crues de «Mazzara», émincé de pêches et céleri, fraîcheur et goût marin (35 euros), les asperges vertes, œuf au plat, crevettes et jambon speck, un ensemble délicieux (32 euros), la salade crue d'artichauts, jambon speck, pommes fruits et roquette (25 euros) sont à conseiller. Penati est l'as des garnitures goûteuses et de saison.

Au restaurant Penati al Baretto, la sériole crue de Méditerranée et son mirepoix de légumes. | agencetaste

Mais l'avisé maestro qui fut un chef star à Londres reste le magicien de la pasta et du riz: il faut goûter le délicieux risotto «Vialone Nano» aux asperges vertes et aneth (39 euros), les tagliatelles fraîches au ragoût d'osso bucco, petits pois (37 euros), les rares raviolis Casoncelli à la pancetta, courgettes et parmesan (36 euros), les maccheroni aux poivrons rôtis, anchois et mozzarella (34 euros). Et aussi les linguine à l'ail, huile d'olive, langoustines et cresson (50 euros), grand plat, et les spaghetti Kamut aux tomates crues et cuites de Sicile, un chef-d'œuvre de simplicité (35 euros).

Au restaurant Penati al Baretto, le sauté d'asperges vertes, girolles et agrumes. | agencetaste

Parmi les nouveautés, le T-bone de veau de Mantoue rôti, artichauts, petits pois et pancetta (48 euros)... mais la grande rareté, c'est le bœuf «Scottona» en tagliata, sauce verte (un délice) et le sauté de légumes (48 euros). Aussi le rare civet de lapin à la polenta (45 euros) et la grande friture mixte de gambas, langoustines et calamars, un éventail poissonnier d'un intense parfum (54 euros).

Au restaurant Penati al Baretto, les spaghetti aux tomates Pachino. | albericopenatialbaretto

Dans le choix des sept dolci, chefs-d'œuvre: la meringue aux pistaches, fraises marinées, une gâterie jamais goûtée nulle part, inoubliable (18 euros). Et deux granités, l'un aux agrumes de Sicile (15 euros), l'autre au café comme à Positano, un must absolu. Tiramisu classique et emballant par sa consistance (16 euros).

Sélection de quatre vins, un Moscato d'Asti 2020 (14 euros le verre), un Recioto della Valpolicella (19 euros), un vino Santo 2005 de Toscane et un Barolo Chinato du Piémont (20 euros).

L'artisanat de Penati, c'est sa science des plats des grandes régions d'Italie, aussi bien le riz du Nord que la pasta du Sud. C'est un encyclopédiste de la cucina italiana et un passionné des mariages de saveurs.

De plus c'est un chef régulier, sans acrobaties ni variantes. C'est le serviteur de ses préparations d'une générosité, d'une vérité évidentes. Le Michelin devrait lui redonner son étoile des débuts, supprimée en 2019 alors qu'il n'a jamais été meilleur, plus sûr de son art. Café d'anthologie, le deuxième obligé. Menu deux plats à 39 euros ou trois plats à 45 euros.

9 rue Balzac 75008 Paris. Tél.: 01 42 99 80 00. Carte de 80 à 100 euros. Fermé samedi midi et dimanche.

Chez Fred depuis 1945

Après la seconde guerre, c'était un bouchon lyonnais au coude à coude fraternel, et dit-on une adresse fétiche du commissaire Maigret inventé par Georges Simenon, un singulier arpenteur de bistrots parisiens. Ah la gueulardise des Belges!

Cette table mémorielle proche de la place Pereire vient d'être relancée par Laurent Hullo, un gourmand venu de Monsieur Bleu, qui sait régaler ses clients de nourritures parisiennes et éternelles. Banquettes, plafond haut, miroirs et une vraie ambiance parisienne. Et deux terrasses envahies cet été: une renaissance à signaler aux mangeurs et mangeuses au palais aiguisé.

Chez Fred, les œufs mayonnaise. | Chez Fred

Sur l'ardoise, le répertoire classique est envoyé par Americo Martins Peicxoto, ex-sous chef de Jean-François Piège à La Poule au Pot pendant 36 mois, d'où l'embarras du choix entre l'œuf mayo d'anthologie (8 euros), le carpaccio de bar, mousse à la ciboulette, œufs de saumon (18 euros), la délicieuse salade niçoise au thon (23 euros), le pavé de thon snacké, sauce vierge, petits légumes (26 euros) et le filet de bœuf au poivre de Sarawak escorté de frites maison croquantes (37 euros) qu'il faut s'offrir, une rareté dans un bistrot parisien.

La carte est alléchante, c'est de la bistronomie à peine revisitée, le produit privilégié, iconique comme le pâté en croûte (16 euros), le carré de porc fermier, jus tomaté, frites (24 euros).

Côté desserts, l'île flottante aux pralines roses (13 euros), le millefeuille de gavottes aux fruits rouges à ne pas manquer (15 euros).

Chez Fred, le millefeuille de gavottes aux fruits rouges. | Chez Fred

Une adresse de confiance et la cuisine de Fred chez vous, une idée porteuse pour vos repas. Rosé de Peyrassol excellent, un verre en appelle un autre. Pas de menu.

190 boulevard Pereire 75017 Paris. Tél.: 01 45 74 20 48. Carte de 45 à 80 euros. Le restaurant sera fermé du 9 au 22 août. Réouverture le 23 août. Voiturier.

La Table du Caviste bio

À deux pas du parc Monceau, cette table de quartier est sortie de l'anonymat grâce aux progrès en cuisine de la cheffe japonaise Junko Kawasaki, formée au Bristol. Sa carte bien composée panache avec un vrai talent les plats de tradition française: le gaspacho de légumes bio du marché (11 euros), le pâté en croûte de veau et porc, foie gras, cèpes, shitakés (20 euros), le carré d'agneau bio du Bourbonnais rôti dans son jus avec ail frais (34 euros) et des assiettes nippones comme le bœuf japonais «Wagyu de Kagoshima» grillé (68 euros), le thon mi-cuit au sésame, sauce japonaise et légumes (29 euros).

À La Table du Caviste bio, le bœuf japonais «Wagyu de Kagoshima», riz à l'ail, champignons et condiments japonais. | la.table.caviste.bio

Côté gâteries, le fondant au chocolat, sorbet fruits rouges (11 euros), le parfait à la pêche (11 euros).

En cinq années de cuisine, la cheffe très francophile s'est perfectionnée dans la maîtrise des cuissons et la quête des goûts. Son répertoire est sans défaut et plein de talent, c'est une cuisinière classique, elle fait peu de couverts (une vingtaine par service) et connaît un vrai succès. C'est plein tous les soirs.

À La Table du Caviste bio, le parfait à la pêche, glace maison au thé noir et à la vanille. | la.table.caviste.bio

Côté vins, le copropriétaire Dominique Brey est à la tête d'une splendide cave: les découvertes sont nombreuses, tel ce rosé provençal du Domaine de Peirecèdes élégant et long (7 euros le verre).

À coup sûr, une excellente adresse pour fins palais, et des prix raisonnables pour le quartier. Menu au déjeuner à 27 ou 35 euros, au dîner à 35 ou 45 euros.

55 rue de Prony 75017 Paris. Tél.: 01 82 10 37 02. Carte de 60 à 80 euros. Fermé dimanche et lundi.

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