Le rapport accablant de la Cour des comptes sur l'école
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Les rapports sur l'école, des études, des enquêtes universitaires ou journalistiques, des thèses sur l'état de l'éducation, on en gobe des dizaines par an. Et on le sait, toutes ou presque, depuis quelques années, aboutissent à des constats accablants, qu'il s'agisse des résultats scolaires ou de la violence. Selon les différents points de vue l'école souffre d'un corporatisme étouffant de la part des enseignants, d'autres estiment que l'on ne met pas assez d'argent dans l'éducation et que la fonction d'instituteur ou de professeur se dévalorise.
D'autres encore fustigent les rythmes scolaires, le zonage, l'absence de zonage, les programmes, l'empreinte de mai 68 et la perte d'autorité pendant que leurs contradicteurs, remarquent que notre éducation est rigide, élitiste et ne favorise pas l'épanouissement de l'enfant. L'éducation se meure de se voir appliquer une logique comptable, ou alors s'enkyste dans sa graisse de mammouth. Les plus anciens regrettent les hussards noirs, ces instituteurs de la troisième république, fers de lance d'une société émancipatrice, moteurs d'un ascenseur social et de la méritocratie. Bref les critiques fusent depuis longtemps sur l'institution à laquelle les Français sont si attachés. Elles sont pêle-mêle contradictoires et dogmatiques, justifiées ou spécieuses.
On critiquait, mais quand même, il subsistait cette petite fierté, ce sentiment que notre système scolaire public était un modèle original, qui ne se contente pas de former la future main d'œuvre adéquate à la structure économique du pays. Non l'éducation à la française forme des citoyens, enseigne le libre arbitre et diffuse la culture. Ce petit sentiment de supériorité subsistait dans le corps enseignant et plus généralement dans l'ensemble de ce qu'il est convenu (abusivement) d'appeler l'élite française.
Le rapport de la Cour des Comptes n'est pas simplement un rapport de plus. D'abord il émane d'une institution dont la mission est de déterminer si l'argent public est bien utilisé pour atteindre les objectifs légitimes que s'est fixés le pays. C'est froid, clair sans fioriture. C'est dramatique et il n'y a plus d'illusion à avoir. Tout complexe de supériorité doit disparaître. Notre école va mal, et c'est le modèle qui est en cause! Même si, de ci delà, certains spécialistes de la chose scolaire pourront faire remarquer, à juste titre et à contre courant, que le niveau scolaire ne baisse pas globalement dans tous les domaines et même qu'il progresse dans certains.
Tout ça n'a aucune importance puisque la réalité crue est là : les inégalités progressent. L'école reproduit et amplifie le statut social de départ. L'héritage social de chacun des enfants est renforcé par l'école républicaine au lieu d'être aplani. L'inné triomphe sur l'acquis. C'est la pire nouvelle, le pire constat que l'on pouvait faire. La Cour des Comptes estime que ce n'est pas une question de moyens mais de répartition des moyens. Le modèle de l'uniformité qui avait permis de souder le pays et de favoriser l'égalité est désormais facteur d'inégalité.
Là où il y a une différence de 40% de niveau entre deux établissements, l'un dans un quartier favorisé, l'autre défavorisé (parlons clair, riche et pauvre) il n'y a que 10% de différence de moyens dit la Cour des Comptes. Le retour à l'égalité passe par la différenciation des moyens et des rythmes. La bonne nouvelle que fournit la Cour des Comptes c'est qu'il n'y a pas besoin de plus d'argent pour l'éducation...il y a simplement besoin de courage politique. Le courage par exemple de retirer des moyens des villes riches des Hauts-de-Seine (au hasard...) pour en donner aux villes pauvres de Seine-Saint-Denis (au hasard aussi...).
Thomas Legrand
LIRE EGALEMENT SUR L'ECOLE: Les suppressions de postes détruisent l'école et Enseigner n'est pas un travail social.
Image de Une: La Cour d'un Collège Reuters
Mis à jour le 15/05/2010 à 8h59













































Et qui osera dire : "Argent public, école publique" ?
Le danger d'un tel rapport est de laisser croire qu'avec une simple réallocation des ressources et une modification des rythmes, abracadabra, tout le monde sera diplômé et aura un emploi!
Et ne pas oublier que la France (et son corps enseignant) n'ont que cette vision égalitaire en tête!
En football, en athlétisme, en tennis, en natation... dès qu'on détecte un jeune plus doué que la moyenne, on s'empresse de lui fournir des moyens exceptionnels (écoles, coaches, contrats...) pour en faire un champion!
En éducation, c'est tout l'inverse: les enfants plus doués, il faut leur enlever des moyens pour les donner aux autres, ça va sans doute leur donner le goût des études qu'ils n'ont pas!
Mais c'est normal, ils sont issus de milieux favorisés, on ne va pas en plus leur faire des écoles spéciales pour enfants précoces; ça c'est bon pour les pays anglo-saxons!
En France, on préfère les sous-doués: voir tous ces présentateurs de TV qui se vantent avantageusement de ne pas avoir le bac, c'est sympa, vous pouvez tous être footballeurs ou animateurs télé!
Et surtout, ne regardons pas s'il existe d'autres moyens d'améliorer l'école, par les horaires, les méthodes pédagogiques, la formation des maîtres,...
Et ne regardons pas non plus les expériences d'autres pays qui ont de meilleurs résultats que nous: ça serait reconnaître que notre école n'est pas la meilleure du monde! sacrilège!
A fermer des postes, retirer tout enseignement plus spécialisé pour ceux qui en ont besoin, à refuser de donner des crédits pour la recherche et le progrès, on s'étonne donc que l'école, qui pourrait niveler les différences ne le fait pas.
Les milieux favorisés qui ont accès à la lecture et à la culture aideront quand l'école est déficiente. Quid des plus défavorisés? Ils seront laissés à eux-mêmes, recréant les inégalités. Rien de surprenant dans ce pays qui ne met plus d'argent depuis longtemps dans ces écoles et universités.
N'accusons pas l'école. Elle n'est que ce que l'on veut en faire
qui se conclut par : enlevons au 92 , donnons au 93...
donner plus d'argent à un trou sans fonds et casser les quelques écoles qui peuvent encore nous donner les élites dont la France a besoin.
Le nivellement par le bas est toujours à l'honneur ! j'attendais mieux de Slate....
Il suffit de voir les moyens donnés aux ZEP (classes avec effectif réduit (en fait, effectif qui devrait être la règle, soit environ 25 élèves par classe), moyens multimédia en plus, moyens d'encadrement en plus) par rapport à des zones non favorisées, comme des écoles de petites villes de province; écoles dans lesquelles sont au moins aussi bons que dans les ZEP, pour comprendre que le problème n'est pas dans les moyens.