France

L'incroyable rumeur qui met des lycéens dans la rue

Slate.fr, mis à jour le 14.05.2010 à 10 h 54

Vendredi 13 mai, dans le 19/30 de France 3, Facebook était accusé de tous les maux. Outre la mort d'un jeune homme de 21 ans en marge de l'apéro géant à Nantes, le réseau social était aussi accusé d'avoir propagé une fausse rumeur chez les lycéens: le gouvernement voudrait amputer leurs vacances scolaires d'un mois!

La rumeur, dont la propogation est attribuée par les médias à Facebook et aux SMS, a provoqué plusieurs manifestations de lycéens à Cahors, Evreux et à Villiers-le-Bel lundi 10 mai. L'information est évidemment fausse, mais elle se fonde sur une petite parcelle de vérité: Luc Chatel, ministre de l'Education, a lancé le mois dernier un débat national sur le rythme scolaire des élèves.

Le Parisien rappelle les enjeux de ce débat:

Les élèves français travaillent trop et de façon beaucoup trop concentrée dans le temps. En 35 semaines seulement, contre 38 chez les petits Finlandais, réputés premiers de la classe, l’élève français ingurgite 914 heures de (777 pour ses camarades scandinaves). Le tout pour un résultat loin d’être brillant, ni en termes de réussite ni de bien-être. Lors des tables rondes menées pour la deuxième mouture de la réforme du lycée en 2009, les lycéens se plaignaient d’ailleurs de semaines de cours dépassant les 35 heures de leurs parents. Dès le primaire, les journées de classe, de 8 h 30 à 16 h 30, sont un marathon épuisant.

Luc Chatel n'a pas exclu de raboter un peu les vacances d'été. Mais certainement pas d'un mois, comme l'annonce la rumeur lycéenne. En parallèle, l'Institut Montaigne, think tank d'inspiration libérale, a publié un rapport préconisant de revoir les rythmes scolaires, en enlevant au moins deux semaines de vacances d'été pour revenir à une semaine de 5 jours.

Les syndicats de lycéens et de parents d'élèves calment le jeu, mais estiment que ces manifestations ne sont pas complètement vaines. «Ce mouvement est peut-être inapproprié, mais il traduit un malaise, il faut l'entendre», déclare Gilles Cluzet, de la FCPE (parents d'élèves) à la Dépêche du Midi. «Un mois de vacances l’été, il n’en a jamais été question!» dit au Parisien le président de l’UNL (lycéens), Antoine Evenou, qui se demande s'il ne s'agit pas «d’une blague lancée par texto. Ça s’est déjà vu pendant la mobilisation contre Darcos en 2008».

[Lire les articles du Parisien et de la Dépêche du Midi]

Photo: REUTERS/Eric Gaillard

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