Le Pentagone révèle ses expériences sous LSD

Au terme d'un demi-siècle d'accusations et de supputations, le gouvernement américain a publié cette semaine un mémo de 17 pages évoquant les expériences de contrôle mental menées par le Pentagone au plus fort de la Guerre froide. Daté de 1977, recouvrant une période qui s'étant de 1947 à 1973, le document déclassifié évoque les opérations menées «avec la participation de la CIA, induisant l'administration de drogues psychotropes à des sujets humains».

En levant le voile sur un pan particulièrement obscur de son histoire, le ministère de la Défense pourrait ouvrir la boîte de Pandore, et être amené à publier d'autres informations. Mais pour Wired, il ne faut pas faire grand cas de cette étape. «Avertissement aux théoriciens du complot en quête de fourrage, il ne s'agit pas des Chèvres du Pentagone II», écrit la journaliste Katie Drummond (Les Chèvres du Pentagone, un roman de Ron Jonson adapté au cinéma en 2009, évoque l'existence d'un soldat doté de pouvoirs paranormaux qui défie le terrorisme au sein de la New Earth Army).

Malgré cette mise en garde de principe, Wired se repait de «détails alléchants», notamment en ce qui concerne le programme MK-ULTRA, fondé en 1953 dans le plus grand secret. On apprend ainsi que les recherches, presque immédiatement rapatriées chez les éminences grises de la CIA, avaient débouché sur des conclusions inattendues, comme des «commotions cérébrales sans atteinte physique».

Le mémorandum évoque également l'utilisation de dopamine, de marijuana et d'héroïne, testés sur des assistants de recherche et des déserteurs soviétiques pour développer une sorte de penthotal surpuissant, un sérum de vérité destiné à délier les langues des prisonniers de guerre les moins loquaces.

Les 17 pages du document ne font en revanche aucune allusion à Pont Saint-Esprit, la commune française touchée en 1951 par un mal étrange, objet des rumeurs les plus folles depuis plus de cinquante ans (mettant en scène une intoxication au LSD manigancée par la CIA, justement). Pour tous ceux qui réclament la vérité pleine et entière sur ces expériences, le mystère s'éclaircit un peu. Mais le bad trip n'est peut-être pas tout à fait fini.

[Lire l'article sur Wired]

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A lire aussi sur Slate: Pont Saint-Esprit, 1951: la petite hallu dans la prairie?

Photo de une: Spiral / ciokkolata farabutto never loved berlusconi via Flickr CC License by

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Publié le 14/05/2010
Mis à jour le 27/03/2012 à 19h23