Épargner pour le climat
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Épargner pour le climat

Temps de lecture : 4 min
Slate.fr

Changer nos modes de vie et de consommation pour espérer améliorer l’état de la planète, c’est bien. Mais nous pouvons aussi y contribuer en choisissant des investissements et des placements plus «verts».

Feux de forêt, sécheresses, températures caniculaires, inondations dévastatrices… Chaque jour ou presque, la réalité brutale du changement climatique nous est rappelée. Aujourd’hui, nous avons tous conscience de l’importance de modifier nos habitudes pour espérer limiter l’impact des activités humaines sur le climat mondial. Et si nous savons que nous pouvons contribuer à améliorer la situation en modifiant nos modes de vie et de consommation, nous pouvons aussi agir par nos investissements et notre épargne.

De l’argent pour la transition écologique

L’épargne responsable oriente l’argent investi vers les projets et les entreprises qui cherchent à enrayer le changement climatique et les impacts sur l’environnement. Elle peut ainsi accompagner des sociétés dans leur transition écologique. D’ailleurs la France a pour objectif d’atteindre d’ici à 2050 la «neutralité carbone», c’est-à-dire un équilibre entre les émissions de gaz à effet de serre et leur absorption par des puits naturels, comme les forêts, les océans, ou technologiques.

«Pour y parvenir, on estime qu’il faut réduire les émissions de CO2 entre 5 et 6 % par an», commente Clémence Lacharme, manager au cabinet de conseil Carbone 4. Pratiquement tous les secteurs sont concernés. Cela passe par le développement d’énergies renouvelables comme les éoliennes et les panneaux photovoltaïques; le recyclage et la limitation des déchets comme le plastique, le verre ou le papier; l’assainissement de l’eau et sa distribution, …

Mais l’épargne peut également financer la métamorphose de secteurs tels que le transport, l’immobilier et l’agroalimentaire. «Afin de réussir à contenir le réchauffement climatique sous les 2 degrés, comme le préconisent les accords de Paris de 2015, il faut que ces secteurs réussissent à se décarboner. Pour le bâtiment, il y a déjà des technologies en place, mais il y a un manque d’investissement», continue Clémence Lacharme.

Les 17 objectifs de développement durable de l’ONU

C’est dans ce cadre que l’épargne investie pour soutenir la transition écologique et lutter contre le réchauffement climatique prend tout son sens. «Dans l’investissement responsable, on prend souvent comme références les dix-sept objectifs de développement durable de l’ONU, dans lesquels on retrouve de nombreux thèmes sur l’environnement, le réchauffement climatique ou la biodiversité. Généralement, on va pouvoir rattacher ces thématiques aux différents fonds d’investissement proposés aux épargnants», résume Guillaume Pietruschi, directeur de l’offre financière BNP Paribas Banque privée.

Et pour investir dans le développement durable ou la lutte du réchauffement climatique, ce n’est pas plus compliqué que de se constituer une épargne traditionnelle. «Lorsque vous rencontrez votre conseiller, il vous proposera très souvent des fonds d’investissement, car c’est la façon la plus simple d’investir», détaille Guillaume Pietruschi. «Un fonds d’investissement, cela revient à donner de l’argent à une société par l’intermédiaire d’une société de gestion. Dans le cadre d’une épargne responsable et durable, le gérant destinera les fonds à des sociétés qui œuvrent en faveur des mesures contre le dérèglement climatique».

Ces investissements se concrétisent à travers des placements ou livrets spécialisés, dédiés à une thématique, qui prennent la même forme que les produits financiers connus: assurance-vie, compte à terme, compte-titres… Alors comment choisir? Afin d’identifier les fonds, il existe plusieurs labels qui vérifient leur composition et leur destination, comme le label ISR ou encore Greenfin soutenu par le ministère de la transition écologique.

Des fonds d’investissement spécialisés et notés

«En fait, il y a de plus en plus de labels», constate Guillaume Pietruschi, «cela devient difficile de s’y retrouver». C’est une des raisons qui a poussé BNP Paribas Banque Privée à concevoir sa propre méthodologie de notation: les trèfles. Ainsi, «chaque fonds est ensuite noté avec des trèfles qui vont de 0 à 10 suivant leur impact par rapport aux thématiques sélectionnées et c’est plus simple pour le client de s’y retrouver». Quant à la rentabilité, elle est similaire à celle des fonds traditionnels, voire même parfois meilleure.

Mais comment réellement estimer l’impact de ces investissements? De manière directe avec des rapports à un impact qui mesure par exemple l’empreinte carbone pour chaque fonds. Et de manière indirecte, par les votes des actionnaires participant aux assemblées générales des entreprises. «Si la société de gestion à laquelle vous avez confié votre argent l’utilise bien, elle pourra voter pour des résolutions qui vont dans le bon sens pour la lutte contre le changement climatique ou, au contraire, pénaliser les sociétés qui ne jouent pas ce rôle-là», explique Guillaume Pietruschi.

Un impact qui se remarque

Il existe aussi d’autres solutions de placements pour agir sur l’environnement et le climat comme l’investissement dans le private equity (ou capital-investissement). Il s’agit d’investissements bloqués sur du long terme pour lequel le client n’a pas besoin de récupérer ses fonds rapidement. Cet argent servira alors au démarrage d’une entreprise ou à son développement. On choisit et finance des projets plus «concrets» selon ses valeurs, comme des projets d’infrastructures, par exemple un champ d’éoliennes, mais aussi des start-up innovantes qui développent des technologies accélératrices de la transition énergétique.

Enfin, autre placement, qui se rapproche de la philanthropie. «Nous proposons des fonds qui permettent d’aider une association d’utilité publique», poursuit Guillaume Pietruschi, «on a pu ainsi, par le passé, soutenir la plantation de 500 000 arbres avec l’association Reforest’Action. En ce moment, nous travaillons avec la fondation Tara Océan, la première association d’utilité publique sur la recherche en biodiversité».

À terme, pour Clémence Lacharme, «toute la finance va devenir socialement responsable. C’est en tout cas la tendance de fond que l’on observe». Un constat partagé par Guillaume Pietruschi: «L’épidémie de COVID est venue rajouter un besoin de donner du sens et cette notion s’est retrouvée dans l’investissement socialement responsable».

Cet article vous est proposé par Slate.fr et BNP Paribas dans le cadre de l'opération Investir Demain.

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Crédit photo: Adobe

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