Parents & enfants / Monde

Avec la pandémie, des enfants américains parlent comme dans «Peppa Pig»

Temps de lecture : 2 min

Après avoir passé plus d'une année confinée avec le célèbre cochon anglais, les petits étonnent désormais leurs parents avec un vocabulaire britannique.

Dani, 6 ans, ne dit plus «papa» mais «Daddy». | Christof Stache / AFP
Dani, 6 ans, ne dit plus «papa» mais «Daddy». | Christof Stache / AFP

Lorsqu'en décembre dernier, Aurelia, 6 ans, a insisté pour respecter les traditions britanniques de Noël qui consistent à porter une couronne et à cuisiner des tartes au four pour «Father Christmas», sa mère, Lauren Ouellette, a été ébahie. «Le Père Noël, c'est le même mec que Santa?», s'était-elle alors demandé. Puis, à d'autres occasions, Aurelia a employé d'autres termes que Lauren avait peu l'habitude d'entendre. «Water closet» au lieu de «bathroom», «telly» au lieu de «TV» «Je me suis dit “Mais où a-t-elle appris ça? Est-ce qu'elle a vécu sur le Titanic dans une vie antérieure?”», relate Lauren.

The Wall Street Journal nous apprend que le responsable n'est autre que Peppa Pig, un dessin animé anglais très populaire qui suit les aventures d'un cochon de 4 ans nommé Peppa. Comme Aurelia, des milliers d'enfants américains ont dévoré la série au cours de la dernière année. Et les effets sont immédiats: les petits sortent de la pandémie avec un vocabulaire très inhabituel ainsi qu'un accent britannique raffiné, tout comme le personnage principal de leur émission préférée.

«L'effet Peppa», comme l'appellent les parents, avait déjà un peu sévi avant la crise. Mais avec les confinements et les limites de temps de télévision qui ont sauté, les fans de Peppa Pig se sont davantage abreuvés du dessin animé, loin des interactions sociales habituelles et amplifiant ainsi le phénomène.

Des «little ladies» imitant un cochon

Matias Cavallin, père d'une fille de 5 ans, se rappelle qu'au début du confinement, il avait été soulagé de découvrir ce dessin animé qui occuperait sa fille pendant que lui et sa femme travailleraient. Mais depuis, leur fille Dani ne dit plus «papa» mais «daddy», préfère «petrol station» à «gas station» et réclame des «biscuits» plutôt que des «cookies». Lorsque Matias boit une tasse de café, Dani lui demande: «Are you having tea now?»

«Les jeunes fans de Peppa la considèrent comme une amie et, comme nous le faisons avec les amis qu'on admire, reprennent certaines de ses caractéristiques», pouvait-on lire dans une déclaration faite par le propriétaire de Peppa Pig, Entertainment One Ltd. «L'imitation est la forme la plus sincère de flatterie», a-t-il ajouté.

Tess Darci, parent d'une fillette de 4 ans, Cecilie, raconte que celle-ci parle comme une «little lady» (petite dame) grâce à la série. «Elle dit tout le temps “lovely”, “please” et “thank you”», raconte la mère. Mais elle ne s'en plaint pas. Au contraire, Tess se réjouit que l'émission fasse découvrir à sa fille une autre culture, surtout durant une année où on ne pouvait pas voyager. «Au moins avec Peppa, elle va en Italie, découvre Londres et connaît la reine.»

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Des parents disent aussi que le dessin animé a permis à leurs enfants de mieux accepter leurs petits frères et sœurs parce que Peppa en a un aussi. Mais si les derniers se mettent à faire comme leurs aînés, les parents n'ont pas fini d'entendre parler du cochon anglais. La mère de Cecilie a récemment surpris Arthur, 16 mois, en train de regarder la série avec sa grande sœur. «Là, je me suis dit “Oh oh! On dirait que c'est reparti!”», dit-elle en riant.

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