Culture

On a classé tous les films de la saga «Fast & Furious» du moins bon au meilleur

Temps de lecture : 8 min

Le neuvième opus sort ce 14 juillet 2021 dans les salles.

Extrait de Fast & Furious 9 qui sort le 14 juillet 2021 dans les salles. | FilmStar Trailer via YouTube
Extrait de Fast & Furious 9 qui sort le 14 juillet 2021 dans les salles. | FilmStar Trailer via YouTube

Vingt ans déjà que la saga explose le box-office et repousse les lois de la physique. Diffusé en avant-première au Festival de Cannes, le neuvième volet sortira en salles le 14 juillet. Pour l'occasion, on a décidé de classer tous les films de la franchise, du moins bon au meilleur.

9. «Fast & Furious 4»

Le quatrième volet de la saga automobile quitte la thématique des courses illégales de voitures pour se concentrer sur un genre tout à fait différent: le film de casse. Le ton change drastiquement puisque l'histoire commence par un drame Le temps n'est plus vraiment à la rigolade. Brian O'Conner et Dominic Toretto, malgré leur fâcherie (voir premier film de la saga), recomposent leur duo pour un objectif commun: faire tomber un baron de la drogue.

Ce volet n'a qu'un but introductif dans une histoire déjà trop vaste pour tenir en un seul film. D'ailleurs, il faudra attendre le sixième de la saga pour obtenir des réponses et voir se clôturer ce qui a été entamé dans ce film. Son but est assumé: les deux leaders de la famille iconique de Fast & Furious, Dom en patriarche et Brian en héritier choisi, doivent se retrouver. Une réalisation épileptique et une dramaturgie à outrance viennent compléter un tableau pas très reluisant. Plus que jamais, la saga se cherche sans vraiment atteindre son objectif, mais il fallait bien cet épisode de transition pour s'assurer ensuite des succès à venir.

8. «Fast & Furious 9»

Encore un changement de ton pour la saga: Fast &Furious 9, c'est un peu tous les opus précédents, en mode «toujours plus». Que pouvait-on faire après le sous-marin? L'espace reste la seule zone où faire «rouler» une voiture. A-t-on besoin de nouveaux personnages? Ajoutons un frère sorti de nulle part et ressuscitons un personnage iconique de la saga notoirement décédé dans le troisième opus. Les lois de la physique sont régulièrement piétinées, les capacités intellectuelles et corporelles des personnages n'ont plus aucun ancrage dans le réel. Plus rien ne peut arrêter, ou même ralentir, Dom et sa famille. Si Fast & Furious 9 est conscient de sa propre audace et s'en amuse, nous, on s'en attriste.

Là où la saga Mission:Impossible brille par sa capacité à donner de la profondeur à Ethan Hunt en l'humanisant par ses faiblesses et ses limites, Fast & Furious a décidé de s'affranchir de celles-ci en nous donnant du grand spectacle à revendre. Mais les scènes d'action surréalistes qui s'enchaînent font de moins en moins battre notre cœur. L'outrance arrache un rire ou un sourire parfois, mais c'est véritablement le plan final qui crée l'émotion. Et il est sans explosion, sans cascade, sans fusée, sans aimant géant… Fast & Furious 9 est l'incarnation parfaite d'une expression connue: le mieux est l'ennemi du bien.

7. «Fast & Furious 8»

C'était à prévoir: après les adieux au regretté Paul Walker, officialisés dans le volet précédent, Fast & Furious 8 peine à se relever de la perte de l'un de ses acteurs phares. L'apparition de Charlize Theron en méchante à dreads ne fait rien pour arranger les choses. Malgré la surenchère habituelle de séquences d'action merveilleusement alambiquées, ce huitième opus manque d'âme: la «famille» de Dom a été amputée d'un de ses membres les plus précieux, et ça se sent.

Mais même les plus mauvais des Fast & Furious contiennent leur lot de réjouissances: outre l'arrivée bienvenue de Dame Helen Mirren, le film est sauvé par la séquence ébouriffante du sous-marin, et celle où Jason Statham, passé du côté des gentils, se lance dans une fusillade affolante avec un couffin à la main.

6. «Fast & Furious»

C'est avec ce petit film sur des courses de voiture sauvages à L.A. (et des trafiquants de lecteurs DVD) que tout démarre. Difficile de se douter, il y a vingt ans, que ce projet au modeste budget donnerait naissance à l'une des franchises les plus rentables et populaires de Hollywood. Son casting est alors majoritairement inconnu et son intrigue n'a rien des dimensions épiques qui font aujourd'hui la réputation de la saga.

Dépassant à peine la barre des quatre-vingt-dix minutes, Fast & Furious est un thriller d'action sobre, efficace, et remarquablement bien ficelé. On n'y trouve pas encore le sens de l'humour bon enfant qui caractérisera le reste de la franchise et son sexisme balourd ne sera (légèrement) tempéré que dans les volets suivants.

Mais tout y est déjà: l'alchimie entre Paul Walker et Vin Diesel, les voitures colorées et magnifiquement tunées, les twists bien placés (Brian est flic? Dom trafique des lecteurs DVD???), et une puissante histoire d'amitié. Sans oublier Ja Rule, les pots d'échappement qui crachent des flammes, les tenues Von Dutch, et surtout, le super bouton NOS qui permet d'aller super vite.

5. «Fast & Furious: Tokyo Drift»

Le troisième volet de la saga est aussi le dernier à s'ancrer dans le monde des courses illégales de voiture. Cette fois, plus question de Dominic Toretto et de Brian O'Conner, les spectateurs sont envoyés directement à Tokyo par le biais de Sean Boswell (Lucas Black), adolescent turbulent et passionné de mécanique et dont la garde est confiée à son père, militaire en détachement au Japon. Cet opus est l'occasion de découvrir une technique de conduite appelée «drift» (dérive), de s'offrir une petite leçon d'humilité quant aux capacités du personnage principal américain, mais aussi de mettre en place le très charismatique personnage d'Han Lue (Sung Kang) qui aura une place prépondérante dans les Fast & Furious suivants.

Tokyo Drift a la particularité de s'écarter à la fois du casting habituel, de la scène californienne américaine mais également de la timeline de la saga puisque son action est censée se passer après les opus 4, 5 et 6. Avec un changement de ton et de casting, le but est cette fois de draguer un public plus adolescent. Comme pour le précédent opus, la critique est circonspecte et les performances de box-office, si elles restent honorables, ne s'adaptent pas aux budgets de plus en plus importants de production. Dans sa forme comme dans son ton, Tokyo Drift a des airs de Never Back Down light ancré dans le milieu automobile. C'est un bonbon délicieusement acide dont la nonchalance relève de l'exploit.

4. «Fast & Furious 6»

Après le changement de vitesse enclenché par la franchise dans Fast Five, ce sixième opus manque de caler. Plus sombre et plus sérieux que les volets précédents, venant résoudre des intrigues lancées deux films plus tôt, Fast & Furious 6 met du temps à démarrer et s'embourbe parfois dans des séquences d'action abrutissantes.

La cascade finale du sixième volet restera à jamais dans les annales: une voiture de course pilotée par Dom qui saute d'un avion géant en flammes. | Furious Movies via YouTube

Mais quand il tape fort, le film de Justin Lin tape très fort. C'est dans Fast & Furious 6 qu'on a droit aux retrouvailles électriques entre Dom et Letty dans les rues de Londres, mais aussi au sacrifice héroïque de Gisele ou encore à deux (deux!) bastons mémorables entre Michelle Rodriguez et la cascadeuse-star Gina Carano. Son point culminant, c'est évidemment son impressionnante cascade finale qui restera à jamais dans les annales: une voiture de course pilotée par Dom qui saute d'un avion géant en flammes.

3. «2 Fast 2 Furious»

Deux ans après le succès du premier opus sort 2 Fast 2 Furious, produit avec un budget doublé par rapport à son prédécesseur. Paul Walker, dans le rôle de Brian, rempile mais Vin Diesel, malgré une proposition de cachet de 25 millions de dollars (un peu plus de 21 million d'euros), refuse de reprendre le rôle de Dom à cause, selon lui, d'un scénario trop faible. Résultat, au lieu de la «famille» habituelle, ce volet propose une buddy comedy minimaliste centrée autour de deux personnages. Et ça fonctionne parfaitement.

Dans le deuxième volet de la saga, la thématique des courses illégales et des trafics en tout genre reste prégnante. Brian O'Conner, en cavale à Miami, est sommé d'aider à arrêter un baron de la drogue par les services de police et de la douane afin d'effacer son ardoise. Il est accompagné dans sa tâche par Roman Pearce (Tyrese Gibson) et Tej Parker (Ludacris), qui resteront par la suite des personnages récurrents de la saga.

On savoure la longue accélération de Brian sur la route, alors qu'il a les yeux plantés dans ceux d'Eva Mendes pour l'impressionner. | Just a Channel via YouTube

2 Fast 2 Furious brille par son ambiance légère et potache et, à force de couleurs flashy, d'effets de prestidigitations, de naïades en bikini et de playlists rap, réussit haut la main à s'ancrer dans le plus pur style de Miami. On pense forcément à Opération Espadon, on se délecte à mort de ce concentré de slushy et on savoure les moments de bravades testostéronés, comme la longue accélération de Brian sur la route, alors qu'il a les yeux plantés dans ceux d'Eva Mendes pour l'impressionner.

2. «Fast Five»

Depuis le quatrième opus, la saga s'attaquait au genre du film de casse. Et Fast Five concrétise l'appartenance de la série au genre, en lui offrant enfin la dream team qu'elle mérite. En effet, le scénario nous offre une réunion sans précédent des personnages les plus talentueux et charismatiques de toute la saga. Si les enjeux sont immenses –il est quand même question de braquer un coffre géant bourré de billets et placé au cœur d'un commissariat à Rio de Janeiro protégé par des dizaines de flics ripoux– le ton redevient léger.

Chaque scène est plus réjouissante que la précédente et plusieurs personnages se voient même gratifiés d'une vie personnelle (de l'amour! De la séduction! Du sexe! De l'ambition!). Maintenant que la famille Toretto est officiellement composée, Fast Five lui oppose un antagoniste à sa hauteur avec l'introduction de Luke Hobbs, agent dirigeant l'unité d'intervention de la sécurité diplomatique aux méthodes musclées et à la morale en acier trempé. Dwayne Johnson vient compléter un casting au cordeau et offrir enfin à Vin Diesel une compétition à sa hauteur.

Le public ne s'y trompe pas et le film bat des records au box-office en devenant le plus grand succès de la saga… jusqu'à la sortie de Fast & Furious 6.

1. «Furious 7»

Après la mort tragique de Paul Walker dans un accident de la route, produire un nouveau volet divertissant et sans mauvais goût était une tâche quasiment insurmontable pour la franchise, désormais à moitié orpheline. Pourtant, après avoir revu le script de zéro, Chris Morgan et James Wan relèvent le défi avec brio, sans jamais déraper.

Furious 7, c'est l'introduction du meilleur méchant de la saga en la personne de Deckard Shaw, incarné par l'autre chauve bodybuildé de Hollywood: le toujours parfait Jason Statham. C'est aussi ce que la franchise peut offrir de mieux en matière de divertissement.

La scène finale de Fast & Furious 7 rescucite Paul Walker. | Jakub Janik via YouTube

Après les balbutiements un peu trop sérieux de Fast & Furious 6, ce septième volet épouse avec allégresse son statut de farce méta et nous offre des séquences d'action ahurissantes, accompagnées d'une collection inégalée de répliques ridicules («Daddy's gotta go to work», «I don't have friends. I got family»). Sans compter les cascades, toutes plus absurdes les unes que les autres –de Paul Walker qui se sauve in extremis d'un bus perché en équilibre au-dessus du vide, jusqu'à cette voiture qui vole entre non pas deux mais trois gratte-ciel à Abu Dhabi.

Mais ce qui sépare ce volet de tous les autres, c'est son émotion. Sa parfaite scène finale, rythmée par la chanson originale «See You Again» et réalisée à l'aide d'effets spéciaux pour ressusciter Paul Walker l'espace de quelques secondes, marque l'un des plus beaux moments d'une saga peu habituée à nous faire pleurer. Défini par son rôle dans la franchise Fast & Furious, Paul Walker était son acteur le plus charismatique et sa perte reste une blessure profonde. Le fait que le film ait réussi à lui offrir des adieux à la fois divertissants, bouleversants et respectueux n'est rien d'autre qu'un miracle.

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