Santé

Faut-il vraiment faire 10.000 pas par jour?

Temps de lecture : 2 min

Le chiffre ne vient pas de la science, mais du marketing. Marcher moins suffirait amplement pour préserver notre santé...

Crédit: Lindsay Henwood via Unsplash
Crédit: Lindsay Henwood via Unsplash

On ne compte plus les personnes dont l'objectif de vie semble être de réaliser un minimum de 10.000 pas par jour, comme si leur existence en dépendait. Généralement équipées d'un podomètre ou d'une montre connectée, elles s'évertuent à crapahuter dès que possible afin d'atteindre ce but chiffré, qui leur procure un immense sentiment de satisfaction. Et le sentiment que leur santé le vaut bien.

Pourquoi 10.000 pas? Ce palier a-t-il été fixé de façon arbitraire, ou est-il le fruit de recherches scientifiques poussées? C'est la question posée par la journaliste du New York Times Gretchen Reynolds, qui a remonté le fil pour découvrir que ce chiffre trouve son origine dans le Japon des années 1960.

Suite aux Jeux olympiques de Tokyo, qui se sont déroulés en 1964, un fabricant de montres nippon a tenté de capitaliser sur l'obsession de l'effort physique drainée par l'événement. Son idée: produire en masse un podomètre dont le nom, écrit en japonais, ressemblait à une personne en train de marcher. Or il se trouve que cette appellation peut-être traduite par «10.000 pas-mètre». Et c'est ainsi que ces dix milliers de pas devinrent une référence.

En 2019, I-Min Lee, professeure d'épidémiologie à Harvard, a dirigé une étude montrant que chez les femmes septuagénaires, le risque de mort prématurée était réduit de 40% à condition qu'elles effectuent au moins 4.400 pas chaque jour. Au-delà de 5.000 pas, le risque baissait encore davantage. En revanche, l'étude montrait que pour ces femmes, il ne servait à rien de réaliser plus de 7.500 pas par jour.

Et si on se contentait de 8.000 pas?

En 2021, une autre étude menée auprès d'hommes et de femmes d'âge moyen a montré que les personnes effectuant 8.000 pas par jour avaient deux fois moins de chances de mourir prématurément (d'une maladie cardiaque, mais pas seulement) que les individus faisant 4.000 pas par jour. Au-delà des 8.000 pas, la réduction des risques devenait tellement minime qu'il y a effectivement de quoi se détourner de l'objectif des 10.000.

Ajoutons à cela l'existence d'une étude belge qui a montré que l'objectif des 10.000 pas n'est souvent pas tenu sur le long-terme par les personnes qui se le fixent. Et qu'il est sans doute plus raisonnable et plus constructif de se fixer un but moins ambitieux, mais de s'y astreindre plus longtemps.

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I-Min Lee insiste sur le fait qu'un objectif quotidien de 7.000 ou 8.000 pas semble tout à fait suffisant, d'autant que les êtres humains valides et actifs réalisent en moyenne 5.000 pas par jour sans même y penser. Il suffit donc d'y ajouter un effort supplémentaire de deux ou trois milliers de pas afin d'atteindre ce palier bénéfique pour la santé de chacun et de chacune.

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