Sciences

Produire des briques mieux recyclables, la grande aventure Lego

Temps de lecture : 2 min

Un travail de longue haleine.

Crédit: Carson Arias via Unsplash
Crédit: Carson Arias via Unsplash

Chaque année, 380 millions de tonnes de plastique sont produites à travers la planète. Parmi elles, on compte 100.000 tonnes dues à l'entreprise Lego, qui fabrique des briques et des accessoires depuis 72 ans. Cela représente environ 0,026% de la production mondiale, utilisé afin de fabriquer 110 milliards de briques, comme l'explique Wired.

80% de ces briques sont faites d'acrylonitrile butadiène styrène (ABS), un thermoplastique à base de pétrole, réputé pour sa robustesse et sa rigidité. Problème: l'ABS n'est guère compatible avec le recyclage, qui lui fait perdre une partie de sa haute résistance.

Face aux critiques de plus en plus fréquentes, la marque a commencé en 2015 à chercher d'autres façons de produire ses éléments de construction. 155 millions ont été investis (sur 7 milliards de revenus) dans la recherche sur les nouveaux matériaux. La première piste envisagée fut celle d'un plastique fabriqué à base de sucre de canne. Deux années ont été nécessaires pour perfectionner ce composant qui, hélas, manquait de rigidité, et ne pouvait donc être utilisé que pour les parties décoratives, et non les briques et autres éléments de structure. Soit seulement 2% de la production de la multinationale.

Concernant les briques, l'équipe responsable de la recherche chez Lego (soit environ 150 employé·es) a testé plus de 250 variétés de polyéthylène téréphtalate (PET), le plastique recyclable utilisé dans la fabrication de la plupart des bouteilles que nous connaissons. Les résultats sont plutôt probants, notamment sur un point fondamental: la capacité de deux pièces à bien se fixer l'une à l'autre. Cela nécessite un plastique suffisamment rigide, mais qui ne rétrécisse pas au moment du moulage ou du démoulage. Entre une bonne et une mauvaise accroche, il n'y a qu'un ou deux microns, soit moins que l'épaisseur d'un cheveu humain...

La salive et le gras

Des tas d'autres critères entrent évidemment en ligne de compte, notamment la résistance face aux différentes températures, à la salive ou au gras, afin de déterminer si les briques seront encore intactes dans plusieurs décennies. Au sein des laboratoires Lego, les derniers résultats sont plus qu'encourageants, même s'il faut encore peaufiner l'accroche et déterminer la meilleure façon d'incorporer les couleurs des fameuses briques.

Chez Lego, on n'espère pas pouvoir remplacer subitement toutes les briques en ABS par des briques en PET. En revanche, un énorme progrès serait déjà effectué si les éléments les plus fabriqués, à savoir les briques 2x4 (que vous connaissez par cœur si vous avez déjà joué aux Lego une fois dans votre vie), pouvaient être fabriquées avec ce nouveau matériau.

L'autre avantage du PET est que son utilisation permet de réduire de 70% les émissions de carbone par rapport à la grande époque de l'ABS, sur lequel Lego continue d'ailleurs de travailler activement: l'un des défis actuels consiste à trouver comment recycler au mieux les centaines de milliers de tonnes de cette composition qui sont fabriquées chaque année depuis des lustres.

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