Minc n'hésite pas à gonfler les chiffres

Alain Minc se dit «ami et non pas conseiller», «en état de dire à tout moment ce qu'il a envie de dire» à Nicolas Sarkozy. Il aime lancer des débats et sait mener les interviews dans la direction qui lui convient. Ce fut le cas Vendredi 7 mai, alors qu'invité de l'émission Parlons Net sur France Info, il exposait sa solution contre le déficit de l'assurance maladie:
Je pense qu'il va bien falloir s'interroger sur le fait qu'on récupère les dépenses médicales sur les très vieux en mettant à contribution leur patrimoine quand ils en ont, ou le patrimoine de leurs ayant droit.
Pour illustrer sa proposition qu'il a qualifiée de «progressiste»- rapporte lemonde.fr- il s'est appuyé sur l'exemple de son père âgé de 102 ans, et hospitalisé pendant deux semaines. «La collectivité française a dépensé 100.000 euros pour soigner un homme de 102 ans. C'est un luxe immense, extraordinaire pour lui donner quelques mois ou, j'espère, quelques années de vie.»
Ses propos ont rapidement été discutés sur les blogs et Libération s'est étonné du montant avancé. Sur LibéOrléans, Mourad Guichard s'interroge «Comment l'opération d'un «très vieux» peut-elle coûter 100.000 euros ?»:
Joint hier par Libération, Alain Minc confie: «Écoutez, c'était illustratif. Ce montant est sans doute plus élevé que la réalité.» Plus élevé de combien? «Seize jours de service de pointe, ça doit être 20.000 ou 25.000 euros [...]. J'ai délibérément pris un chiffre qui frappe; le montant que j'imaginais qu'on puisse me réclamer.» Inventer un montant pour manipuler un argumentaire... la méthode Minc?
Plus que le montant lui-même, c'est la brèche qu'ouvrent les réflexions d'Alain Minc qui préoccupe Jean-Daniel Flaysakier, spécialiste des questions santé à France2. Sur son blog, il s'inquiète des dérives qu'une première atteinte à l'ordonnance de 1945 «sur l'accès aux soins pour tous quels que soient ses revenus» pourrait impliquer. Un «patient atteint d'un cancer du poumon inopérable avec des métastases et qui fait une infection pulmonaire sévère devrait-il payer plus» sous prétexte qu'il est PDG et qu'il a fumé deux paquets par jour toute sa vie? Un accident au ski devrait-il être facturé plus cher?
A LIRE AUSSI: Jean-François Copé: les Allemands prouvent que les déficits ne sont pas une fatalité
[Lire les articles sur LibéOrléans ici, celui du monde.fr là et le post de Jean-Daniel Flaysakier]
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Photo:capture d'écran france info
Mis à jour le 11/05/2010 à 18h05




























L'action se déroule au Japon vers 1860 dans un village pauvre, sur les hauteurs du Shinshū. La coutume veut que les habitants à l'âge de 70 ans s'en aillent mourir volontairement sur le mont Narayama.
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Joli saut dans le passé que nous propose Alain Minc. Donc les vieux, on les euthanasie, on les suicide ou on les laisse crever.
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Ca a comme une sorte de goût d'eugénisme cette vue des choses. On commence pas les vieux, puis les handicapés, puis les chômeurs, etc.
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Une société fondée sur l'utilité : tu rapportes, tu vis, tu coûtes, tu dégages !
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Maintenant, si Alain Minc était logique avec lui même, il rembourserait les sommes en question à la Sécurité Sociale !
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Un, faut pas rêver. Deux, faîtes ce que je dis, pas ce que je fais.
Tiens, tiens, le revoilà. Après la "crise psychologiquement grotesque" maintenant il "gonfle" les chiffres...mais est il crédible ce monsieur? Et pourquoi et à quel titre passe-t-il sur le médias français?
Heureusement que les français ne sont pas dupes...en Italie il aurait un avenir radieux, quoi que...
Alain Minc a fait de la provocation en annonçant un chiffre farfelu. Il prête le flanc à la critique sur ce point, c'est stupide de sa part.
Sur le fond il repose la question de la transmission de l'héritage. Quelle part de notre patrimoine doit revenir à la collectivité après notre mort - voire un peu avant - ?
La concentration des richesses vers une infime minorité est un phénomène qui s'amplifie dans le temps. Une étude de l' Institut Mondial pour la Recherche sur l’Economie du Développement en 2000 estimait que que 10% des adultes les plus riches comptaient pour 85% du total mondial des richesses. Je ne serai pas étonné que ce chiffre soit valable pour la France. La concentration du patrimoine sur une part infime de la population est un phénomène qui s'amplifie tous les ans et qui nous mène vers une catastrophe. Qu'on considère qu'une partie des fortunes (colossales pour certains) accumulées appartiennent à la collectivité n'est pas choquant. Ces fortunes se sont formées parce que la forme de nos sociétés l'a permis en toute sécurité, aucun self made man ne se serait fait sans ceux qui ont payé ses biens et ses services et la société qui a mis son organisation à sa disposition (réseau routier, police, administration, etc..) Au décès des personnes, il me paraît juste que la société reprenne une partie significative de ces richesses. Pour Alain Minc il s'agit de ponctionner du patrimoine avant la mort pour payer des soins médicaux. C'est éthiquement un peu plus délicat et il me paraîtrait plus logique d'appliquer aux héritages dépassant un certain seuil (10, 20, 100 millionq d"euros une taxe retraite ou sécurité sociale). Avec un héritage de 10 millions d'euros on peut encore très bien vivre et la redistribution du capital ne peut qu'être salutaire à la nation sur le long terme.