Santé

Les introvertis n'ont pas si bien vécu le confinement

Temps de lecture : 2 min

On les pensait épanouis durant l'isolement, mais ils sont soulagés du retour à la vie normale.

Durant la période de confinement, les introvertis n'ont pas moins souffert de l'isolement que les extravertis. | Teona Swift via Pexels
Durant la période de confinement, les introvertis n'ont pas moins souffert de l'isolement que les extravertis. | Teona Swift via Pexels

Le 20 mars 2020, l'écrivain Jon Ronson est un des premiers à évoquer la possibilité que le confinement soit une aubaine pour les introvertis. «Pour eux, l'isolement n'a rien d'exceptionnel, tout ira bien», avait-il déclaré à la BBC Newsnight. Mais la réalité semble avoir été bien différente, nous apprend le même média. Des psychologues affirment qu'il a été beaucoup plus difficile pour les introvertis de faire face à l'isolement que ce que l'on avait imaginé.

Pour rappel, l'introversion et l'extraversion sont les deux extrêmes d'un seul spectre, que les psychologues mesurent en demandant aux individus d'évaluer des déclarations concernant leur personnalité. Il convient de rappeler que ce spectre n'a rien à voir avec la timidité. Les introvertis trouvent simplement les activités solitaires plus intéressantes que celles pratiquées en groupe. En se basant sur cette définition, il aurait fait sens que ceux-ci se réjouissent d'un confinement.

Un capital social plus faible

Pourtant, d'autres éléments auraient dû nous alerter. Par exemple, on sait depuis longtemps que les introvertis ont tendance à ressentir les émotions plus intensément, et donc à les réguler plus difficilement face à de nouvelles situations. Ensuite, il faut préciser la nature de l'isolement durant le confinement. La distanciation physique imposée est assez différente du mode de vie habituel des introvertis, dans lequel ils peuvent encore choisir qui, quand et comment faire des rencontres. Danièle Gubler et Katja Schlegel, de l'université de Berne, le rappellent: «Les relations sociales sont un besoin fondamental pour les êtres humains. Être introverti ne veut pas dire fuir la socialisation.» Les deux psychologues ont été parmi les premières à mesurer l'influence des traits de caractère des individus sur leur bien-être psychologique. Parmi leur échantillon de personnes confinées au printemps 2020, les extravertis et introvertis ne présentaient aucune différence en matière de solitude ou de dépression. Tout le monde a souffert de la même manière.

Cette souffrance insoupçonnée de la part des introvertis s'expliquerait par le faible capital social avec lequel ils ont entamé le confinement. Anahita Shokrkon, de l'université de l'Alberta et qui a montré dans une autre étude que les extravertis s'en étaient mieux sortis, explique que ces derniers bénéficiaient de plus grands groupes d'amis avant la pandémie. Par conséquent, ils ont pu profiter de ce soutien social, même à distance, en organisant davantage d'appels vidéo que les introvertis.

Alors que la distanciation physique disparaît peu à peu, de nombreux messages postés sur les réseaux sociaux montrent que les introvertis sont très heureux de retrouver la vie extérieure. «C'est tout à fait normal, expliquent Gubler et Schlegel. Les gens façonnent leur environnement pour qu'il corresponde à leur personnalité. On pouvait donc s'attendre à ce qu'aussi bien les extravertis que les introvertis retrouvent une vie sociale post-pandémie, mais avec le degré d'interaction qu'ils souhaitent.» En effet, où que vous soyez sur le spectre de l'introversion, le retour à la vie normale est l'occasion de revoir votre mode de vie –solitaire ou accompagné– et de trouver l'équilibre qui convient le plus à votre personnalité.

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