Société / Économie

Louer des vêtements est une solution faussement écologique

Temps de lecture : 2 min

Une étude montre que le transport et le nettoyage à sec en font la pire des options alternatives au shopping traditionnel.

L'industrie de la mode génère 5% des émissions mondiales de carbone. | Duy Hoang via Unsplash
L'industrie de la mode génère 5% des émissions mondiales de carbone. | Duy Hoang via Unsplash

C'est l'une des nouvelles options shopping à la mode: louer des vêtements au lieu de les acheter. Moins consumériste? Peut-être. Plus écologique? Certainement pas. Une étude vient de révéler que la location de vêtements, longtemps vantée comme une des réponses au problème de durabilité de la mode, est pire pour la planète que de simplement les jeter, rapporte The Guardian.

L'étude, publiée par la revue scientifique finlandaise Environmental Research Letters, a évalué l'impact environnemental de cinq manières de s'habiller, dont la revente, le recyclage et la location. Les conclusions indiquent que cette dernière option a les plus lourdes conséquences sur l'environnement. Le nettoyage, l'emballage et la livraison en sont les principaux responsables. Car la location donne une place importante aux transports, pour emporter et rapporter les vêtements entre l'entrepôt et les points de vente.

2,6 milliards d'euros d'ici 2029

Pourtant, louer ses vêtements est un usage de plus en plus populaire. Même Ralph Lauren a annoncé la production d'une ligne dédiée à la location. Ce secteur en pleine croissance, qui selon GlobalData devrait valoir plus de 2,6 milliards d'euros d'ici 2029, a été cité comme une possible solution à la crise environnementale de la mode. Un rapport du Forum économique mondial suggère que l'industrie génère 5% des émissions mondiales de carbone.

Mais cette nouvelle étude montre que ce modèle doit être repensé. «On devrait penser la location comme du shopping de seconde main, explique Dana Thomas, autrice de Fashionopolis – Le vrai prix de la mode et ce qui peut la sauver. Ce n'est pas quelque chose à faire tout le temps, mais plutôt à l'occasion, quand on en a besoin, comme pour les bals de promo ou les mariages.» L'étude a également constaté que de nombreuses marques de location utilisent à tort l'expression «économie circulaire», une forme de greenwashing estiment les chercheurs.

«Aucun PDG ne veut totalement remanier son entreprise, mais c'est nécessaire pour être plus propre: pas de petites retouches mais une refonte complète, ajoute Dana Thomas. Ils sont trop concentrés sur les gains à court terme pour investir dans les bénéfices à long terme. Seule la réglementation pourra résoudre le problème. Aucune entreprise, dans aucune industrie, n'est prête à accepter des pertes pour le bien de la planète. Elles le feront quand ce sera inscrit dans la loi.»

Sur une note plus positive, l'étude suggère que si les entreprises de location de vêtements modifient leur logistique pour être plus éco-friendly, elles pourraient se situer au même niveau environnemental que la revente. Pour les experts, la solution la plus durable reste d'acheter moins de vêtements et de les porter le plus longtemps possible. «Vous voulez être plus écologique? Achetez moins, achetez mieux», résume Dana Thomas.

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