Économie

Grèce : Pourquoi le plan échouera

Temps de lecture : 2 min

Les pays de l'UE ont fini par se mettre d'accord lundi 10 mai, sur un plan de secours pour aider les pays de la zone euro d'un montant total de 750 milliards d'euros. La première réaction des marchés a été positive: dès l'annonce du plan, l'euro remontait au-dessus de 1,29 dollar américain dans les échanges en Asie tandis qu'à Tokyo, en début d'après-midi, l'indice Nikkei prenait plus de 1,5%, après avoir perdu 3,1% vendredi 7 mai.

Le rédacteur associé et commentateur économique en chef au Financial Times Martin Wolf prend le contrepied de ces réactions. Dans sa chronique hebdomadaire au Monde il fait part de ses doutes quant au succès de cet énorme plan de soutien, «une mesure désespérée, pour une situation désespérée», qui a beau être «beaucoup moins irréaliste que le précéden plan», lui semble insensée car trop optimiste.

En ce qui concerne la Grèce, Martin Wolf doute que la population accepte de supporter le fardeau que suppose la très lourde restructuration de sa dette: la Grèce devrait présenter un excédent primaire de 4,5% du PIB, et consacrer des recettes équivalents à 7,5% du PIB au paiement des intérêts. Selon lui, étant donné le ralentissement économique qui attend la Grèce, «il n'est pas sûr qu'une réforme structurelle puisse résoudre le problème». Certes, certains pays à hauts revenus ont déjà réussi une consolidation budgétaire, admet t-il, «mais les conditions initiales étaient beaucoup plus favorables».

Pour les autres membres de la zone euro, le plan évite selon lui «qu'un choc immédiat soit porté à des systèmes financiers fragilisés». Car «il s'agit bien d'un sauvetage des banques et non de la Grèce», précise l'éditorialiste. Selon lui d'autres membres de la zone euro pourraient se retrouver «seuls dans la tempête».

L'éditorialiste économique en tire deux leçons pour la zone euro:

La première est que la zone euro est face à un choix claire : soit elle autorise les défauts souverains, soit elle met en place une véritable union budgétaire (...) pour amortir l'ajustement dans des économies en péril

La deuxième leçon est que l'ajustement ne fonctionnera pas dans la zone euro sans ajustements compensatoires dans les pays du noyau de cette zone. Si la zone euro veut vivre avec une demande globale quasiment stagnante, elle deviendra le théâtre d'une désinflation compétitive protectionniste

Pour Martin Wolf, la situation actuelle n'est pas surprenante, elle était prévisible. Mais on ne peut pas faire marcher arrière,  «La zone euro doit fonctionner, et la tentative de sauvetage de la Grèce n'est que le premier chapitre» .

[Lire l'article du Monde]

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Photo de Une: U-g-g-B-o-y-(-Photograp h-World-Sense-) via Flickr CC License by

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