Monde

Comment j'ai survécu au «dôme de chaleur»

Temps de lecture : 3 min

[BLOG You Will Never Hate Alone] Vivant dans l'ouest du Canada, j'ai eu à affronter des températures jamais recensées dans le pays.

Les températures ont battu tous les records. | Michal Matlon via Unsplash
Les températures ont battu tous les records. | Michal Matlon via Unsplash

Je tiens à rassurer tous ceux qui ces derniers jours se sont inquiétés pour moi: je suis vivant. Je le répète: j'ai survécu à cet épisode caniculaire dont le monde entier, à juste titre, s'est ému. Non sans mal. Je ne compte plus les heures passées à barboter dans ma baignoire sans oublier celles où, le visage collé au clapet de mon air conditionné, j'ai contemplé mon baromètre qui affichait des températures jamais recensées jusqu'alors. Et plus d'une fois, je me suis réveillé au cœur de la nuit, si éprouvé par la chaleur ambiante que j'avais l'impression de vivre non point à l'ouest du Canada mais plutôt dans quelque région subsaharienne du globe.

Certes, je n'étais pas le plus à plaindre. Déjà échaudé trois ans auparavant par un été que j'avais trouvé trop brûlant à mon goût, j'avais fort heureusement fait l'acquisition d'un climatiseur portatif dont j'ignorais encore qu'il me sauverait un jour la vie. Sans lui, sans sa présence rafraîchissante, sans sa dévotion à lutter pied à pied contre la chaleur qui, minute après minute, menacait de tout emporter sur son passage, moi, mon chat, mon frigo, ma dignité, mon honneur, mon génie créatif, j'aurais vécu un véritable enfer. C'est d'autant plus vrai que je vis en appartement, en plein centre de Vancouver, dans cette cité bénie des dieux où d'ordinaire les températures au cœur de l'été dépassent très rarement les 25°C.

Baignée de toutes parts par l'océan Pacifique, Vancouver ne ressemble à aucune autre ville canadienne. Les hivers y sont doux et pluvieux –infiniment pluvieux– et les étés cléments, délicieusement cléments. C'est d'ailleurs une raison de mon installation ici. J'ai une sainte horreur de la chaleur; probablement le sang soviétique qui coule dans mes veines. Passés les 20°C, je suffoque. À 23°C, je me décompose. Et au-delà, je me liquéfie. Autant dire que ces jours derniers je n'ai pas décollé de mon salon entouré de mon climatiseur portatif et de deux ventilateurs branchés au maximum de leur puissance, un appareillage si silencieux qu'il me semblait parfois être à bord d'un avion supersonique au moment de son décollage.

Dire que nous ne sommes pas habitués aux grosses chaleurs est un doux euphémisme. C'est bien simple: en temps normal, sitôt que les températures dépassent les 25°C -25!- pendant un jour ou deux, la municipalité déclenche son plan canicule et ouvre à tout vent ses centres communautaires où les personnes les plus vulnérables peuvent venir se rafraîchir. Tandis que les autres courent les supermarchés climatisés d'où ils repartent avec un ventilateur et deux douzaines de bouteilles d'eau minérale sous les bras.

Cette fois, les températures ont largement dépassé les 30°C. Autant dire l'apocalypse ou presque pour une cité où le recours à l'air conditionné est encore l'exception. Et encore, ceci n'est rien comparé aux villes cantonnées à l'intérieur des terres où les températures ont littéralement explosé avec notamment ce mythique 49.5°C à Lytton, record absolu pour tout le Canada. Comme si le climat était devenu fou et avait confondu la Bretagne avec la Côte d'Azur, la Belgique avec le Maroc, le Groenland avec le Sahara, Benzema avec Giroud.

Un phénomène d'autant plus déconcertant que nous sommes à la fin du mois de juin quand d'ordinaire l'été commence à peine, époque bénie où l'on se soucie d'acheter sa première crème solaire de l'année. De sortir son maillot de bain enfoui sous trois épaisseurs de parapluie en tout genre. De nager dans l'eau à peine chaude du Pacifique. D'arpenter les plages, oasis de fraîcheur où l'on déguste une glace sous le regard bienveillant d'un soleil tendre comme un rêve d'enfant. De filer à vélo sous le bleu d'un ciel enchanteur, un bleu profond et paisible, si calme qu'il ressemble à une promesse d'éternité.

Bordel, je ne suis pas venu au Canada pour cuire comme un homard dans une casserole d'eau bouillante! Après tout, que je sache, nous sommes au pays des ours, pas des chameaux, une nation de trappeurs et de bûcherons, lesquels n'ont jamais eu l'apparence de bédouins ou autres peuplades vouées au culte du soleil. Je veux, j'exige de la fraîcheur. Des mois d'été tranquilles où l'on peut profiter des bienfaits du soleil sans risquer de mourir d'apoplexie. Des matinées douces, des après-midi chaudes mais pas trop, des soirées clémentes, des nuits fraîches.

Sans quoi, je vous préviens, je reprends mes bagages.

Et je monte dans le Nord.

Le grand Nord même!

Pour suivre l'actualité de ce blog, c'est par ici: Facebook-Un Juif en cavale

Newsletters

Est-ce que nous sommes en train de nous transmettre le «pire rhume de tous les temps»?

Est-ce que nous sommes en train de nous transmettre le «pire rhume de tous les temps»?

«Je dormais à peine, je me réveillais la nuit en toussant, le nez qui coule constamment et je me sentais tellement fatiguée.»

Le père de Britney Spears a mis sa chambre sur écoute

Le père de Britney Spears a mis sa chambre sur écoute

«Même dans son lieu sacré, à savoir chez elle, chaque demande était observée et enregistrée. Ses relations intimes étaient étroitement gérées.»

Une semaine dans le monde en 7 photos, du 18 au 24 septembre 2021

Une semaine dans le monde en 7 photos, du 18 au 24 septembre 2021

Départ d'Angela Merkel, éruption du volcan Cumbre Vieja aux Canaries et afflux de migrants le long du Rio Grande... La semaine du 18 au 24 septembre en images.

Podcasts Grands Formats Séries
Slate Studio