Égalités / Parents & enfants

Les femmes se sont trois fois plus occupé des enfants que les hommes pendant la pandémie

Temps de lecture : 2 min

Une étude révèle l'impact immense de la fermeture des écoles sur les femmes et leur travail.

Les mères ont dû gérer à la fois leur travail et leurs enfants. | Alexander Dummer via Unsplash
Les mères ont dû gérer à la fois leur travail et leurs enfants. | Alexander Dummer via Unsplash

Le Covid-19 a définitivement renforcé certaines inégalités entre les femmes et les hommes. Selon une nouvelle étude, une femme en âge de travailler s'est occupée de ses enfants pendant 173 heures supplémentaires en moyenne pendant la pandémie. C'est presque trois fois plus que le temps pris par les hommes, affirme le Center of Global Development, une ONG qui lutte contre la pauvreté.

«Nous savions qu'il y aurait un écart concernant la personne qui s'occupe des enfants sans être rémunérée, mais ces énormes inégalités sont stupéfiantes», a indiqué Charles Kenny, chercheur au Center for Global Development, dans un communiqué. «La charge s'est accumulée pour les femmes; et chaque heure pendant laquelle les femmes s'occupent gratuitement des enfants est une heure où elles ne peuvent pas s'occuper de leur entreprise, faire leur travail et donc assurer leur avenir économique.»

672 milliards d'heures supplémentaires de garde d'enfants dans le monde

Au total, la fermeture des écoles et des crèches pendant la pandémie a nécessité environ 672 milliards d'heures supplémentaires de garde d'enfants non rémunérées dans le monde, rapporte Good Morning America. Les données «suggèrent que beaucoup de familles, et en particulier les sœurs, les tantes et les mères, ont dû essayer de travailler et de prendre soin des enfants en même temps. Les conséquences vont sûrement perdurer après la réouverture des écoles», estiment les personnes à l'origine de l'étude.

Aux États-Unis, la récession économique liée à la pandémie a parfois été nommée «shecession» par les experts, en raison de l'impact disproportionné sur les femmes –à la fois pour celles qui ont perdu leur emploi et pour celles qui ont démissionné afin de s'occuper de leurs enfants. Plus de 2 millions d'Américaines ont quitté leur travail en 2020, selon le National Women's Law Center, un organisation qui lutte pour la justice entre les sexes.

Les recherches menées l'année dernière aux États-Unis ont montré que les femmes entre 25 et 44 ans sont presque trois fois plus susceptibles que les hommes de ne pas avoir occupé d'emploi pendant la pandémie. Et les mères qui travaillaient chez elles pendant le confinement ont réduit leurs heures d'activité, quatre à cinq fois plus que les pères.

Mais les difficultés des working moms ne sont pas terminées. Elles sont désormais confrontées à un nouveau défi: alors que les bureaux rouvrent, les services de garde pour les plus petits restent difficiles à trouver. Déjà avant le Covid, au moins la moitié des familles américaines vivaient dans une zone considérée comme un «désert de garde d'enfants», des quartiers où il n'y a pas assez de places en garderies agréées pour répondre à la demande, selon les données du Center for American Progress. D'après leur estimation, plus de 4 millions de places en crèches pourraient maintenant être perdues, à la suite de la pandémie.

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