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Un homme mort il y a 3.000 ans est la première victime d'une attaque de requin

Temps de lecture : 2 min

Les ossements ont révélé près de 800 blessures, principalement sur les bras, les jambes, la poitrine et l'abdomen.

L'espèce responsable de l'attaque serait soit un requin tigre, soit un requin blanc. | Gerald Schömbs via Unsplash
L'espèce responsable de l'attaque serait soit un requin tigre, soit un requin blanc. | Gerald Schömbs via Unsplash

Un homme mort il y a 3.000 ans, probablement entre 1370 et 1310 avant Jésus-Christ, est la plus ancienne victime connue d'une attaque de requin. Des scientifiques viennent de percer les secrets de son squelette, découvert au Japon, près de la mer intérieure de Seto. Ils ont trouvé près de 800 blessures, dont les caractéristiques indiquent que la victime était sans doute encore en vie lors de l'attaque, explique The Independent. «Sa main gauche a été arrachée, probablement dans un geste de défense», suppose l'équipe de recherche.

En analysant les blessures, «principalement situées sur les bras, les jambes, la poitrine et l'abdomen», les archéologues ont affirmé pouvoir exclure l'hypothèse du conflit humain et des causes animales plus communes comme les prédateurs ou les charognards. «La victime a au moins 790 lésions traumatiques perimortem, caractéristiques d'une attaque de requin, dont des entailles osseuses profondes, des perforations, des coupures et des fractures dues à un objet coupant.»

Cartographier les morsures du requin

En utilisant à la fois l'archéologie et des techniques médico-légales, le groupe international de scientifiques a soigneusement recréé ce qu'il s'était passé lors de cette rencontre tragique d'un homme avec un requin. Dans leur étude, publiée dans le Journal of Archeological Science: Reports, les blessures ont été cartographiées sur un modèle 3D du squelette humain afin de faciliter la visualisation et l'analyse.

La découverte des ossements a eu lieu lors de l'étude des preuves de traumatismes violents sur des squelettes préhistoriques de chasseurs-cueilleurs, à l'Université de Kyoto. C'est ainsi qu'a été trouvé cet homme adulte complètement mutilé, surnommé Tsukumo n°24. Les résultats des fouilles indiquent que son corps a été récupéré peu après l'attaque et enterré avec sa famille dans un cimetière. Les scientifiques ont précisé qu'il manquait la jambe droite du squelette et que la jambe gauche avait été placée au-dessus du corps, en position inversée.

«Nous avons d'abord été déconcertés par ce qui avait pu causer les 790 blessures profondes et dentelées de cet homme. Il y en avait tellement, et pourtant il a été enterré dans le cimetière de la communauté, sur le site de Tsukumo», ont déclaré J. Alyssa White et Rick Schulting, de l'Université d'Oxford, dans un communiqué. Selon leurs dires, l'homme a pu être attaqué alors qu'il pêchait avec ses compagnons. En se basant sur les caractéristiques et la répartition des traces de dents, les scientifiques pensent que l'espèce responsable de l'attaque était soit un requin tigre, soit un requin blanc.

«Cette découverte n'offre pas seulement une nouvelle perspective sur le Japon ancien, estime Mark Hudson, coauteur de l'étude. C'est aussi un exemple rare où les archéologues sont capables de reconstruire un épisode dramatique dans la vie d'une communauté préhistorique.»

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