Égalités / Économie

La génération des millennials serait en fait la plus riche

Temps de lecture : 2 min

En élargissant la définition de la richesse, on s'aperçoit que les 26-39 ans sont moins à plaindre qu'on ne le pense.

Les millennials auraient 25% d'actifs de plus que leurs parents au même âge. | Helena Lopes via Pexels
Les millennials auraient 25% d'actifs de plus que leurs parents au même âge. | Helena Lopes via Pexels

Victimes de deux grandes crises depuis le début de leur vie d'adulte (l'explosion de la dette estudiantine et la hausse des prix de l'immobilier), les millennials approchent aujourd'hui la quarantaine sans nécessairement être passés par la case mariage ou achat de maison.

Souvent plaints, ceux qu'on surnomme aussi les digital natives devraient en fait voir les choses différemment, d'après Allison Schrager, journaliste à Bloomberg. En se penchant sur les données et en définissant la richesse de manière plus large, elle estime que cette génération ne s'en tire pas si mal. Mieux, elle aurait plus d'avantages que les précédentes.

Des choix différents dans une économie différente

Dans l'histoire moderne, chaque génération est supposée être plus riche que celle qui la précède. Les millennials étant les premiers à être à la traîne, on a immédiatement accusé les choix politiques et économiques d'avoir causé la fin de cette prospérité multigénérationnelle. Mais pas Allison Schrager. Selon elle, comparer les générations n'a que peu de sens puisque le monde change, et les marqueurs de succès aussi.

Si les 26-39 ans d'aujourd'hui ne sont plus autant propriétaires d'un logement que leurs parents, ce ne serait pas seulement dû à la hausse du prix de l'immobilier, mais également à leurs propres choix, plus rationnels étant donné l'époque dans laquelle ils vivent. «Bien sûr, on peut se demander si tous ces changements sont positifs. Mais quand vous les considérez dans leur ensemble, les portefeuilles des millennials ne semblent pas si vides. Ils ont simplement fait des choix en réponse à un nouveau type d'économie», écrit-elle.

Certes, les frais de scolarité que les millennials payent sont plus élevés que ceux de leurs parents et l'avantage salarial lié à leurs études a beaucoup diminué depuis les années 1980 du fait de la massification scolaire. Mais ce salaire aurait davantage de valeur de nos jours, en raison de sa relative stabilité. Avant, les salaires fluctuaient de la même façon que les baby-boomers changeaient de travail. Avec la sécurité et la stabilité désormais permises par les études, il serait normal que le salaire stagne.

Quant à la dette pour laquelle ils sont aussi connus, les millennials ont de fait plus d'actifs que leurs parents au même âge, 25% en moyenne. Ce chiffre pourrait être expliqué par la plus grande possibilité qu'ils détiennent un compte dédié à leur retraite. Ces modes d'épargne sont plus répandus qu'ils ne l'étaient à l'époque de leurs grands-parents et leur permettent d'être plus prévoyants que leurs aïeux.

Les temps ont changé depuis les années 1980. À l'heure où il faut être diplômé et habiter en ville pour réussir, Allison Schrager pense qu'investir dans les études et prévoir sa retraite font sans doute plus sens qu'acheter une grande maison de famille. Peut-être que la pandémie modifiera ces tendances. «Dans tous les cas, il ne faut ni blâmer ni plaindre les millennials qui font des choix reflétant l'économie dans laquelle ils vivent», conclut la journaliste.

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