Santé

Une découverte pourrait expliquer les fausses couches en début de grossesse

Temps de lecture : 2 min

Grâce à une nouvelle méthode de recherche embryonnaire, des scientifiques ont identifié un groupe de cellules à l'origine de la formation du corps humain.

Chez les humains, c'est lors de la deuxième semaine du développement de l'embryon que se forme l'axe corporel. | Elena Kontogianni via Pexels
Chez les humains, c'est lors de la deuxième semaine du développement de l'embryon que se forme l'axe corporel. | Elena Kontogianni via Pexels

En raison des restrictions éthiques sur l'utilisation d'embryons humains dans la recherche, on en sait très peu sur le développement embryonnaire une fois que l'implantation dans l'utérus a eu lieu. Mais une nouvelle étude pourrait expliquer pourquoi tant de fausses couches surviennent lors des premières semaines de grossesse, annonce The Independent.

À l'Université de Cambridge, des scientifiques ont réussi à identifier les événements moléculaires qui se produisent lors de la deuxième semaine de gestation, soit l'une des étapes les plus critiques du développement embryonnaire. C'est en effet entre sept et quatorze jours après la fertilisation d'un ovule que se développe un groupe de cellules, appelé hypoblaste. Situé en dehors de l'embryon, il serait à l'origine du développement de l'axe tête-queue, la phase initiale de la formation du corps humain.

Cette étude a été publiée dans Nature et indique que «l'échec du développement pendant cette période représente l'une des principales causes de fausse couche précoce chez les patientes suivant des traitements de procréation assistée».

Une nouvelle technique de recherche embryonnaire

La professeure Magdalena Zernicka-Goetz, du département de physiologie, développement et neuroscience de l'Université de Cambridge, a trouvé en 2016 une technique pour étudier les embryons jusqu'à leur quatorzième jour de développement en dehors du corps humain. Alignée sur les directives éthiques du Royaume-Uni de la recherche embryonnaire, cette méthode a permis à son équipe de mieux comprendre ce qui se produisait au niveau moléculaire durant cette phase du développement humain. «Notre objectif a toujours été de donner un aperçu du développement très précoce de l'embryon humain, de comprendre comment notre vie commence», explique-t-elle.

Leurs résultats ont démontré que l'hypoblaste envoyait un message à l'embryon, activant ensuite le développement de son axe tête-queue, qui détermine par la suite quelle partie de l'embryon devient la «tête» et laquelle devient la «queue». «En combinant notre nouvelle technologie avec des méthodes de séquençage avancées, nous avons pu examiner de manière beaucoup plus approfondie les principaux changements survenant à ce stade incroyable du développement humain, lorsque malheureusement tant de grossesses échouent», raconte Magdalena Zernicka-Goetz.

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L'étude a également indiqué que la formation de cet axe corporel chez les embryons humains présentait des ressemblances avec celle de l'axe corporel chez les souris et les singes, malgré des différences significatives dans l'organisation des cellules.

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