Monde

La coalition d'Angela Merkel donnée perdante

Slate.fr, mis à jour le 09.05.2010 à 19 h 13

Angela Merkel regrettera-t-elle son soutien au processus d'aide financière à la Grèce? La chancelière allemande jouait gros en ce 9 mai, journée de l'Europe. En effet, des élections-clé se tenaient en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, le Land le plus peuplé d'Allemagne (8 millions de personnes, 13 millions d'électeurs).

Selon les sondages sortis des urnes, la coalition CDU-FDP est perdante. La CDU recueillerait 34% des voix et son allié le FDP 6,5%, selon la chaîne de télévision publique ZDF. Ils obtiendraient respectivement 34,5% des voix et 6,5%, selon ARD, autre chaîne publique. Les deux partis ne pourraient donc former un gouvernement seuls en Rhénanie du Nord-Westphalie.

Le SPD a également fait moins bien que lors des précédentes élections régionales de 2005, avec un peu moins de 35% des voix dans ce bassin industriel qui lui était traditionnellement attaché (en 2005, la coalition CDU-FDP avait mis fin au règne historique des sociaux-démocrates.)
Les grands gagnants semblent donc être les Verts avec 12,5% des suffrages selon les deux chaînes, et le parti de la gauche radicale Die Linke franchirait la barre des 5%, ce qui lui permettrait d'entrer au parlement régional, avec 5,6% ou 6% des voix.

L'aide allemande à la Grèce a peut-être joué dans ce scrutin. Selon un sondage YouGov publié samedi dans le quotidien Bild, 21% des électeurs affirmaient que le soutien allemand à Athènes allait influencer leur vote. C'est ce qu'expliquait un électeur, interrogé par une journaliste de l'Express:

"[Angela Merkel] va devoir me convaincre qu'il faut payer pour les Grecs. Mais ce sera difficile. On fait du chantage sur l'Allemagne pour qu'elle passe à la caisse. Mais nous n'avons plus d'argent, nous non plus."

Les commentateurs l'ont souvent répété ces derniers temps: si Angela Merkel semble hésitante vis-à-vis de la Grèce, ce sont pour des raisons de politique intérieure. La chancelière aurait préféré aider Athènes après le 9 mai. La peur d'une contagion de la crise grecque aux autres pays de l'Union auront eu raison de ce raisonnement. La chancelière a dû s'engager la semaine dernière (le parlement allemand a donné son feu vert vendredi au versement de plus de 22 milliards d'euros) et en particulier dans la nuit de vendredi à samedi, quand les chefs d'Etat de la zone euro ont annoncé la mise en place d'un fonds inédit d'assistance financière.

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Photo: Reuters

 


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