France

Faire payer les «très vieux» malades riches? Martin Hirsch répond à Alain Minc

Slate.fr, mis à jour le 09.05.2010 à 12 h 07

Une solution pour réduire les dépenses de santé en France? Alain Minc en a une: faire payer les «très vieux» riches ou leurs ayants droits (riches également). Le consultant, proche de Nicolas Sarkozy était l'invité de Parlons Net, l'émission de David Abiker.

Le conseiller du président de la République s'interroge sur le coût de la santé des personnes très âgées en France.

Il y a un problème dont on ne parle jamais, mais pour lequel nous en sommes là où nous en étions sur les retraites en 1984 lorsque Michel Rocard avait commandé le livre blanc, c'est l'effet du vieillissement sur la hausse des dépenses d'assurance-maladie et la manière dont on va le financer.

Et quoi de mieux qu'un exemple personnel pour faire passer des idées? Alain Minc raconte:

J'ai un père qui a 102 ans. Il a été hospitalisé pendant 15 jours en service de pointe, il en est sorti. La collectivité française a dépensé 100.000 euros pour soigner un homme de 102 ans. C'est un luxe immense, extraordinaire, pour lui donner quelques mois, ou j'espère, quelques années de vie. Je trouve aberrant que quand le bénéficiaire a un patrimoine ou quand ses ayants droits ont les moyens, que l'Etat m'ait fait ce cadeau à l'œil. Et donc, je pense qu'il va bien falloir s'interroger sur le fait de savoir comment on récupère les dépenses médicales sur les très vieux en ne mettant pas à contribution ou leur patrimoine quand ils en ont un ou le patrimoine de leurs ayants droits. Ce serait au programme socialiste de le proposer.

Une proposition dans la droite ligne de la philosophie d'Alain Minc, à en croire Pascal Riché, de Rue89:

Son obsession est de remplacer le système d'Etat providence fondé sur égalité (chacun reçoit à peu près les même prestations, la redistribution se faisant par l'impôt) par un système fondé sur l'équité (les ressources publiques étant concentrées sur les plus démunis).

Martin Hirsch a écouté Alain Minc et lui répond sur son blog hébergé par le Nouvel Obs.

Faut-il que la prise en charge des soins soit la même quel que soit le revenu? Et question encore plus fondamentale, faut-il que ce qui reste à payer de la poche du malade soit le même, quel que soit le revenu? Ce sont ces mêmes questions, qui nous ont conduit à proposer le «bouclier sanitaire», il y a trois ans maintenant.

Le «bouclier sanitaire», pendant du «bouclier fiscal»? Le dispositif consisterait à plafonner ce qui reste à charge du malade et qui pourrait être calculé en pourcentage des revenus.  L'ancien Haut commissaire aux solidarités actives explique:

A l'époque je n'avais pas réussi à convaincre qu'il fallait mettre en place le bouclier sanitaire. Si Alain Minc veut bien donner un coup de main, cela pourrait aider. D'autant plus que le bouclier sanitaire me semble plus que jamais utile. Utile pour mieux protéger les malades modestes

[Regarder l'intégralité de l'émission Parlons Net]

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Photo: capture d'écran

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