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Faut-il avoir peur du saumon transgénique?

Temps de lecture : 14 min

Il aura fallu vingt-quatre années pour que l'entreprise AquaBounty obtienne l'approbation de la Food and Drug Administration afin de proposer ce poisson génétiquement modifié à la consommation.

Les Américains et les Canadiens peuvent désormais manger du saumon OGM. | cottonbro via Pexels

 
Les Américains et les Canadiens peuvent désormais manger du saumon OGM. | cottonbro via Pexels  

En 2018, le saumon était le deuxième produit de la mer le plus valorisé dans le monde, derrière les crevettes, avec un marché d'une valeur totale de 16 milliards d'euros. Alors que 3,5 millions de tonnes de saumon ont été produites en 2019, on s'attend à ce que ce volume passe à 4 millions d'ici 2023. Cette croissance attendue est liée à une demande toujours plus importante des pays en développement. D'après l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le pourcentage de stocks de poissons pêchés de manière non soutenable est passé de 10% en 1974 à 34% en 2017.

D'après la FAO, la production de poisson issue de fermes d'aquaculture est en constante augmentation et a atteint 46% de la production en 2016-2018, alors que le niveau n'était que de 25% en 2000. Pour le saumon, c'est plus de 70% de la production qui est aujourd'hui assurée par l'aquaculture. Le rôle de l'aquaculture sera d'autant plus important dans les décennies à venir à mesure que le changement climatique mettra en danger les populations de saumons sauvages.

Aux États-Unis, la consommation de saumon est de 360 millions de kilos par an, soit à peu près 1 kilo par personne. Deux cent quatre-vingt-quatorze millions de kilos de ce poisson y sont importés chaque année, en provenance du Canada, du Chili et de Norvège. Le saumon doit son succès non seulement à son goût et sa facilité à cuisiner dans de très nombreux plats, mais également à ses nutriments: il est riche en acides gras oméga-3 et c'est une excellente source de protéines et de vitamine B12.

C'est dans ce contexte de demande croissante et de raréfaction des saumons sauvages, et alors que les inquiétudes écologiques des consommateurs sont toujours plus fortes, que l'entreprise AquaBounty s'apprête à sortir sur le marché américain son saumon appelé AquAdvantage®. Ce saumon a été génétiquement modifié afin de réduire fortement son temps de croissance pour arriver à maturité et également réduire ses besoins de nourriture.

Dès le mois d'avril, les consommateurs étasuniens pourront découvrir dans leurs magasins et restaurants le tout premier animal transgénique comestible à avoir obtenu toutes les autorisations nécessaires pour sortir sur le marché. L'histoire de ce saumon à la pointe de l'innovation a commencé… en 1989.

Histoire et bénéfices du saumon génétiquement modifié

Dans les années 1980, la recherche sur la modification génétique d'animaux connaît ses premiers balbutiements. En 1982, une expérimentation réussit à stimuler la croissance musculaire de souris grâce à l'insertion d'un gène supplémentaire d'hormone de croissance. Cette étude a inspiré la recherche dans ce domaine dans les années qui ont suivi. Ces études eurent plus ou moins de succès, avec certains animaux chez qui l'hormone de croissance avait un effet néfaste pour leur santé.

La modification génétique fonctionne néanmoins chez un animal: le saumon. En novembre 1989, le saumon dont est issu AquAdvantage® est créé pour la première fois par une équipe de recherche canadienne. En 1992, la première ligne de saumon AquAdvantage® transgénique est créée. Les membres de l'équipe de recherche utilisent alors un saumon atlantique auquel ils rajoutent un gène d'hormone de croissance issu du saumon chinook, ainsi qu'un promoteur issu de la Loquette d'Amérique afin de stimuler l'expression du nouveau gène. Les chercheurs notent dès 1992 que le procédé a pour effet de grandement réduire la période de croissance des saumons.

Cette croissance rapide est par la suite confirmée: les saumons AquAdvantage® atteignent la maturité en dix-huit mois, alors que les saumons traditionnels issus d'aquaculture en requièrent trente-six. Ces deux types de saumon grandissent eux-mêmes beaucoup plus vite que leurs cousins sauvages, qui peuvent prendre jusqu'à sept ans pour arriver à maturité. Ceci est notamment dû au fait que les saumons transgéniques peuvent grandir toute l'année. Comme l'explique la Dr Alison Van Eenennaam, chercheuse en génétique et biotechnologies animales à l'université de California-Davis: «Ce saumon a été conçu pour grandir continuellement tout au long de l'année plutôt que de ralentir la croissance pendant les mois d'hiver. Le saumon sauvage grandit généralement plus lentement à cause d'une rareté de nourriture pendant les mois les plus froids. Le saumon AquAdvantage® grandit dans des réservoirs et on lui fournit une alimentation adéquate pour qu'il puisse croître de manière constante.»

En outre, le saumon AquAdvantage® requiert moins de nourriture. D'après la Food and Drug Administration (FDA) en charge de son approbation, «le montant total de nourriture requise pour produire la même biomasse de poisson a été réduit de 25% chez le poisson génétiquement modifié».

Les caractéristiques de ce nouveau saumon atlantique permettent d'«améliorer le modèle économique de la production à l'intérieur des terres». C'est là le deuxième volet extrêmement novateur de ce poisson: à l'inverse de l'aquaculture classique de saumons qui se fait dans des enclos en mer, la production d'AquAdvantage® se fait dans des bassins artificiels à l'intérieur des terres. La première ferme de saumon transgénique se situe dans la ville d'Albany dans l'Indiana, aux États-Unis.

L'élevage de saumons dans des fermes aquacoles dans l'arrière-pays est une méthode qui paraît vertueuse pour de multiples raisons. En premier lieu, les saumons grandissent dans un environnement sain extrêmement contrôlé, sans risque de rencontrer des bactéries ou des virus. Aucun antibiotique n'est donc nécessaire pour leur production. En outre, la production se fait bien plus proche des lieux de consommation, sans nécessiter des transports longue distance par avion. Cela permet non seulement d'avoir des poissons plus frais pour les consommateurs, mais également de grandement minimiser l'empreinte carbone du produit.

D'un point de vue environnemental, comme toute ferme aquacole, la production du saumon AquAdvantage® a aussi l'énorme avantage de ne pas nuire aux populations sauvages de l'espèce. Enfin, ces fermes aquacoles à l'intérieur des terres permettent de créer de la richesse et des emplois locaux.

Vingt-quatre ans dans les méandres du processus d'autorisation

L'entreprise AquaBounty enclenche des discussions avec la FDA dès 1993 concernant son nouveau saumon. En 1995, elle dépose officiellement auprès du régulateur sa demande d'autorisation pour la commercialisation du saumon transgénique aux États-Unis. AquaBounty est alors le premier à soumettre une telle demande. Il n'existe à ce moment là aucun processus d'autorisation qui pourrait permettre à un animal transgénique comestible de sortir sur le marché américain.

Il faudra attendre 2009 pour que le Center for Vetenerary Medecine de la FDA publie son Guidance Document 187 qui détaille les éléments requis pour l'autorisation d'un animal transgénique. Entre-temps, de 1995 à 2009 l'entreprise AquaBounty conduit de multiples études dans l'espoir qu'elles répondront aux futures attentes de la FDA. En pratique, cette nouvelle politique de 2009 consiste à soumettre les animaux génétiquement modifiés aux modalités extrêmement strictes d'autorisation des nouveaux médicaments pour animaux. Pour pouvoir être commercialisé, tout animal transgénique requiert désormais un «new animal drug application» (NADA). Ce dernier consiste en un processus de sept étapes visant à examiner la sûreté de la modification génétique pour l'animal, la sûreté de l'utilisation de cet animal comme nourriture pour les êtres humains, les impacts environnementaux, ainsi que l'efficacité de la modification génétique vis-à-vis des performances annoncées.

«Le comité de la FDA n'a trouvé aucune preuve pour conclure que la modification génétique était dangereuse pour l'animal.»
Vetenerary Medecine Advisory Committee de la FDA

En septembre 2010, le Vetenerary Medecine Advisory Committee de la FDA offre ses conclusions qui servent de recommandation pour la décision finale du régulateur. La modification génétique n'a-elle pas d'effet néfaste pour la santé du saumon AquAdvantage®? «Le comité n'a trouvé aucune preuve dans les données pour conclure que l'introduction de la modification génétique était dangereuse pour l'animal.»

Peut-on être suffisamment confiant dans le fait que la consommation du saumon transgénique ne pose pas de risque pour l'être humain? «Le comité a jugé que les études sélectionnées pour évaluer cette question sont dans l'ensemble appropriées et un large nombre de résultats de tests ont établi des similarités et une équivalence entre le saumon AquAdvantage® et le saumon atlantique.» Le saumon AquAdvantage® arrive-t-il bien à maturité plus rapidement que son cousin conventionnel? «Le comité a trouvé des preuves qui appuient cette affirmation.» N'y a-t-il pas de risques que le saumon transgénique s'échappe dans la nature? «Bien que le comité ait reconnu qu'un risque d'une fuite d'une des deux installations ne pourrait jamais être nul, les multiples barrières des installations étaient très importantes.»

La certitude raisonnable d'une absence de danger pour l'environnement est confirmée en 2011 par deux autres agences américaines: le National Marine Fisheries Service et le US Fish and Wildlife Service. En 2012, le Center for Vetenerary Medecine de la FDA publie le «Draft environmental assessment» du saumon AquAdvantage®. Dans ce document de 159 pages, l'agence américaine évalue de nouveau et de manière extrêmement détaillée les dangers que pourraient poser le saumon transgénique pour l'environnement.

À propos des deux installations (celle de production des œufs et celle où les saumons grandissent), la FDA conclut que «les deux installations ont un minimum de trois à cinq barrières mécaniques en place pour tous les courants internes qui libèrent de l'eau dans l'environnement. Ce niveau de confinement est cohérent avec les recommandations des standards de performance de l'Agricultural Biotechnology Research Advisory Committee (ARBAC) et a été vérifié par une inspection de la FDA ou une visite du site. La FDA considère préalablement que la probabilité que le saumon AquAdvantage® puisse s'échapper de ces sites est très faible.»

En outre, dans l'optique très peu probable où les saumons s'échapperaient et arriveraient à atteindre l'océan, le risque pour les populations sauvages resterait négligeable: «Le saumon AquAdvantage® serait produit sous forme de poissons entièrement femelles et triploïdes. En tant que tel, ils seraient rendus parfaitement stériles.»

À la suite de cette évaluation, il faudra encore attendre novembre 2015 pour que la FDA donne son feu vert final au saumon génétiquement modifié. Il aurait alors pu commencer à être commercialisé, mais c'était sans compter sur la sénatrice Lisa Murkowski qui empêcha l'importation du saumon depuis le point de production des œufs au Canada.

En 2019, l'interdiction de l'importation est levée et les saumons peuvent commencer à grandir dans la ferme aquacole d'Indiana.

Deux poids deux mesures

En fin de compte, l'entreprise aura dépensé pas moins de 8,8 millions de dollars pour l'ensemble des activités requises pour faire approuver son saumon entre 1995 et 2019. Ces vingt-quatre ans et millions de dollars dépensés pour faire approuver ce poisson sont d'autant plus surprenants que depuis 1971 des éleveurs de saumon le modifient génétiquement via des programmes d'élevage sélectif, sans autorisation spécifique préalable nécessaire.

Ces programmes d'élevage sélectifs ont permis d'améliorer le taux de croissance du saumon de 10 à 15% par génération. Dans une étude de 2013, les chercheurs montrent que le saumon domestiqué atteignait une taille 3,42 fois plus grande que les saumons sauvages, après neuf à dix générations de sélection. Ces saumons sont immédiatement disponibles à la consommation sans aucune forme d'évaluation, malgré les profonds changements génétiques impliqués.

Depuis les années 1970, chaque année des centaines de milliers de ces saumons génétiquement modifiés par sélection s'échappent dans la nature. La différence de traitement légal est frappante entre les saumons dont le génome est modifié de manière profonde et aléatoire par élevage sélectif et le saumon AquAdvantage® dont les modifications génétiques sont précises, rigoureusement évaluées et très peu nombreuses.

Il est heureux que l'entreprise AquaBounty ait eu les poches suffisamment profondes pour permettre au saumon transgénique au moindre impact environnemental de devenir disponible à la vente pour les consommateurs américains et canadiens.

Tel ne fut pas le cas du porc transgénique Enviropig. Comme l'explique un article de National Geographic: «Comme tous les êtres vivants, les porcs ont besoin de phosphore dans leur nourriture, car l'élément joue un rôle clé dans la formation des os, des dents, les murs des cellules ainsi que dans une variété de fonctions cellulaires et d'organes. Les porcs aux États-Unis mangent principalement du maïs, tandis que ceux au Canada mastiquent des graines de céréales, y compris de l'orge. Mais le type de phosphore que produisent naturellement ces plantes est indigestible sans une enzyme appelée phytase, que les porcs n'ont pas. La plupart des éleveurs nourrissent leurs porcs de cette enzyme comme complément alimentaire. Mais le phytase ingéré n'est pas aussi efficace pour casser le phosphore que du phytase créé à l'intérieur du porc le serait, donc une partie conséquente de l'élément se fait expulser dans les déchets du porc. Ces déchets peuvent en retour faire leur chemin dans les réserves d'eau.»

AquaBounty aura dépensé 8,8 millions de dollars pour l'ensemble des activités requises pour faire approuver son saumon entre 1995 et 2019.

En 1999, des scientifiques de l'université de Guelph au Canada insèrent un gène issu de la bactérie E. Coli et de l'ADN d'une souris dans un porc qu'ils nomment Enviropig. Grâce à cette modification génétique, le porc devient capable de digérer le phosphore dans sa nourriture. Non seulement les éleveurs font des économies puisqu'ils n'ont plus besoin de nourrir les porcs de phytase, mais ces porcs transgéniques excrètent alors beaucoup moins de phosphore dans leurs matières fécales. Ce phosphore relâché dans la nature est nocif: il nourrit l'eutrophisation des écosystèmes aquatiques, ce qui «produit des efflorescences algales, des épuisements d'oxygène, des perturbations des réseaux de nourriture, la mort de poissons et animaux aquatiques, et la production accrue de gaz à effet de serre importants», expliquent les auteurs de l'étude canadienne.

En 2012, Ontario Pork, l'organisation d'éleveurs de porcs qui soutenait financièrement le projet, met fin à ce financement. Le projet est clos et les porcs créés sont euthanasiés. «J'avais le sentiment que dans sept, huit ou neuf ans les animaux transgéniques seraient probablement acceptables. Mais j'avais tort», explique alors le Dr Forsberg, professeur émérite de biologie moléculaire et cellulaire à l'université de Guelph et cocréateur du porc transgénique. «Il est temps d'arrêter le programme jusqu'à ce que le monde rattrape son retard. Et le monde finira par le rattraper.»

Un refus coûteux

Les États-Unis et le Canada ont fini par partiellement rattraper leur retard, respectivement en 2019 et 2016, avec l'autorisation à la vente du saumon AquAdvantage®. Quid de l'Europe? Aucune autorisation n'est en vue. D'après une «analyse approfondie» de l'aquaculture produite par le Service de recherche du Parlement européen en 2017, «si l'élevage du saumon transgénique devient ainsi une réalité outre-Atlantique, il faudra probablement attendre encore quelques années pour connaître la pénétration effective d'un tel produit sur le marché nord-américain et voir si cela permettra à ce type d'aquaculture de s'installer comme une réalité économique dans la durée. Le scénario du développement d'une offre de poissons transgéniques sur le marché européen à court et moyen terme est peu réaliste, ne serait-ce que si l'on considère la législation européenne applicable en la matière, et l'absence de présentation d'une telle demande à ce jour.»

N'y aurait-il donc pas de demande en Europe pour un saumon produit au plus près des consommateurs et donc à l'empreinte carbone minimale? On connaît la réticence des Européens vis-à-vis des plantes OGM. Appliquer ce même refus à l'égard des animaux transgéniques ferait passer l'Europe à côté de formidables solutions pouvant aider à répondre aux grands enjeux agricoles.

Nous avons déjà évoqué le bénéfice environnemental d'animaux tels que le saumon AquAdvantage® ou le porc Enviropig. D'autres travaux sur la modification génétique d'animaux ont par le passé visé à améliorer le bien-être animal. À titre d'exemple, des scientifiques cherchaient à lutter contre la mammite, une maladie des glandes mammaires qui touche particulièrement les femelles laitières telle que la vache. En 2005, ces chercheurs modifient génétiquement des vaches afin qu'elles exècrent la protéine antibactérienne lysostaphine dans leur lait, ce qui a pour effet de les protéger d'une infection par le staphylococcus aureus. Ce pathogène est une cause particulièrement problématique de la mammite. Le coût annuel de la mammite causée par le staphylococcus aureus est estimé à 3,9 milliards de dollars pour l'industrie laitière mondiale. Outre l'enjeu du bien-être, des modifications génétiques conférant aux animaux des résistances à des pandémies virales permettraient d'améliorer la sécurité alimentaire dans le monde, en particulier dans les pays en développement.

Enfin, d'autres travaux ont cherché à améliorer la santé et la nutrition humaine. Comme l'expliquent des chercheurs américains en science animale et génétique: «La diarrhée bactérienne, qui est responsable de plus de 2 millions de morts d'enfants chaque année dans les pays en développement, résulte de campylobacter, salmonelles, shigelles, et certaines souches de E. Coli. Des chèvres transgéniques qui expriment la protéine humaine lysozyme, une protéine antimicrobienne naturelle dans le lait maternel humain, ont été développées pour produire un lait avec durée de conservation améliorée et qui améliorerait la santé gastro-intestinale des chevreaux et des enfants. Des études in vitro et in vivo ont établi que le lait de ces chèvres a des propriétés antimicrobiennes, qu'il soit pasteurisé ou non, et que ce lait inhibe la bactérie E. Coli quand on le nourrit à des porcelets (qui sont un modèle non-ruminant pour les enfants). L'autorisation de ce produit pourrait contribuer significativement à la réduction de la faim et de la maladie

«Le scénario du développement d'une offre de poissons transgéniques sur le marché européen à court et moyen terme est peu réaliste.»
Service de recherche du Parlement européen

Cet exposé ne signifie aucunement que les modifications génétiques sont la réponse parfaite aux problèmes du monde agricole. «La modification génétique, ou toute autre approche, n'a pas besoin de complètement résoudre un problème pour valoir la peine», expliquent James Murray et Elizabeth Maga, professeurs de science animale à l'université de Californie. Les scientifiques invitent à se poser les questions suivantes: «Choisit-on de ne pas utiliser des porcs génétiquement modifiés et de maintenir des systèmes de production alimentaire moins durables qui nuisent à l'environnement tout en produisant des quantités inadéquates de nourriture pour la population croissante? Ignorons-nous les problèmes de santé humaine auxquels la modification génétique permet de répondre de façon unique en attendant, peut-être futilement, une solution plus conventionnelle sur une période de temps plus longue? De manière peut-être encore plus importante nous devons nous demander quels sont les risques, ou les coûts pour l'environnement, pour le bien-être animal et la santé humaine si les animaux génétiquement modifiés ne sont pas utilisés.»

James Murray et Elizabeth Maga concluent qu'«il n'y a aucun doute qu'il y ait un coût associé au fait de ne pas appliquer cette technologie en matière d'opportunités perdues pour contribuer à résoudre quelques-uns des problèmes majeurs auxquels fait face l'agriculture d'élevage et pour nourrir un monde croissant». D'après une étude publiée en février 2021, en partant du principe que l'adoption du saumon AquAdvantage® atteindrait 50% chez les éleveurs, le coût d'opportunité associé à un retard d'approbation de dix-huit ans pour ce saumon s'élèverait à pas moins de 25 milliards de dollars.

La disponibilité très prochaine du saumon transgénique sur les étals d'Amérique du Nord poussera-t-elle les législateurs européens à envisager une autorisation sur le Vieux continent?

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