Société / Monde

Les documentaires animaliers ou le monde à son meilleur

Temps de lecture : 2 min

[BLOG You Will Never Hate Alone] Rien de tel que le spectacle d'une baleine dans son élément naturel pour oublier les tracas de la vie quotidienne.

Le monde dans sa simplicité originelle. | Todd Cravens via Unsplash
Le monde dans sa simplicité originelle. | Todd Cravens via Unsplash

Certains, quand ils sont las du monde et de ses outrages, boivent à se renverser l'estomac. D'autres s'oublient dans des paradis artificiels ou disparaissent dans le sommeil. La plupart s'enfilent une série qu'ils finiront à l'aube, l'esprit embrouillé et l'âme vacante. Moi, quand pareille mésaventure m'arrive, lorsque je sens monter en moi cette fatigue de vivre que les anciens appelaient mélancolie, j'opte pour le plus radical des remèdes: une symphonie de Mahler ou un documentaire animalier voire les deux en même temps.

Je ne connais pas de spectacle plus réjouissant mais aussi de plus délassant. C'est comme si on assistait à la naissance des mondes. Des profondeurs marines aux déserts septentrionaux en passant par les forêts amazoniennes et les steppes subsahariennes, on découvre la splendeur d'un univers peuplé d'animaux en tout genre dont les comportements singuliers ne cessent de nous émerveiller. On rit, on s'étonne, on s'offusque, on détourne le regard, on écarquille grand les yeux, on s'épouvante et on finit par se demander comment le hasard pourrait être à l'origine de tant de beauté et d'inventivité.

Des plus gigantesques créatures aux plus minuscules moustiques, on reste ébahi par la façon dont chacun se conduit et se débat pour perpétuer sa race et protéger les siens. Leur lutte infatigable contre les éléments hostiles. Leurs efforts et leurs ruses pour éviter les mauvaises rencontres. L'âpreté et la fragilité de leur existence. Leur instinct de survie. Leur insouciance. Cette façon toute simple d'habiter le monde comme si ce dernier leur appartenait et où nous autres, êtres humains, ne serions là que de passage, simple nuisance qui bientôt aura disparu.

Et toujours cette même et sempiternelle question: qui donc hante ces créatures dont nous croisons le regard sans pouvoir dire s'il habite une intelligence quelconque ou si ce n'est que le simple reflet de la volonté et de l'habitude? Sont-ils ce que nous serons demain quand la vie nous aura désertés? Nous comprennent-ils seulement? Ont-ils quelque pitié de nous ou bien nous jugent-ils de race inférieure, des êtres méprisables qui passent leur temps à se mépriser et à se haïr les uns les autres?

Avachi sur mon canapé, j'en viens presque à les jalouser. La vie coule en eux dans ce mélange d'inquiétude et de tranquillité qui façonne leur existence. Si l'ennemi est partout, du moins il n'est jamais en eux. Nul ne viendra les emmerder pour leur proposer un forfait téléphonique révolutionnaire ou leur demander de déplacer leur bagnole qui empêche le voisin de se garer à sa place habituelle. Pas plus qu'ils n'auront à se soucier du devenir de leur assurance-vie ou de la hausse programmée de leur loyer.

Il leur faut juste trouver de quoi bouffer. Après quoi, à eux la grande vie. Sieste, roulades, promenades au programme. Le monde comme terrain de jeu. Les étoiles pour se repérer. La vie au grand air. Pas d'embouteillages ni de commérages ou de grandes gueules qui viennent vous dire comment il faut vivre. Rien. Ni dieu ni diable. Le silence de la nuit et les rêves sans fin où on festoie à s'en éclater la panse.

Je les regarde aller dans mon écran. Je crois que d'une certaine manière, je retombe en enfance, à cette période de la vie quand la moindre chose nous étonne. Qu'on s'émerveille de tout et qu'on rit pour un rien. Lorsque la vie est une perpétuelle fête foraine. Face au spectacle d'une baleine qui s'en va de son allure impériale silloner les océans, je me réconcilie avec le monde et je retouve quelqu'appétit à vivre. Quand tout s'achève, je me lève et vais à la cuisine. De nulle part, mon chat me saute au visage.

Il a faim.

Je lui sers ses croquettes.

Tu parles d'un animal!

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