Égalités / Santé

Le racisme climatique, ou quand nous ne sommes pas tous égaux face à la hausse des températures

Temps de lecture : 2 min

La population noire des villes américaines subit deux fois plus le changement climatique que les personnes blanches.

Aux États-Unis, la ségrégation raciale a aussi entraîné un racisme climatique. | Kelly Lacy via Pexels
Aux États-Unis, la ségrégation raciale a aussi entraîné un racisme climatique. | Kelly Lacy via Pexels

Ce n'est pas nouveau: la chaleur est moins supportable en ville qu'à la campagne. L'impact des bâtiments et des routes sur les températures porte même un nom: l'effet d'îlot de chaleur urbain. Le mélange de béton et d'asphalte attire et retient la chaleur, si bien que les zones urbaines sont plus chaudes que les quartiers alentour, de jour comme de nuit. Mais au sein même des villes, on constate souvent de fortes disparités entre les quartiers dotés d'arbres et d'espaces verts, où il fait plus frais, et les zones plus denses en habitations, où l'augmentation des températures est exacerbée. Une nouvelle étude, relayée par la BBC, révèle que ces différences provoquent ce qu'on pourrait appeler un racisme climatique aux États-Unis.

Cette étude montre qu'en moyenne, les personnes non blanches –Noires, Hispaniques ou tout individu ne s'identifiant pas comme Blanc– vivent dans des zones où les températures estivales sont nettement plus élevées que dans les quartiers habités par les Blancs. Ce phénomène concerne la majorité des grandes zones urbaines américaines. Les chercheurs ont notamment utilisé des données de température récoltées par satellites, en lien avec les informations démographiques du recensement. La situation est particulièrement inquiétante pour les Noirs: les scientifiques estiment qu'ils sont en moyenne exposés à 3,12°C de plus que la température normale, contre 1,47°C pour les Blancs qui vivent en ville.

Les conséquences de la ségrégation

D'après les experts, les causes de ce phénomènes sont historiques. Ces inégalités peuvent en effet s'expliquer par la ségrégation institutionnalisée dont ont été victimes les personnes de couleur aux États-Unis. Une étude plus ancienne avait déjà montré une corrélation entre les quartiers les plus chauds des grandes villes et la ségrégation raciale en terme de logement, qui remonte aux années 1930. Ainsi, les Afro-Américains vivent plus souvent dans des quartiers très goudronnés et qui disposent de moins d'espaces verts, ce qui renforce la chaleur ressentie.

Les conséquences de ce racisme climatique peuvent être dramatiques: la chaleur n'entraîne pas seulement une hausse de la mortalité, elle peut également provoquer des coups de chaleur, une perte de productivité au travail ou des troubles de l'apprentissage. «Notre étude contribue à fournir plus de preuves quantitatives sur l'existence du racisme climatique et environnemental», a déclaré la Dr Angel Hsu, de l'Université de Caroline du Nord-Chapel Hill, principale autrice de l'article.

Alors que les températures vont continuer à augmenter dans les prochaines décennies, le problème va sans doute empirer si rien n'est fait pour apporter des solutions. Pour les auteurs de l'étude, planter des arbres dans les zones les plus touchées pourrait réduire les températures estivales de 1,5°C. Au risque néanmoins d'augmenter la valeur des propriétés dans ces quartiers, et donc faire fuir les populations qui étaient censées bénéficier de ces améliorations.

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