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La CIA a le droit de tuer des inconnus

Temps de lecture : 2 min

Il est bien loin le temps où la CIA ne pouvait tuer que des suspects dont les noms apparaissaient sur une liste qui devait être approuvée par le haut commandement. Certes, la liste existe encore, mais au cours de sa dernière année de mandat, l'ancien président George W. Bush a donné la permission secrète à la CIA d'étendre les attaques aux personnes suspectes dont l'identité n'est pas connue.

L'actuel président américain Barack Obama a poursuivi et même rationalisé cette pratique pour que les agents utilisent l'analyse du «schéma de vie», autrement dit les informations récupérées grâce à des caméras de surveillance et des informateurs, pour trouver des cibles.

Cette permission secrète a joué un rôle primordial dans l'expansion du programme de drones de la CIA. Les drones, qui se concentraient auparavant sur l'assassinat de haut placés, effectuent désormais une «campagne d'assassinats par frappe aérienne de grande envergure à laquelle peu d'insurgés peuvent échapper, du moment que l'on considère qu'ils représentent un danger pour les Etats-Unis,» révèle le Los Angeles Times.

Aujourd'hui, les drones de la CIA effectuent plusieurs attaques par semaine, et les responsables ignorent souvent qui ils ont tué. En fait, l'agence en sait très peu sur la grande majorité des plus de 500 personnes qu'elle affirme avoir tué au cours des dernières années.

Certains insistent sur l'importance de pouvoir éliminer des menaces mobiles dans la lutte contre les organisations terroristes au Pakistan. L'an dernier, ils ont infligé à Al-Qaida et aux talibans plus de cinquante frappes mortelles. La confusion serait telle parmi les terroristes qu'ils seraient en train d'abandonner les montagnes pour se replier dans les villes pakistanaises, en espérant que les drones n'oseront pas s'y attaquer. Mais d'autres craignent que les assassinats d'individus dont on ignore l'identité augmentent les chances de tuer des civils innocents.

En attendant, la campagne d'attaques par drones ne fait qu'augmenter le ressentiment envers les Etats-Unis au Pakistan. Une des théories autour de l'attentat raté de Times Square est qu'il s'agirait d'une tentative de représailles suite à une de ces attaques.

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Photode Une: Démonstration du fonctionnement d'un drone à Denby, Reuters, août 2009.

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