Culture

En Chine, le retour de «Friends» sous le signe de la censure

Temps de lecture : 2 min

Quelques guest stars en ont fait les frais, tout comme les sujets LGBT+.

Lady Gaga n'apparaît pas dans la version chinoise de «Friends: The Reunion». | capture d'écran via YouTube
Lady Gaga n'apparaît pas dans la version chinoise de «Friends: The Reunion». | capture d'écran via YouTube

En Chine aussi, Friends a rencontré un franc succès. La série créée par Marta Kauffman et David Crane a même donné lieu à la création de cafés thématiques dans plusieurs grandes villes du pays, reprenant les codes du fameux Central Perk, où les six personnages principaux ont leurs habitudes.

Vingt ans après la fin de la série, les grandes retrouvailles de Jennifer Aniston, Matthew Perry et les autres étaient donc très attendues dans tout le pays... mais Friends: The Reunion a subi quelques menues coupes avant d'y être diffusé. Les scènes incluant des célébrités invitées sont les principales concernées: ni Lady Gaga, ni Justin Bieber, ni le boys band coréen BTS ne figurent par exemple dans le montage chinois. Les thématiques LGBT+ ont également été expurgées.

En fonction des plateformes de diffusion, le nombre de minutes manquantes (sur une centaine au total) semble différer (4 chez l'une d'elles, 6 chez une autre...), comme si chacune d'entre elles avait procédé à son propre montage. Aucune information officielle ne permet bien évidemment de savoir si ces coupes sont préventives (afin de ne pas contrarier les autorités du pays) ou si elles résultent d'ordres émis par la Chine.

Par le passé, les artistes ne figurant pas dans le montage final ont toutes et tous eu des soucis plus ou moins directs avec la Chine. C'est le cas de Lady Gaga, qui n'a plus le droit de visiter le pays depuis qu'elle a rencontré le Dalaï-lama en 2016. Elle avait alors été qualifiée de «séparatiste» par les porte-parole du gouvernement.

Quant à Justin Bieber, il ne peut plus se produire sur le territoire chinois depuis 2017, année au cours de laquelle il effectua une tournée dans le pays. Officiellement, la Chine lui reproche une «série de mauvais comportements», mais son bannissement serait aussi et surtout dû au fait qu'il ait visité le sanctuaire Yasukuni à Tokyo, consacré aux Japonais morts pour leur pays entre 1868 et 1951. Le fait de visiter ce lieu est considéré comme un affront par la Chine et la Corée.

Du côté du groupe sud-coréen BTS, les différends avec la Chine sont également d'ordre politique. L'an dernier, précise le New York Times, les membres du groupe s'étaient exprimés sur la guerre de Corée sans jamais évoquer les importantes pertes chinoises. Les fans du groupes sont également surveillé·es comme le lait sur le feu, Weibo (le Twitter chinois) suspendant régulièrement leurs groupes en raison de pratiques condamnables (cyberharcèlement, campagnes de financement participatif douteuses).

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