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Berlusconi, super ministre

Temps de lecture : 2 min

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«L'interim ne sera qu'une question de jours», selon Silvio Berlusconi, dans les colonnes de La Stampa. Le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, s'est lui aussi voulu rassurant estimant dans le Wall Street Italia qu'«il n'y avait pas conflit d'intêret» et que la «majorité n'est pas du tout divisée».

Que se passe-t-il donc en Italie? Silvio Berlusconi a annoncé un cumul des mandats insolite le jeudi 6 mai, décidant qu'il assumerait lui-même le poste de ministre du Développement économique. Ce portefeuille avait été laissé vacant après la démission de Claudio Scajola, un des politiciens impliqués dans la vague de corruption qui menace actuellement l'entourage du Cavaliere: les sénateurs Denis Verdini et Giuseppe Ciarrapico, fidèles au gouvernement, ainsi que Pietro Lunardi, ministre sous l'ancien gouvernement Berlusconi, sont également pointés du doigt.

Emporté par le scandale, Claudio Scajola a été contraint de démissionner mardi, comme le rapporte Lemonde.fr:

Il est l'un des bénéficiaires du système de corruption mis au point par un groupe d'entrepreneurs et de fonctionnaires. En échange de l'attribution de juteux marchés publics, ils offraient des faveurs aux personnalités politiques qui pouvaient leur être utiles. Faveurs sous forme d'aides pour l'achat d'appartements, la réalisation de travaux privés ou même des prestations sexuelles.

Si Silvio Berlusconi a salué «un ministre qui a le sens de l'Etat» lors du départ de Scajola, il n'a pas hésité longtemps avant de prendre sa place en plus de sa fonction de président du Conseil.

L'opposition, dont le chef de file est Pierluigi Bersani du Parti démocrate, a dénoncé un «carrousel étatique», selon le quotidien Argentin Pagina12:

Contrats secrets, fonctionnaires corrompus, argent illégalement transféré à l'étranger et blanchi avec l'appui des employés de justice.

Berlusconi plaide lui pour le «complot externe» qui aurait pour unique objectif de salir son image et celle de son gouvernement. Le soupçon de conspiration n'est néanmoins pas partagé par tout le monde, ni même par ses alliés. Le premier d'entre eux, Gianfranco Fini, est leader de l'Alliance nationale. Alors qu'il entretient une relation tendue avec Berlusconi depuis la montée de la Ligue du Nord au sein de la coalition gouvernementale, il a réfuté la prise de position conspirationniste du président du Conseil:

Je ne crois pas aux conspirations et je pense que le gouvernement doit fermement défendre la légalité.

[Lire l'article de La Stampa ici, celui du Wall Street Italia , celui du Monde ici]

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Photo: Silvio Berlusconi, le 28 mars 2010 à Milan. REUTERS/Alessandro Garofalo

À LIRE ÉGALEMENT: Les scandales ne suffisent pas à faire tomber Berlusconi, Berlusconi tiraillé par ses droites

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Cesare Martinetti

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