Santé / Monde

Ces gens qui veulent garder leur masque même s'il n'est plus obligatoire

Temps de lecture : 2 min

Pour beaucoup, il offre un répit inattendu face aux attentes sociales.

Certaines personnes considèrent même le masque comme un «bouclier». | Victor He via Unsplash
Certaines personnes considèrent même le masque comme un «bouclier». | Victor He via Unsplash

Le masque fait désormais partie de nos vies. Depuis plus d'un an, on le porte dans la rue, dans les transports en commun, au travail. Avec l'avancée rapide de la campagne de vaccination à l'échelle mondiale, les gouvernements se posent à présent la question de sa nécessité. En France, Olivier Véran, ministre de la Santé, espère que l'on pourra cesser d'en porter en extérieur cet été. Aux États-Unis, les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies ont annoncé, le 13 mai dernier, la possibilité de l'abandonner pour les personnes ayant reçu leurs deux doses de vaccin. Pourtant, beaucoup de citoyens américains ne se sentent pas prêts à franchir le pas. Et leurs raisons dépassent le simple cadre médical, indique NBCNews.

Jaz Johnson a 46 ans. Elle vit avec sa grand-mère de 95 ans dans le Missouri, aux États-Unis. Elle fait partie des 40% d'Américains entièrement vaccinés. Pour autant, elle ne veut en aucun cas abandonner son masque. Elle invoque, évidemment, sa volonté de rester en bonne santé, le masque limitant la propagation du Covid-19 mais aussi d'autres virus. Grâce à cette protection, Jaz Johnson dit avoir pu éviter les épisodes grippaux et la fièvre qu'elle attrape d'habitude chaque année. Mais elle avance aussi comme argument la possibilité de cacher ses émotions ou son mécontentement face à quelqu'un qui s'approcherait trop près d'elle. «Je suis quelqu'un qui n'arrive pas à mentir. C'est assez amusant, personne ne sait réellement ce que je pense», admet celle qui travaille en technologie informatique.

Un geste de soutien

Pour beaucoup, porter le masque devient alors un moyen de ne plus se plier aux attentes sociales. Il représente un répit face à une société qui nous obligerait à nous maquiller ou à se comporter d'une certaine façon. Cassidy, 35 ans, est un vétéran de la marine américaine. Il souffre de stress post-traumatique et d'agoraphobie. Pour lui, le masque est un «bouclier». «Je peux me comporter de manière plus contrôlée sans penser à ce que fait mon visage ou à ce quelqu'un pourrait percevoir de moi», explique-t-il à NBCNews.

Baruch Fischhoff, chercheur qui travaille sur la prise de décision à l'université de Carnegie Mellon, explique ce phénomène par une combinaison de facteurs.

Garder le masque peut être interprété comme un geste de soutien aux personnes qui ne peuvent pas encore se faire vacciner, comme les enfants. Il peut également être le signe d'une confusion, d'un doute «compréhensible», souligne le chercheur. N'est-il pas trop tôt pour le mettre de côté? Il explique que si certains ont pu être immédiatement rassurés après avoir reçu leurs deux doses, d'autres n'arrivent toujours pas à réaliser qu'ils sont à présent protégés. «Le sentiment de soulagement se construit petit à petit, à un rythme différent pour chaque personne», analyse Baruch Fischhoff.

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