Égalités / Santé

Pourquoi les Noirs américains sont de grands consommateurs de cigarettes mentholées

Temps de lecture : 12 min

Une interdiction de la FDA prévoit de stopper des décennies de dommages à la santé publique.

85% des fumeurs noirs américains consomment des cigarettes mentholées. | Sebastián León Prado via Unsplash
85% des fumeurs noirs américains consomment des cigarettes mentholées. | Sebastián León Prado via Unsplash

Il y a à peu près cinq ans, par une belle nuit d'été, je suis sortie et j'ai fumé ma dernière cigarette. Je venais de raccrocher le téléphone, après une conversation avec ma mamie, qui me rappelait que mon grand-père, un ancien fumeur, était mort d'un cancer du poumon. Ma mamie n'est pas une femme pessimiste en général, mais ce soir-là, elle était d'une humeur bien sombre. Elle m'a demandé solennellement ce que j'allais faire. Et moi, qui ne suis pourtant pas une petite-fille dévouée, j'ai abandonné mes habitudes de rebelle.

Ce n'était pas un mauvais choix. En fait, avant cette nuit où j'ai fumé ma dernière Marlboro mentholée, j'avais déjà envisagé d'arrêter. J'avais l'impression que fumer me rendait plus attentive mais j'étais toujours fatiguée et épuisée. Je ne pouvais pas monter une volée d'escaliers ou descendre le pâté de maisons sans être essoufflée. Et, ce qui est peut-être le plus inquiétant, je crachais chaque matin des sécrétions foncées, couleur cendre de cigarette. Pourtant, je continuais de fumer un demi-paquet par jour.

La fumée d'une cigarette emprunte le même chemin que l'oxygène dans votre corps. La fumée descend dans votre gorge et pénètre dans vos poumons. Les vaisseaux sanguins qui s'y trouvent l'absorbent assez rapidement, et les composants de la fumée sont pompés vers votre cœur avant d'être dirigés vers votre cerveau. Environ 15 à 20 secondes après avoir pris une bouffée, vous commencez à ressentir les effets de la nicotine.

«Votre cerveau reçoit rapidement un niveau élevé de nicotine, ce qui renforce l'accoutumance. Vous avez en plus la possibilité de décider de la dose, explique Neal Benowitz, professeur émérite de médecine à l'université de Californie à San Francisco et expert des conséquences biologiques du tabagisme. Nous savons en général que fumer une drogue est une façon très addictive de la consommer.»

«L'arôme de bonbon par excellence»

Je n'ai pas décidé consciemment de fumer des menthols. C'était juste ce que fumaient les gens autour de moi. J'ai essayé les cigarettes ordinaires, mais le goût désagréable du tabac était beaucoup plus perceptible et la fumée semblait plus épaisse, plus lourde. Tirer sur une cigarette non mentholée demandait plus d'énergie aux poumons. C'était comme inhaler du brouillard.

Aux États-Unis, le 29 avril, la FDA (Food and Drug Administration) a annoncé qu'elle prévoyait d'interdire les cigarettes au menthol qui ont été commercialisées en ciblant massivement et insidieusement les communautés noires. Une précédente interdiction fédérale à propos des additifs de saveur, adoptée en 2009, empêchait les fabricants de tabac de produire des cigarettes à la cerise, à la vanille, au clou de girofle, etc. Mais le menthol est resté légal.

Dès sa création, l'industrie du tabac a cherché des moyens de rendre ses produits plus alléchants. Un rapport du département de la santé de l'État de New York datant de 1888 indique que du sucre, de la réglisse, de la mélasse et de la glycérine ont été ajoutés au tabac à fumer et à chiquer dans l'espoir d'en améliorer le goût. Selon plusieurs scientifiques et médecins qui se sont entretenus avec Slate.com, ces additifs et arômes rendent la cigarette plus agréable, il est donc plus difficile de s'en défaire.

Le menthol est «l'arôme de bonbon par excellence, explique Phillip Gardiner, chercheur en santé publique et militant. Il aide le poison à être plus facilement absorbé. [...] Les maladies liées au tabac sont la première cause de mortalité chez les personnes noires. Les cigarettes mentholées et les cigares aromatisés en sont le principal vecteur.»

Des pubs pour la marque de cigarettes Kool. | Stanford Research Into the Impact of Tobacco Advertising

Il y a plus de 7.000 produits chimiques dans la fumée de cigarette. Certains d'entre eux peuvent entraîner des lésions pulmonaires ou des problèmes cardiaques, qui peuvent être fatals dans certains cas. Le tabagisme augmente également le risque d'athérosclérose et de coagulation du sang, et empêche les vaisseaux sanguins de se dilater normalement. Il prédispose au diabète et peut avoir des effets néfastes sur le cholestérol.

Fumer peut provoquer des maladies cardiaques prématurées, des morts subites, des accidents vasculaires cérébraux, des cancers du poumon, du rein, de la vessie, de l'œsophage, du foie et des leucémies, pour n'en citer que quelques-uns, ainsi que des maladies pulmonaires obstructives chroniques. Pour les femmes enceintes, il y a un risque accru d'infections, en particulier pulmonaires, de naissance prématurée, de mortinatalité et de mort subite du nourrisson. Des augmentations du cancer du poumon corrélées à une hausse du tabagisme ont été observées dès les années 1880, explique Suzaynn Schick, professeure de médecine à l'UCSF de l'université de Californie à San Francisco.

Bien qu'ils fument en général moins de cigarettes par jour, les fumeurs noirs sont plus susceptibles de mourir de maladies liées au tabac.

Si le menthol n'a pas d'effet direct sur les niveaux de nicotine, il rend la fumée de cigarette plus facile à inhaler en masquant son âpreté. Il stimule également les récepteurs du froid, agit comme un anesthésique, augmente la salivation, permet une inhalation plus profonde, ralentit le métabolisme de la nicotine et augmente la quantité de nicotine absorbée par les tissus qui tapissent la bouche.

Bien qu'ils fument en général moins de cigarettes par jour et qu'ils essaient plus fréquemment d'arrêter de fumer, les fumeurs noirs sont plus susceptibles de mourir de maladies liées au tabac et ont tendance à présenter dans leur organisme des taux plus élevés de cotinine, un métabolite formé après la pénétration de la nicotine dans l'organisme, ce qui dénote une exposition récente à la fumée de cigarette.

Cette différence de mortalité ne serait pas due à des différences biologiques innées mais à un certain nombre de facteurs sociaux, notamment la mauvaise qualité des soins de santé, les diagnostics tardifs, l'apathie des soignants, le racisme médical et les différences de comportement en matière de tabagisme. (Par exemple, explique Schick, certains retiennent la fumée plus longtemps parce qu'ils peuvent consommer moins de cigarettes.)

Distribution de cigarettes gratuites

Alors que 85% des fumeurs noirs optent pour les cigarettes mentholées, une étude a révélé que 44,5% tenteraient d'arrêter de fumer si l'additif aromatique était interdit. D'une manière générale, le désir d'arrêter de fumer est plus élevé chez les personnes interrogées noires, mais elles ont cependant plus de mal à arrêter de fumer –ce qui est probablement dû à l'accès limité aux programmes de sevrage tabagique, à l'absence d'interdiction de fumer dans les lieux publics, aux niveaux de stress plus élevés et à l'abondance de publicités dans les communautés noires. Certaines recherches suggèrent que les menthols sont également plus difficiles à arrêter en raison des effets physiques et psychologiques de l'arôme.

«Il y a plein de gens qui fument pour réduire le stress», regrette Lincoln Mondy, qui a créé Black Lives/Black Lungs, un court-métrage sur le rôle de l'industrie du tabac dans les quartiers à prédominance noire.

«Ce dont nous ne parlons pas assez, c'est de l'ampleur des traumatismes et du stress que subissent nos communautés et de la nécessité d'une approche holistique de la santé, ajoute-t-il. Nous avons besoin de stratégies de santé publique proactives, mais il est évident que nos communautés, qui ont tellement de choses à traverser –en particulier, celles à faible revenu, noires et latines– cherchent un peu de soulagement.»

L'industrie du tabac l'a bien compris. Lors de l'âge d'or du secteur, au milieu du XXe siècle, les entreprises distribuaient des cigarettes gratuites dans les communautés noires. Aujourd'hui, les cigarettes mentholées sont moins chères dans les quartiers où la population de résidents noirs est élevée. «Quand vous additionnez tout cela, plus le marketing ciblé, dit Gardiner, il n'est pas étonnant qu'énormément de décès d'Afro-Américains soient dus aux maladies liées au tabac.»

Un meilleur style de vie

Dans les années 1950, l'industrie du tabac était tellement implantée dans la culture américaine qu'il était perçu comme bizarre de ne pas fumer. À la fin de cette décennie, les géants de l'industrie ont commencé à encourager les marchés sous-développés, ce qui a donné le coup d'envoi d'un vaste effort concerté pour inciter les Noirs à consommer des cigarettes mentholées. Au début des années 1960, Brown & Williamson, une compagnie de tabac, qui a ensuite fusionné avec R.J. Reynolds, a mené une étude avec des panels de consommateurs et découvert que les fumeurs noirs étaient plus influencés par la publicité télévisée que leurs homologues blancs. Ils y ont donc consacré une part importante de leur budget publicitaire.

«Ils ont commencé à diffuser des publicités dans les années 1960 avec des athlètes noirs, notamment Elston Howard des New York Yankees, Willie Mays, Hank Aaron, qui vendaient ces produits, rappelle Gardiner, qui a rédigé une étude complète sur ces ciblages publicitaires de l'industrie du tabac. Nous sommes en plein dans le mouvement des droits civiques. La marche sur Washington a eu lieu en 1963. L'attentat à la bombe contre l'église de Birmingham a eu lieu en 1963. Et voilà que, la même année, Elston Howard vend des cigarettes à la télévision nationale.»

Des publicités pro-tabac qui mettent en avant la culture noire américaine. | Stanford Research Into the Impact of Tobacco Advertising

Dans une publicité que m'a montrée Robert Jackler, médecin et expert en marketing du tabac, l'Institut du tabac (aujourd'hui disparu) dévoile le slogan «Remember the man, remember the dream» [Souvenez-vous de l'homme, souvenez-vous du rêve] faisant référence à Martin Luther King Jr. D'autres publicités, provenant pour la plupart de magazines comme Ebony et Jet, employaient des sosies à la peau plus claire d'acteurs et de musiciens noirs célèbres.

La majorité de ces publicités font appel à un marketing aspirationnel, analyse Jackler qui a rassemblé près de 60.000 publicités pro-tabac. Leur discours insinue que fumer vous permettra de vous connecter à vos semblables et d'avoir un meilleur style de vie. Une rhétorique qui a particulièrement bien fonctionné sur les adolescents, qui voulaient ressembler aux mannequins cools d'une vingtaine d'années des publicités. Selon les recherches de Gardiner, pour les jeunes, les menthols étaient «fraîches et modernes», et paraissaient plus saines que les cigarettes non mentholées.

Les pubs pour le tabac ont ainsi suivi l'évolution de la culture noire au fil du temps. Dans les années 1970, les entreprises ont diffusé des campagnes mettant en scène des modèles noirs portant de larges afros, faisant écho à l'ère de la Blaxploitation et au style de personnalités politiques noires de premier plan. Selon les enquêtes de l'industrie citées dans les recherches de Gardiner, les personnes qui fumaient des cigarettes Kool étaient perçues par leurs pairs noirs comme étant courageuses, audacieuses, dures et ambitieuses. Certains slogans imitaient même les chansons populaires de l'époque.

«Ces mêmes qualités constituaient l'éthique du mouvement de libération afro-américain qui s'attaquait aux principaux vecteurs de la ségrégation et exigeait des logements équitables, l'égalité des chances en matière d'emploi et d'éducation, et la fin de la brutalité policière», écrit Gardiner dans son article.

Le racisme systémique tue

Dans les années 1990, les publicités montrent le tabagisme comme une habitude à la mode, sexy, et exclusif, avec une esthétique évoquant Sex and the City ou n'importe quelle émission que vous ne pouviez pas regarder gratuitement à la télé. Aujourd'hui, les fabricants de tabac suivent le mouvement de la société vers la culture du bien-être, en vantant les mérites des «cigarettes à base de plantes» –alors que le tabac est littéralement une plante.

Les fabricants ont également versé de l'argent à des institutions noires et ont établi des relations avec elles. Une manière insidieuse de se rapprocher de ces communautés et de réduire les risques qu'elles soulèvent la moindre inquiétude en matière de santé.

Par ailleurs, le lien entre cigarette mentholée et communauté afro-américaine fait craindre, à juste titre, que son interdiction ne conduise la police à cibler les consommateurs plutôt que les revendeurs. Une lettre ouverte adressée à l'administration Biden, au caucus noir du Congrès, aux bureaux de l'Union américaine pour les libertés civiles (ACLU), à la Drug Policy Alliance et à d'autres organisations de défense des droits civiques, prévient qu'une interdiction pourrait «conduire à des mesures policières inconstitutionnelles» et «déclencher des sanctions pénales».

Des sanctions sévères sont déjà imposées aux personnes qui s'adonnent au trafic illégal de tabac. Il n'est alors pas impensable de voir la police s'appuyer sur la vente non autorisée de cigarettes pour provoquer une énième interaction inutile et potentiellement mortelle avec une personne noire. Et même si la FDA a déclaré que les individus ne seraient pas visés par d'éventuelles interdictions, promettant que l'accent serait mis sur les fabricants, tout cela interroge.

Avant que la loi contre les additifs ne soit votée en 2009, le caucus noir du Congrès était divisé sur le choix d'y inclure le menthol. Mais à l'époque, l'industrie du tabac était l'un des principaux donateurs de l'organisation, et Philip Morris acceptait de soutenir le projet de loi seulement s'il ne concernait pas les menthols.

«Il devrait y avoir une décriminalisation de tous les produits du tabac commerciaux, point final.»
Gardiner, chercheur en santé publique

À l'heure où il devient socialement moins acceptable de fumer et que des mesures de santé publique sont prises, Big Tobacco redore son blason en finançant des groupes de lutte contre le tabagisme. Certains géants de l'industrie, après avoir ciblé les Noirs pendant des décennies, essaient même de faire croire qu'ils sont conscients du racisme systémique –récemment, le géant du tabac R.J. Reynolds a utilisé la mort d'Éric Garner, causée par un policier à New York, pour dénoncer une proposition d'interdiction des cigarettes mentholées dans la ville.

Selon les estimations de Gardiner, soixante-cinq interdictions de cigarettes mentholées sont actuellement en vigueur aux États-Unis: «L'interdiction ne provoquera pas plus de rapport entre la police et les fumeurs de menthols qu'avec les autres. Pas une seule personne n'a été arrêtée pour possession d'une cigarette mentholée. Aucune loi, au niveau local ou au niveau de l'État, ne s'intéresse à la détention individuelle.»

Pour le chercheur en santé publique, «il devrait y avoir une décriminalisation de tous les produits du tabac commerciaux, point final. Là, il s'agit simplement de restreindre la production, la fabrication, la vente en gros et au détail [des cigarettes mentholées]. Cela n'a rien à voir avec la détention.»

À ceux qui s'inquiète d'un marché noir, Gardiner recommande d'abord de regarder du côté des fabricants. «Essentiellement, là où le marché noir fonctionne, c'est au Kentucky, au Tennessee, en Caroline du Nord et en Virginie. Justement là où se trouvent les fabricants. Alors comment les produits passent-ils du fabricant qui a interdiction de les commercialiser au marché noir?»

Des publicités Winston et Newport. | Stanford Research Into the Impact of Tobacco Advertising

Une dépendance profonde

J'ai encore des envies de nicotine, mais travailler sur ce sujet a déclenché quelque chose en moi. Je me suis surprise à me demander ce qui pourrait me pousser à acheter un paquet de cigarettes et si je pouvais m'empêcher de replonger si je tirais seulement une taffe. Benowitz m'a expliqué que ce que le tabagisme fait au corps humain est aussi puissant au niveau psychologique que physiologique.

Lorsqu'une personne fume des milliers de fois, son cerveau génère de nouveaux circuits cérébraux qui fonctionnent de manière similaire aux circuits de la mémoire. Des études sur les animaux ont montré que ces circuits subsistent des mois, voire des années plus tard, d'où le risque de rechute longtemps après l'arrêt du tabac. (Bien que, selon Benowitz, le risque de rechute est le plus élevé au cours de la première année.)

«La nicotine agit parce qu'elle imite les effets de l'acétylcholine, qui est le neurotransmetteur naturel et le plus répandu dans l'organisme et qui transmet l'information d'une cellule à l'autre», a-t-il expliqué.

L'acétylcholine est impliquée dans le fonctionnement de presque tous les organes, ce qui signifie que la nicotine pourrait avoir des effets sur le corps entier. Dans le cerveau, la nicotine agit surtout pour libérer d'autres neurotransmetteurs, comme la dopamine (plaisir), la noradrénaline (excitation et suppression de l'appétit), le glutamate (apprentissage et mémoire), les opiacés endogènes et la sérotonine (modulation de l'humeur). Et lorsqu'une dépendance est liée au plaisir, comme une saveur ou une tasse de café, l'addiction n'en est que plus forte.

Il pourrait s'écouler des années avant que l'interdiction du menthol ne soit promulguée. L'industrie du tabac pourrait également intenter un procès et perturber le processus. Dans l'intervalle, les docteurs Gardiner et Mondy ont tous deux insisté sur la nécessité d'investir dans des programmes de désaccoutumance bien financés, accessibles, adaptés... La cigarette crée une dépendance profonde, et une interdiction, même si c'est un bon début, ne suffira pas.

«Tout le travail que nous avons accompli au niveau local et au niveau des États pour mettre en place des interdictions doit se poursuivre, car le gouvernement fédéral va mettre des années à s'occuper de cette question, a déclaré Gardiner. En attendant, de nombreuses vies vont être perdues. Nous devons nous attacher à sauver la vie des personnes noires.»

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