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En Birmanie, le corps d'un poète arrêté rendu à sa famille avec des organes manquants

Temps de lecture : 2 min

Khet Thi serait mort à la suite d'un interrogatoire de l'armée.

Des manifestants font le salut à trois doigts lors d'une manifestation contre le coup d'État militaire dans le centre de Yangon, le 6 mai 2021. | STR / AFP
Des manifestants font le salut à trois doigts lors d'une manifestation contre le coup d'État militaire dans le centre de Yangon, le 6 mai 2021. | STR / AFP

La répression menée par la junte en Birmanie est chaque jour plus sanglante. Plus de trois mois après le coup d'État militaire et l'arrestation d'Aung San Suu Kyi, les manifestations se poursuivent dans le pays et, avec elles, les arrestations. Reuters rapporte notamment le cas du poète birman Khet Thi, interrogé par les forces de l'ordre le samedi 8 mai, et dont la dépouille aurait été restituée à sa famille avec des organes manquants.

Selon l'épouse du poète, tous deux ont été interrogés le même jour par l'armée dans la ville de Shwebo, au centre-nord de la Birmanie. Seule la femme est sortie de l'interrogatoire et il a fallu attendre le lendemain pour que cette dernière ait des nouvelles de son mari. La police l'a en effet contactée pour lui dire qu'elle trouverait Khet Thi à l'hôpital de Monywa, une ville plus au sud.

«Je pensais que c'était juste pour un bras cassé ou quelque chose du genre... Mais quand je suis arrivée ici, il était à la morgue et ses organes internes avaient été prélevés», a expliqué la femme à l'antenne birmane de la BBC.

L'Association pour l'aide aux prisonniers politiques (AAPP), une ONG locale qui recense entre autres les exactions commises par les forces de sécurité dans le pays, a déclaré que le poète a succombé à l'hôpital des suites des tortures qu'on lui a infligées au centre d'interrogatoire. Reuters n'a cependant pas pu se rendre à l'hôpital pour recueillir plus d'informations.

Khet Thi avait ouvertement montré son opposition aux exactions commises par les militaires depuis le coup d'État du 1er février 2021. «Ils tirent dans la tête, mais ils ne savent pas que la révolution est dans le cœur», avait-il notamment écrit selon le Guardian, qui précise qu'il n'est pas le premier poète à perdre la vie dans la violente répression de l'armée.

780 civils tués

Un triste chiffre est tombé au début du mois de mai: près de 780 civils sont morts sous les balles des forces de sécurité birmanes ces trois derniers mois, tandis qu'environ 3.800 personnes sont actuellement en détention, rapporte l'AAPP.

De son côté, la junte, qui n'hésite pas à tirer sur les foules, affirmait il y a quelques jours que le nombre de morts parmi les manifestants s'élève à 258. Outre les nombreux décès, des dizaines de milliers de civils ont été déplacés, que ce soit au sein du pays ou vers des territoires voisins, d'après l'ONU.

Malgré tout, les manifestations continuent dans plusieurs villes du territoire. Le 2 mai, ils étaient des milliers à protester à travers différentes régions de Birmanie en appelant à un «printemps révolutionnaire».

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