Surpopulation: phobie démographique
La planète a beaucoup de problèmes, mais pas celui de la surpopulation.
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Depuis sa publication en 1798, l'Essai sur le principe de population de Thomas Robert Malthus est le livre de référence de tous les millénaristes et Cassandre autoproclamés qui nous prédisent famines et fléaux en cascade. Les thèses malthusiennes et les angoisses de surpopulation avaient même retrouvé une belle fraîcheur en 1968, avec le best-seller La Bombe P [The Population Bomb]. Plus récemment, Jeffrey Sachs, économiste à l'université Columbia, a eu recours au vieux pasteur anglais pour expliquer l'état dramatique du continent africain, tandis que Niall Ferguson, historien à Harvard, s'en remettait à sa pensée pour pronostiquer 20 années de souffrances mondiales à venir. Et la dernière crise alimentaire, qui a plongé plus de 100 millions de personnes dans la pire des pauvretés, a élevé Malthus au rang d'oracle de Delphes ou de Nostradamus.
Pourtant, malgré une notoriété qui a traversé les siècles et qui semble même revigorée aujourd'hui, Malthus s'est trompé, et depuis le début. Il s'est trompé sur l'avenir de son pays natal, comme sur l'avenir du reste du monde.
La thèse principale développée dans son Essai sur le principe de population est frappante de radicalité condescendante: les ressources peuvent être produites dans la limite des terres disponibles, et la plèbe n'a de cesse de procréer tant que cette limite n'est pas atteinte. La population se voit ainsi condamnée à une économie de subsistance, avec un taux de natalité qui frise celui de la mortalité quand la nourriture se fait rare. Le seul moyen de briser ce cercle vicieux, conclut Malthus, est de réduire la population. Aider les pauvres ne fait que créer plus d'indigents.
Du vivant de Malthus, la quantité de terre disponible a cependant cessé d'être la variable suprême de la capacité de production: on a commencé à faire beaucoup plus dans beaucoup moins d'espace. En 1820, la production mondiale était inférieure à l'actuel Produit intérieur brut (Pib) de la Corée-du-Sud, nous a appris l'économiste britannique Angus Maddison. Depuis 1950, la production agricole mondiale a triplé, tandis que le Pib mondial a été multiplié par huit. Sur 140 pays étudiés par Maddison entre 1950 et 2000, tous ont accru leur production, et seuls quatre l'ont moins que doublée; 88% ont augmenté leur revenu par habitant (adieu, économie de subsistance), et aucun n'a vu sa population diminuer. Naturellement, tout ce beau monde ne se nourrit pas de la production de biens et de services, principal moteur de la croissance du Pib. Mais l'argent généré permet d'accéder à un marché agricole mondial qui représente aujourd'hui 600 milliards de dollars [environ 450 milliards d'euros].
Quant aux coutumes procréatives des miséreux, John Stuart Mill notait déjà au milieu du XIXe siècle qu'en Europe de l'Ouest, les revenus augmentaient alors que la croissance démographique se tassait de façon bien peu malthusienne. La tendance s'est ensuite confirmée dans le reste du monde. Entre 1960 et 2000, sur 187 pays pour lesquels nous disposons de données, le taux de fécondité a baissé dans 183 d'entre eux, avec un fléchissement moyen de 42%. Les progrès en matière d'hygiène infantile ont fortement contribué à réduire le nombre d'enfants par femme - or, Malthus doutait qu'une moindre mortalité infantile puisse permettre d'échapper au piège de la subsistance.
Mais quid de l'avenir? Malthus ne pourrait-il pas avoir le dernier mot? Rien n'est moins sûr. Si le prix des denrées alimentaires a flambé ces deux dernières années, ce n'est pas parce que nos capacités de production ont atteint leurs limites et que la famine menace de revenir. Cette hausse des prix s'explique en grande partie par la politique de subventions que mènent les États-Unis pour détourner chaque année plus de 80 millions de tonnes de maïs vers la production d'éthanol, a calculé Donald Mitchell, économiste à la Banque mondiale. Et bien qu'avec 6,8 milliards de personnes, nous soyons aujourd'hui neuf fois plus nombreux sur la planète qu'à l'époque de Malthus, les experts estiment que nous pourrions être encore deux fois plus sans que la nourriture vienne à manquer. En outre, on dénombre actuellement 1,6 milliard de personnes en surpoids, soit beaucoup plus que le milliard de sous-alimentés. Et la baisse de la fécondité observée dans le monde entier suggère, n'en déplaise à Malthus, qu'aider les pauvres permet bel et bien de réduire le nombre de personnes souffrant de malnutrition.
Ces derniers temps, la pensée malthusienne est venue à la rescousse des hérauts du développement durable. Pour reprendre les termes de l'auteur de La Bombe P, Paul Ehrlich : «Il faut surtout se soucier de l'explosion démographique à cause de (...) l'impact qu'elle aura sur les écosystèmes qui sous-tendent la civilisation.» Malthus considérait que pour résoudre les problèmes de la planète, il fallait empêcher les pauvres de se reproduire. Mais quand on pense en terme de surconsommation, la solution n'est absolument pas là. À l'échelle du monde, les 10% des plus pauvres ne récupèrent que 0,6% des richesses; la population de l'Afrique subsaharienne n'est responsable que de 2% des émissions mondiales de CO2. Pour lutter contre le changement climatique au moyen de la limitation des naissances, oublions donc le Niger et le Mali. La vasectomie devrait en premier lieu être réservée à Donald Trump et à ses acolytes fortunés du classement Forbes.
Malthus n'a pas eu que de mauvaises idées. Il croyait par exemple que les libertés civiques et l'éducation étaient essentielles à l'amélioration du sort des pauvres. Et malgré leur logique défaillante, les malthusiens contemporains tel Jeffrey Sachs promeuvent des politiques constructives, comme un accès sûr et efficace aux moyens contraceptifs (ce que la morale de Malthus aurait réprouvé). Reste qu'en aspirant à ce meilleur des mondes, le malthusianisme a tout faux. Si désastre imminent il y a, si notre prise de conscience est nécessaire face aux maux qui nous menacent, ceux-ci n'incluent pas les ruminations deux fois centenaires d'un lugubre pasteur britannique.
Charles Kenny
Traduit par Chloé Leleu
LIRE EGALEMENT: L'homme peut s'adapter au changement climatique.
Photo: Quadruplets à Sumatra en Indonésie / Reuters
Mis à jour le 10/05/2010 à 6h23













































Je ne sais pas qui est Charles Kenny, mais il devrait relire ses classiques avant d'écrire n'importe quoi. En l’occurrence: "The Limits to Growth" de Meadow, Meadows et Randers.
Ce livre nous apprend que la croissance démographique est exponentielle alors que la Terre est un système aux limites finies. Il y donc forcément un problème... D'ailleurs, comme le montre les auteurs, prouvé par le fait qu'en dépit de l'amélioration des rendements agricoles, la quantité de nourriture disponible pour chaque habitant a atteint un pic à la fin du siècle dernier et depuis a commencé à décroitre...
" La planète a beaucoup de problèmes, mais pas celui de la surpopulation."
Ce n'est peut être pas un problème pour la planète, mais c'est un problème tout de même. A partir du moment ou 2 hommes sont sur terre, que font-ils ? Ils se battent. Alors penser à arrêter de procréer pour arrêter de se taper sur la gueule, ce serait peut être pas plus mal.
J'exagère un peu bien sûr, mais j'espère que l'homme et la femme sont une étape dans l'évolution vers "quelque chose" moins abject parce que sinon augmentation de population continuera de rimer avec augmentation de conflits et de violences.
Ou alors, il faudra que seule la population des femmes augmente ?
;-)
Ecrire un pareil commentaire juste le lendemain du jour où la France entière est prise à témoin que trois méchantes filles se sont ruées sur une pauvre chauffeuse de bus pour lui rectifier le portrait, sous les yeux exorbités de sa fillette, du côté de Tremblez-en-France, c'est vraiment pas de chance !
... plus ils deviennent agressifs (voir les expériences de BF Skinner) et les humains n'ont aucune raison de se montrer différents, si ce n'est qu'ils sont pires (Staline, Hitler, Pol Pot, le Rwanda, la Yougoslavie....) et maîtrisent, hélas, les armes de destruction massive!!
@pascalgaulin
Nan tu as tout faux, la croissance demographique n est pas exponentielle loin de la...
Les rendements ont ete largement demultiplie depuis 50 ans. Le soucis est qu une partie depuis une dizaine d'annee est bascule vers du "bioethanol" par exemple.
Le problème n est pas de nourrir la population mondiale, on pourrait gérer le doublement de la population, le véritable soucis est la spéculation (encore elle!;)) et la répartition.
Quand des aliments us ou européens (merci les subventions) arrivent à être vendus moins cher en Afrique que des aliments produits localement, on marche sur la tête.
On bloque le développement économique d'une partie de ce continent
Pour finir la tendance actuelle est un ralentissement net et bientôt une stabilisation de la population mondiale autour des 10 milliard à contrario des prédictions de fin du monde que l'on mettait en avant dans les années 90.
Plus de développement, un niveau de vie plus élevé et plus de d'éducation conduisent à un nombre d'enfant restreint par femme et cela sur toute la planète.
Les deux véritables soucis sont la répartition et surtout la protection de l'environnement mais pas la surpopulation.
Tous ceux qui disent que la population augmente de façon exponentielle se trompent: pour preuve ils n'ont justement qu'à regarder la décroissance des taux d'accroissement naturel dans TOUTES les régions du monde, pour ne pas mentionner des régions déjà en décroissance démographique comme l'Allemagne où je vis.
En fait, selon les estimations de l'ONU (je sais ce ne sont que des estimations mais elles donnent la tendance), la population atteindrait son pic aux alentours de 2050. Après elle stagnerait ou commencerait une légère décroissance. En bon matheux, je vous rappelle que ceci n'a rien d'exponentiel.
Cependant, c'est vrai qu'avec les modes de vies et technologies actuels, la planète subviendrait difficilement aux besoins de 7 milliards d'Américains. Ceci impose donc une prise de conscience générale et un changement de civilisation couplé à un dynamique progrès technique. Cela ne nécessite nullement de brandir des menaces de populations galopantes.
Quant au second commentaire "2 c'est déjà trop", moi j'aurai tendance à espérer que l'humanité se fera moins de guerres et pas qu'elle soit rapidement supplanté par autre chose.
« Pour lutter contre le changement climatique au moyen de la limitation des naissances, oublions donc le Niger et le Mali. La vasectomie devrait en premier lieu être réservée à Donald Trump et à ses acolytes fortunés du classement Forbes »
Pour apporter de l’eau au moulin de l’auteur de cette phrase, on se penchera sur la situation de la république du Niger, pays Africain dont la population, qui était de 2 millions d’habitants à l’indépendance en 1960, dépasse aujourd’hui 13 millions d’habitants, soit une multiplication par 6,5. A titre de comparaison, si la France avait connu un pareil dynamisme, elle serait aujourd’hui peuplée de plus de 300 millions d’habitants.
Et il reste de la place au Niger, puisque sa superficie est de 1, 2 millions de Km2. Pour la densité actuelle de la France, il pourrait héberger jusqu’à 130 millions d’habitants, soit dix fois plus qu’aujourd’hui. Notons hélas que les prévisions démographiques pour 2050 sont de seulement 50 millions d’habitants, soit, alors, moins de 40 % de la densité actuelle de la France ! C’est bien peu.
Pour rester en 2010, avec 13 millions d’habitants, cela ne fait que 10 habitants par Km2, contre plus de 100 en France. Etonnez vous après que plus de 80 % du pays soit désertique…
Quel gâchis !
Les principaux problèmes de ce grand pays, placé encore aux derniers rangs dans pratiquement tous les classements internationaux, viennent de sa sous population, elle-même attribuable au malthusianisme du colonisateur Français, conjugué à la saignée de la traite esclavagiste. Deuxième producteur mondial d’uranium, doté de ressources en or, pétrole, charbon, sans parler de ses ressources touristiques, le Niger serait prospère, en dépit de sa faible démographie, s’il n’était mis au pillage par le capitalisme international, Areva et tous les autres affreux des industries minières, nucléaire, pétrolière…
Le pays dispose heureusement d’atouts qui lui donnent d’importants potentiels de progression :
-Depuis la décolonisation, le Niger s’est doté d’institutions solides garantissant une bonne gouvernance, actualisées tout récemment encore (février 2010) par la mise en place du CSRD (Conseil suprême pour la restauration de la démocratie), sous la haute autorité du chef d’escadron Salou DJIBO.
-Il est désormais presque complètement débarrassé des animaux nuisibles et prédateurs, comme les lions, les éléphants et les girafes, ces dernières tout particulièrement qui, en dévorant les feuilles des arbres, ont fait régresser la forêt des deux tiers depuis 1990, ramenant l’espace forestier à moins de 1% de la superficie du pays. Il reste hélas les hippopotames, espèce protégée à tord dont la prolifération explique les revers de l’Agriculture et rend difficile l’accès à l’eau potable pour plus de la moitié de la population. De plus ces animaux très agressifs font fuir les touristes.
- Le problème des retraites se pose en termes beaucoup plus favorables qu’en France. Le déficit est inexistant, et la population âgée de plus de 65 ans représente moins de 2, 6 % du total, ce qui est normal quand l’espérance de vie à la naissance est de 43 ans.
Sous réserve de ces petites difficultés, toutes les conditions sont réunies pour permettre à ce pays d’emprunter le chemin de la croissance et de la prospérité. Bien sur, une démographie plus dynamique permettrait d’aller encore plus vite.
Alors, pour lutter plus efficacement contre le réchauffement climatique, vasectomisons DONALD et pour être absolument certains du résultat, lions aussi les trompes d’IVANA TRUMP !!!
Cet article s'apparente plus à la méthode du célèbre psychologue qu'a une véritable démonstration. L'auteur cite au moins 15 fois le nom de Malthus (ou le mot malthusianisme) pour être bien sur de discréditer celles et ceux qui, à juste titre (?), s'inquiètent de la persistance de la croissance de la population et prônent la notion de Démographie Responsable.
Que la planète puisse nourrir les plus de 9 milliards d'humains prévus pour 2050, serait sans doute possible si nous pouvions poursuivre et intensifier la mécanisation et l'utilisation des intrants chimiques (issus du pétrole), mais qu'en sera-t-il lorsque les énergies fossiles nous feront défaut?
De plus, manger n'est pas le seul besoin physiologique des êtres humains, il leur faut aussi pas mal d'eau potable, or celle-ci manque déjà cruellement dans plusieurs régions du globe.
Quant aux besoins en énergie (permettant de se chauffer, de se déplacer, que sais-je encore…), suite au pillage organisé auquel nous nous sommes livrés depuis un ou deux siècle, le renouvelable ne permettra pas du tout de les couvrir.
Enfin, "last but not least", en bon anthropocentriste, Charles Kenny ne se soucie absolument pas du sort de la faune sauvage que nous avons dépossédé de ses territoires et qui est inexorablement vouée à disparaître au profit d'une seule et même espèce décidément bien envahissante...
D'accord avec l'auteur.La démographie n'entraine pas la famine mais c'est la politique marchande qui le provoque.L'Afrique dispose de tous les atouts mais elle est obligée de s'orienter vers l'exportation en dévaluant en plus sa monnaie-injonctions des organismes financiers-Le Soudan était le grenier de l'Afrique comme l'Ukraine celui de l'Asie.Au lieu que l'effort soit concentré sur l'agriculture pour nourrir la population locale et régionale;les multinationales préférent éventrer la terre à la recherche des minerais avec toutes les catastrophes qu'elle entraine.Bref,quand le prix des céreales est fixé par Chicago et exposé aux bourses,la population affamée ne lui reste qu' à chanter: we are the world!
Malthus n'a jamais eu bonne presse ! Combien d'économistes et des plus grands rappellent "qu'il n'est de richesse que d'hommes" et qu'au fond les bras et les cerveaux peuvent relever tous les défis. Cela, d'ailleurs, n'est-il pas vrai depuis que le monde est monde ?
Malthus était soucieux de résoudre l'équation démographie ressource. Il pensait qu'un déséquilibre était inévitable. La révolution industrielle, le consumérisme, la production et l'exploitation de masse, la révolution verte... lui ont donné tord. Pour combien de temps encore ?
La démographie est à quelque chose près exponentielle. Charles Kenny ne peut nier cette évidence. On n'ose imaginer au-delà de 2050 ! Quels que soient les orientations économiques, industrielles, politiques et les arbitrages à venir, on ne voit pas bien de solution... Les bras et les cerveaux des hommes semblent ne plus suffire cette fois, dans une situation économique faite de transgression absolue et qui appartient à un ordre qu'on n'a jamais connu. Celui de la démesure.
Des ressources qui s'épuisent, la profanation renouvelée des écosystèmes pour accéder à ces ressources, la raréfaction des terres, de l'eau, de l'air... on ne peut qu'être empreint d'une grande tristesse à voir l'état du monde. Bien sûr on jouera aux grands équilibristes pour rendre "possible" ce monde de nos petits enfants. A quel prix, avec quels coups portés à la nature, à l'homme lui même ?
On nous dit parfois d'écouter les voix du passé. Sachons aussi entendre celles de l'avenir, celles des "surpopulations "compressées, confinées. La lutte pour l'espace, un bout de vrai nature, pour un vrai oiseau aperçu sur un étang ou un bout de mer non pollué, la lutte pour desserrer l'étau des "surcontraintes" qui régulent les masses humaines.... L'horreur.
On peut sans doute reprocher à Malthus son approche "malthusienne"! Question de forme et d'époque. Mais sur le fond, aujourd'hui, ne faut-il pas reconsidérer la question démographique dans une démarche non malthusienne, mais humaniste, anthropologique ? Sans tabou. Une démarche responsable, quoi !
Malthus parlait essentiellement (il me semble...) de limite de la production agricole.
A son epoque le PIB etait essentiellement constituer du secteur agricole, aujourd'hui ce n'est pas le cas, donc on ne peut pas dire: aujourd'hui notre PIB est 1000 X superieur a alors donc nous pouvons etres 1000 X plu snombreux. A moins que l'homme ne se mette à manger du ciment, des ordinateur, et des "services"!
Si la prophétie malthusienne s'est trouvée invalidée (à moyen terme) par la développement de nouvelles techniques agricoles, et plus tard le machinisme, qui ont augmenté la productivité, l'analyse de Charles Kenny relève, elle, clairement de la méthode Coué.
Au cours de ma jeune existence (30 ans), j'ai pu observer l'avancée inexorable des espaces bétonnés, goudronnés à la périphérie de nos villes, la floraison de lotissements sur les anciennes terres agricoles. Aujourd'hui, c'est officiel, après deux siècles de progression, la surface forestière a commencé à reculer en France.
Et n'oublions pas que la France n'est qu'une campagne à faible densité, Paris, un village, sans commune mesure avec d'autres monstres urbains, Shanghai, Lagos, Mexico, tandis que les Américains poursuivent la colonisation de leur Middle-West et des montagnes rocheuses, les Chinois, celles de leurs provinces occidentales.
Objectivement, l'existence des orang-outangs, des salamandres et des orchidées sauvages ne changent rien à ma vie. C'est juste une question philosophique. Dans quel monde voulons nous vivre? La perspective d'une planète où nous resterions entre nous, les humains, avec quelques commensaux soigneusement choisis, n'est pas très engageante.
On peut comme Charles Kenny soutenir que la croissance démographique n'est jamais un problème. On peut aussi observer l'Histoire récente.
D'un côté, la Chine. Un pays agricole surpeuplé sur lequel personne n'avait parié en 1949 jusqu'à Alain Peyrefitte. Le secret de son développement? La maîtrise de la croissance démographique.
De l'autre, l'Afrique noire qui focalisait beaucoup d'espoir au moment des indépendances. Il n'y a pas lieu de parler d'aspects positifs de la colonisation mais la médecine occidentale a permis d'erradiquer certaines maladies tropicales, et donc une croissance démographique sur ce continent dont la population restait stable.
Mais avec une population décuplée en 50 ans, difficile d'éduquer, d'employer tout le monde. Impossible pour les familles, de dégager des excédents pour investir dans de nouvelles activités ou tout simplement dans une activité de subsistances.
Je me permets de renvoyer aux travaux de Jared Diamond ("Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie") qui souligne que le génocide rwandais a eu lieu dans l'une des régions de la planète à plus forte densité humaine, y compris dans des zones qui ne comptaient aucun Tutsi.
Curieusement, même dans une société occidentale qui s'est éloigné des religions, l'injonction divine "croissez et multipliez vous" reste d'actualité et la maîtrise de l'expansion démographique demeure un tabou.
Tous à Zanzibar
C'est tout de même bluffant de voir certains commentaires !
Je lis on pourrait être nombreux mais bien sur pas avec le niveau de vie des Américains !
Cela dit clairement que si on veux être nombreux, il faut être pauvre. Plus on est pauvre plus on est peut vivre nombreux. Accessoirement, plus on est nombreux, plus on pollue, plus on est nombreux, plus on consomme. Plus on est nombreux plus on occupe d 'espace et plus on détruit d'espèces vivantes.
Et cela est mathématique et quelque soit le progrès et l'évolution des rendements, cela ne change rien à la formule.
Donc oui ! on peut être nombreux, si on est pauvre et même très nombreux, comme certains le souhaitent, si on vit très pauvrement, et en prime, que cela ne pose pas de problèmes de détruire notre environnement.
C'est donc nombreux et pauvre et destructif, contre moins nombreux et ne manquer de rien et respecter la planète. Vous choisissez quoi vous ?
Si nous étions resté 3 milliards comme dans les années 50, le mot écologie n'existerait même pas..
Nous aurions encore un climat « normal » et personne ne pourrait même imaginer les privations qui commencent à poindre leur bout de leur nez ( énergie, eau, viandes, voyages etc ).
« Pour lutter contre le changement climatique au moyen de la limitation des naissances, oublions donc le Niger et le Mali. La vasectomie devrait en premier lieu être réservée à Donald Trump et à ses acolytes fortunés du classement Forbes »
Pour apporter de l’eau au moulin de l’auteur de cette phrase, on se penchera sur la situation de la république du Niger, pays Africain dont la population, qui était de 2 millions d’habitants à l’indépendance en 1960, dépasse aujourd’hui 13 millions d’habitants, soit une multiplication par 6,5. A titre de comparaison, si la France avait connu un pareil dynamisme, elle serait aujourd’hui peuplée de plus de 300 millions d’habitants.
Et il reste de la place au Niger, puisque sa superficie est de 1, 2 millions de Km2. Pour la densité actuelle de la France, il pourrait héberger jusqu’à 130 millions d’habitants, soit dix fois plus qu’aujourd’hui. Notons hélas que les prévisions démographiques pour 2050 sont de seulement 50 millions d’habitants, soit, alors, moins de 40 % de la densité actuelle de la France ! C’est bien peu.
Pour rester en 2010, avec 13 millions d’habitants, cela ne fait que 10 habitants par Km2, contre plus de 100 en France. Etonnez vous après que plus de 80 % du pays soit désertique…
Quel gâchis !
Les principaux problèmes de ce grand pays, placé encore aux derniers rangs dans pratiquement tous les classements internationaux, viennent de sa sous population, elle-même attribuable au malthusianisme du colonisateur Français, conjugué à la saignée de la traite esclavagiste. Deuxième producteur mondial d’uranium, doté de ressources en or, pétrole, charbon, sans parler de ses ressources touristiques, le Niger serait prospère, en dépit de sa faible démographie, s’il n’était mis au pillage par le capitalisme international, Areva et tous les autres affreux des industries minières, nucléaire, pétrolière…
Le pays dispose heureusement d’atouts qui lui donnent d’importants potentiels de progression :
-Depuis la décolonisation, le Niger s’est doté d’institutions solides garantissant une bonne gouvernance, actualisées tout récemment encore (février 2010) par la mise en place du CSRD (Conseil suprême pour la restauration de la démocratie), sous la haute autorité du chef d’escadron Salou DJIBO.
-Il est désormais presque complètement débarrassé des animaux nuisibles et prédateurs, comme les lions, les éléphants et les girafes, ces dernières tout particulièrement qui, en dévorant les feuilles des arbres, ont fait régresser la forêt des deux tiers depuis 1990, ramenant l’espace forestier à moins de 1% de la superficie du pays. Il reste hélas les hippopotames, espèce protégée à tord dont la prolifération explique les revers de l’Agriculture et rend difficile l’accès à l’eau potable pour plus de la moitié de la population. De plus ces animaux très agressifs font fuir les touristes.
- Le problème des retraites se pose en termes beaucoup plus favorables qu’en France. Le déficit est inexistant, et la population âgée de plus de 65 ans représente moins de 2, 6 % du total, ce qui est normal quand l’espérance de vie à la naissance est de 43 ans.
Sous réserve de ces petites difficultés, toutes les conditions sont réunies pour permettre à ce pays d’emprunter le chemin de la croissance et de la prospérité. Bien sur, une démographie plus dynamique permettrait d’aller encore plus vite.
Alors, pour lutter plus efficacement contre le réchauffement climatique, vasectomisons DONALD et pour être absolument certains du résultat, lions aussi les trompes d’IVANA TRUMP !!!