La crise après la crise (3/5): la déconstruction européenne
Entrée dans la crise avec une structure institutionnelle d'empilement baroque et avec une croissance morne, elle en sort politiquement brisée, avec une économie profondément malade.
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Cet article est le troisième d'une série de cinq écrits par Eric Le Boucher pour décrire le nouveau monde issu de la crise financière et économique des années 2007, 2008 et 2009.
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» Une reprise en trompe-l'œil (1/5)
Le grand perdant de la crise est l'Europe. Elle n'est pas responsable du séisme, il vient des Etats-Unis, et pourtant c'est elle qui est la plus atteinte. Entrée dans la crise avec une structure institutionnelle d'empilement baroque et avec une croissance morne, elle en sort politiquement brisée, avec une économie profondément malade. Au point qu'on peut aujourd'hui s'interroger sur l'intérêt même de l'Union européenne et de l'existence de l'euro (Stiglitz s'interroge sérieusement).
La crise nous a trop mobilisés sur la finance, ses turlupinades et ses coûts, on a oublié l'économie réelle. Commençons par y revenir un instant. Voilà le panorama.
La deuxième firme à avoir déposé le plus de brevets l'an passé dans le monde est le chinois Huawei. Le constructeur indien Tata a inventé la voiture à 2.500 dollars (que Renault veut concurrencer), la Nano, en mettant au point un design et des lignes de production aussi pleines d'astuces qu'Henri Ford en son temps et Toyota du sien. Le Kenya est le pays le plus avancé au monde pour le paiement par téléphone mobile. Le solaire est une industrie d'avenir, la plupart des panneaux solaires qu'on installe en Europe comme aux Etats-Unis, viennent déjà de Chine.
L'atelier du monde se met à inventer
Les pays émergents sont devenus, en deux décennies et trois étapes, des pays «complètement rivaux». Ils ont d'abord profité du faible coût de leurs ouvriers pour produire des biens industriels. La Chine est «l'atelier du monde». Puis, étape deux, ces pays ont glissé vers la recherche et développement «pas chère», grâce au faible coût de leurs universitaires, plus nombreux que les nôtres et tout aussi talentueux. Ces pays avaient misé sur l'éducation, ils en récoltent les premiers fruits. Conséquence: toutes les grandes firmes des pays développés ont délocalisé des laboratoires dans les pays émergents. IBM y emploie aujourd'hui plus d'ingénieurs qu'en Amérique. Le plus grand centre de Microsoft hors de Seattle est à Pékin. La Chine décerne des diplômes à 75.000 ingénieurs informaticiens par an, l'Inde à 60.000.
Enfin, troisième étape, dans laquelle nous entrons à toute vitesse, les pays émergents se mettent à inventer. Ils ne se contentent plus ni de copier, ni de travailler pour les grandes firmes occidentales, ils créent les leurs et elles innovent. Parmi le classement des 500 premières multinationales du Financial Times, 62 viennent de Chine, d'Inde ou du Brésil. Un chiffre qui a quadruplé ces deux dernières années. Dès 2015, les constructeurs d'automobiles chinoises auront récupéré 50% de leur marché intérieur. Faisant face à des conditions domestiques très difficiles, où le droit de propriété est mal respecté, où il faut offrir des produits très bon marché à des foules de consommateurs, les géants du sud font preuve de marketing inédit et «d'innovation frugale», comme le décrit The Economist. Dans les médicaments, les automobiles, les réfrigérateurs ou les télécommunications, ils changent les «business models» de production comme de distribution.
Quelle spécialité pour quel pays?
La question que pose ce panorama de l'économie réelle est celle-ci: comment réagir? La crise a amplifié les difficultés, mais elle n'a pas changé la nature de ce problème. Les pays sont sommés de trouver leur place, leur spécialité, dans la division mondiale.
Les Etats-Unis d'Obama conduisent une politique déterminée: viser le moyen terme, soutenir la formidable machine d'innovations américaine, croire à une «réindustrialisation» (qu'illustre le sauvetage des groupes automobiles) et vouloir une réduction des inégalités (l'assurance santé). Cause de la crise, les Etats-Unis ont été pourtant moins affectés que l'Europe (en 2009, la récession est de 2,4% outre-Atlantique contre 4,1% dans la zone euro) et ils rebondissent plus vite (la croissance serait de 3,1% là contre 1% ici). Le dynamisme américain est certes entamé: le pays vivait au-dessus de ses moyens grâce à l'endettement, les ménages vont maintenant devoir rembourser, la croissance en sera ralentie. Mais les Etats-Unis ont ce double moteur qui fait le dynamisme: un modèle éprouvé d'innovations et une démographie positive.
L'Europe avec 500 millions d'habitants dont une forte proportion est très éduquée, devrait logiquement faire face avec optimisme. Le Vieux continent n'a, a priori, aucune raison de décliner. Pourtant, après son rattrapage sur l'Amérique dans les années d'après guerre, l'Europe s'est rendormie depuis vingt ans. Faute de savoir innover? Oui. Elle n'a aucun Microsoft ou Google. Elle a des «champions» industriels ou bancaires qui sont plutôt mieux gérés que les Américains, pourtant elle perd pied dans l'électronique, les télécoms, les bio, l'agriculture. L'agenda de Lisbonne de 2000 qui devait faire d'elle la zone «la plus avancée» en matière d'innovations, est un fiasco.
Frileuse Europe
Faute d'immigration? Sans doute. Un continent qui a resserré sa politique d'immigration (1 à 2 millions d'entrants nets par an contre 5 millions outre-Atlantique) alors que son taux de natalité (1,47 enfant pas femme) n'assure pas la relève des générations, est un continent qui fait preuve de frilosité. Et qui, du coup, vieillit: 17% de la population a plus de 65 ans, contre 12% aux Etats-Unis. Cette Europe frileuse est menacée de perdre 10% de sa population d'ici à 2050.
La cause de son endormissement est pourtant d'abord autre: sa désunion, l'abandon de son projet d'intégration. Au bout de quarante ans de rapprochement, «pas à pas» selon la stratégie de Jean Monnet, l'Union s'est arrêtée après la création de l'euro, le 1er janvier 1999. Une nouvelle génération d'hommes politiques eurosceptiques a replacé celle qui avait fait la guerre. L'économie avançait et la politique suivait vaille que vaille, puis d'un coup la politique a viré de bord, à l'époque Chirac-Schröder, la volonté d'intégration a laissé la place à une «Europe des nations». La Grande-Bretagne a gagné dans la conception de l'Europe.
Depuis, la construction est devenue bancale, la commission européenne ne s'occupe que des détails comme les normes et manque l'essentiel comme une politique économique ou étrangère commune. Elle est devenue ingouvernable, les réformes institutionnelles empilées ont créé l'impuissance. Surtout, au fil du temps, l'âme «communautaire» fondatrice s'est dissoute et les égoïsmes nationaux ont repris le dessus.
La crise est venue sinon encore briser l'édifice mais mettre au jour ses profondes failles. A l'automne 2008, Nicolas Sarkozy a tenté de mettre au point un sauvetage commun des banques puis de bâtir un plan de relance commun. L'Allemagne s'y est opposée à chaque fois. Le premier pays de l'Union est devenu eurosceptique pour avoir le sentiment d'avoir «trop payé» pour les autres. La même réticence germanique s'est manifestée pour se porter au secours de la Grèce. Il aura fallu des mois de négociations sous la pression des marchés pour qu'un plan naisse enfin. Et encore, il a fallu appeler le FMI au secours.
Or, les marchés financiers n'en ont pas fini. Ils ont compris que la faille européenne, cette solidarité hésitante et toujours tardive, leur permettait de jouer et de gagner beaucoup. Ils vont continuer. Portugal et Espagne, sont les nouvelles cibles. Où cela s'arrêtera-t-il? Le processus de «test» peut aller jusqu'à la déconstruction complète de l'Europe.
Eric Le Boucher
Photo: A course for Nowhere/ Wetsun via Flickr License CC by
Prochain article: La nouvelle question allemande
Retrouvez les articles précédents: Une reprise en trompe-l'œil et La loi des marchés
Mis à jour le 06/05/2010 à 12h38















































Mais vous reconnaissez vous-même que depuis la création de l'euro en 1999, "la construction est devenue bancale".
L'Europe n'a jamais été construite démocratiquement c'est un "machin" technocratique qui a été imposé aux peuples par leurs politiques.
L'élargissement à tout va, sans approfondissement, n'a fait qu'accroître la méfiance des Européens qui, voyant qu'ils n'avaient aucune influence sur cette "construction" utopique se sont détournés de ses institutions, en s'abstenant d'aller voter.
La dernière mascarade a été la "nomination" de ce "président de l'Europe" dont je ne me souviens plus du nom, qui écrit des haïkus !
Il n'y a donc aucune déconstruction, tout est bien normal dans la réaction des différentes nations qui ne veulent pas porter le chapeau pour les autres dont elles ne se sentent en rien solidaires.
Les peuples européens ont dit "OUI" au traité de Maastricht et réélisent les politiques qui leur "imposent" cette construction. Dire que la construction européenne a été imposée par les politiques est donc faux.
Par contre, la constitution du continent en "États-nations" et la délimitation de ceux-ci, elle, n'a jamais reçu l'approbation des peuples : il n'y a jamais eu de référendum d'auto-détermination en Alsace pour déterminer si celle-ci souhaiter appartenir à l'Allemagne, à la France ou à aucune des deux.
Le traité de Maastricht a été adopté par :
13 165 475 OUI (51,04%)
12 626 700 NON (48,96%)
11 603 168 abstentions (30,30%)
Si ces 30,30% de Français avaient été d'accord avec les termes du traité qu'est-ce qui a bien pu les retenir de voter OUI ?
Je me souviens très bien de cette campagne du référendum de Maastricht où, au début, les sondages donnaient un OUI très élevé. Au fur et à mesure des jours on a vu le NON monter irrésistiblement. Il a manqué une semaine de campagne pour que le NON dépasse le OUI qui est passé de justesse.
Peut-être est-ce là le péché originel de l'Europe ? Vouloir toujours passer en force.
"Peut-être est-ce là le péché originel de l'Europe ? Vouloir toujours passer en force."
Probablement avez-vous raison.
Il est cependant plus facile d'agréger une multitude de petits "non" dans un grand "NON" que d'obtenir un "oui".
Dans ce cadre 51,04% de oui est déjà extraordinaire. Mieux vaut dire "oui" à une petite avancée que dire "non" en espérant une hypothétique avancée importante.
Au passage, si nous avions tous collectivement respecté l’esprit de ce traité, peut-être n’aurions-nous pas continué cette folie du déficit dont le résultat final et d’avoir concédé une partie de notre pouvoir à ceux à qui nous devons de l’argent (appelez les marchés, banques, petits épargnants…)
Une note de poésie :
Un jour John Lennon entra dans une galerie pour voir les œuvres d'une certaine Yoko Ono. Une toile au plafond, avec écrit un mot minuscule, une échelle et une loupe. John monte à l'échelle, prend la loupe lit "oui" et part d'un énorme éclat de rire.
Il déclara plus tard que s'il avait lu "non", il n'aurait jamais rencontré l'artiste.
1/ L'Europe, c'est pas la France.
2/ "Si ces 30,30 % de Français n'avaient pas été d'accord avec les termes du traité, qu'est-ce qui a bien pu les retenir de voter NON ?"
(les réponses, c'est "ils savaient pas quoi en penser", "ils en avaient rien à faire", "ils étaient morts, malades ou en train d'accoucher", etc.)
3/ Comme je l'ai écrit précédemment, les États-nations sont passés un "chouilla" plus en force que l'UE. De deux maux, choisir le moindre.
Reprocher aux états-nations de s'être constitués par la force est quelque peu anachronique et infantile.
Et ce qui compte, aujourd'hui, c'est que les Alsaciens se sentent Français, et ne souhaitent pas sortir de la France.
Par contre, si les Français ont voté en faveur du traité de Maastricht, ils n'ont certainement pas approuvé la politique monétaire qu'on leur a imposé depuis. Et ils ont voté nettement contre le traité constitutionnel, qu'on leur a pourtant imposé sous une forme à peine remaniée. Ils ne se déplacent même plus pour voter aux élections européennes, parce qu'ils ont bien compris qu'on ne leur demandait en fait pas leur avis pour décider des politiques menées par les institutions européennes. Vous ne pouvez pas nier qu'il y a un déficit démocratique majeur de ces institutions, du point de vue Français comme du point de vue Irlandais ou Danois, et que l'Europe ne pourra pas progresser tant que ce ne sera pas réglé.
Qu'en savez-vous que les Alsaciens ne souhaitent pas quitter la France ? Ils n'ont jamais eu le choix ! Peut-être souhaitent-ils être autonomes ? Si on a assisté ces dernières années à une désintégration de plusieurs pays européens (Yougoslavie, Tchécoslovaquie, puis Belgique, Espagne, Royaume-Uni), est-ce un hasard ?
Sur la constitution européenne, les Français ont voté oui ET non. Non par référendum, puis oui indirectement en élisant des hommes politiques qui étaient résolument pour. Je ne vois pas comment on peut prétendre qu'un des deux scrutins a prééminence sur l'autre, surtout quand on sait le manque de démocratie qu'il existe dans chacun d'eux. Idem pour l'Irlande. Pour le Danemark, ça ne tient même pas, puisqu'ils n'ont pas voté sur le même traité.
Je le répète, il y a autant de déficit de démocratie pour l'Union européenne que pour beaucoup de ses états-membres.
Votre réponse est je dois dire au-delà des limites de la mauvaise foi.
Si les Alsaciens voulaient quitter la France, cela se saurait, ils l'exprimeraient ! Or je n'entends rien. Certains Corses souhaitent leur indépendance, je crois bien que tous les Français sont au courant. D'ailleurs, ils se présentent aux élections locales, et l'on a ainsi une petite idée de la proportion de la population Corse qui souhaite l'indépendance. Et comme ils sont loin d'être majoritaires, l'état Français ne leur a effectivement pas donné formellement la possibilité de choisir. Il en irait autrement sans doute si la vitrine légale du FLNC emportait régulièrement ces élections avec 70% ! Donc je puis affirmer très tranquillement qu'aucune région française ne souhaite l'indépendance. Quant à la comparaison avec la Tchécoslovaquie, elle ne vaut tout simplement rien : il s'agit d'une création artificielle et récente, qui a éclaté naturellement, tandis que les régions françaises ont largement eu le temps de se cimenter : vous ne pouvez rien inférer de votre exemple. Les choses sont en fait très simples : les pays qui ont voulu éclater ont éclaté, ceux qui n'ont pas voulu ne l'ont pas fait, point.
Sur le trait constitutionnel, les Français n'ont pas voté oui et non, à moins de les supposer neuneu ! Ils ont voté clairement et sans doute possible NON quand on leur a posé explicitement la question. L'élection pour le président de la République n'était pas un référendum sur ce traité. Il s'agissait pour les Français d'élire celui qu'ils estimaient le plus capable de la charge et qui avait le meilleur programme globalement à leurs yeux. L'élection de Nicolas Sarkozy ne signifie en rien que les 54% qui ont voté pour lui approuvaient la totalité de ses propositions, et vu qu'ils ont voté explicitement et formellement à 54% contre le traité, vous ne pouvez sérieusement prétendre qu'ils étaient pour ce traité, cela ne tient pas debout une seule seconde. Du reste, il est patent que les Français désapprouvent les institutions européennes, comme l'a encore attesté le taux d'abstention aux dernières élections européennes, et ce même si tous les partis non extrémistes de ce pays, et donc susceptibles de gouverner aux yeux d'une majorité de Français, était favorable au traité.
Comme l'explique très bien "notre" Marianne, cette Europe est un nom sans aucun sens, pour le moment au moins. C'est enfin une bonne occasion pour la créer sur des vraies et bonnes bases. Cette crise n'est pas révélatrice des liens financiers, souvent pas clairs et souterrains entre pays de zone euro mais aussi, et surtout je dirais en tant qu'italienne, de la corruption des politiciens qui nous gouvernent.
@Marianne
http://www.lefigaro.fr/international/2010/05/04/01003-20100504ARTFIG00639-j-ai-tout-fait-pour-refuser-cette-nomination.php
;))
Je vous remercie pour votre commentaire qui m'a été droit au coeur.
Quand vous écrivez : "C'est enfin une bonne occasion pour la créer sur de vraies et bonnes bases", je pense que vous avez raison. J'ai même failli écrire un petit couplet sur la reconstruction de l'Europe telle que vous la concevez, mais j'y ai renoncé parce qu'il me semble qu'il est trop tôt pour y penser, que nous n'avons pas encore touché le fond qui nous permettra de donner le fameux coup de talon qui nous ferait remonter.
Pour l'instant nous ne pouvons que contempler ce qu'il va en advenir du peuple grec.
J'avoue que j'ai été scotchée par la banderole de l'Acropole
PEOPLES OF EUROPE RISE UP
Mais déjà on apprenait que les bourses européennes continuaient à dévisser et que c'était au tour de l'Espagne d'être attaquée.
Très cordialement.
L'Allemagne contemporaine s'est toujours pensée supérieure aux autres nations. Elle reprend le chemin d'une vision méprisante et méprisable de l'Europe. La seule supériorité que je lui reconnaisse est son arrogance et son inhumanité : elle est à l'origine des 2 plus meurtrières guerres de l'Histoire de l'Humanité au cours du dernier siècle écoulé. Avec un tel CV, elle ferait bien de moins la ramener...
Un peu de culture :
Non, la 1re guerre mondiale n'est pas le deuxième conflit le plus meurtrier :
http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_wars_and_disasters_by_death_toll
Et non, l'Allemagne n'en est pas la cause :
http://en.wikipedia.org/wiki/Causes_of_World_War_I
Je suis absolument d'accord avec Éric et Marianne. Votre diagnostique est vérifié et les responsabilités sont établies.
A partir de ce constat, quelles sont nos options pour relancer la démographie, l'investissement et l'innovation sur notre vieux continent ? Que devons nous faire pour nous doter d'une économie capable de sustenter nos ambitions sociales.
Doit-on terminer l'€ ? Démonter l'UE ? Revenir à une situation pré 1957 ? Je ne crois pas. N'oublions jamais pourquoi nous avons voulu l'Europe. Ce chemin que nous avons fait est passé par Verdun, Treblinka, Stalingrad et Guernica. C'est pour qu'il n'y ait plus jamais ça que nous avons fait ce chemin. Nous sommes au milieu du gué et je crois que nous ne pouvons plus revenir en arrière et que seule la fuite en avant peut nous sauver.
L'état nation, dont il reste à prouver qu'il ait eut plus d'avantages que d'inconvénients, est arrivé en bout de course. Marianne nous fait très justement remarquer le grotesque de la présidence Européenne et de son représentant tout droit sorti d'une caricature de Daumier. Si il y a bien une chose sur laquelle les chefs d'états européens n'ont eut aucun mal à s'entendre, c'est bien sur la nomination de ce personnage falot et sa ministre des affaires étrangères. En voilà deux qui ne vont pas leur faire d'ombre: Van Rompuy est bien le négatif d'Obama.
Seule une institution unifiée représentant 450 millions d'européens pourra faire entendre notre voix efficacement. En devenant le premier marché au monde, nous pourrons inviter le Dalai Lama quand nous le voudront, parler directement à qui nous désirons au moyen orient.
Sans disparaître totalement, l'état nation, doit aussi redistribuer ses pouvoirs vers les régions. Nous, Français, devons nous débarrasser des départements, concept qui date du 18 ème siècle, à une époque ou il n'y avait ni transport ni télécommunication. Ils coûtent trop chers. Moins d'état, nous donnera un meilleur état.
Nous devons arrêter de nous plaindre et commenter d'un air ironique l'échec de l'institution européenne. Nous devons entrer en campagne pour faire exister une institution fédérale Européenne, avec son armée, sa monnaie et ses services diplomatiques, calquée sur le modèle des États Unis d'Amérique. Aujourd'hui, les médias ne sont plus centralisés, ils n'ont plus le privilège de décider de quoi le débat est fait.
L'Europe est elle en panne à cause d'un déficit de démocratie ? C'est au peuple de relancer la machine et d'exiger les changements dont nous avons besoins. Nous, peuple soit disant révolutionnaire, sommes nous encore capable de mettre le poing sur la table et de montrer à nos dirigeants ce que nous attendons d'eux ?
C'est à nous, de dire ce que nous voulons... Et pour paraphraser les Black Panthers je dirais :
What do we want ? We want Europe !
When do we want it ? We want it NOW !
D'après les chiffres d'Eurostat, sur la dernière décennie disponible (soit de 1999 à 2008), le PIB/hab américain est passé de 162,6 à 154,6 % du PIB/hab européen. On voit donc que, contrairement à ce que prétend M. Le Boucher, l'Europe continue de rattraper son retard.
Source des données : http://epp.eurostat.ec.europa.eu/tgm/table.do?tab=table&init=1&plugin=1&language=fr&pcode=tsieb010
Deuxième chose : comparer les grandes entreprises est tout bonnement stupide. Il suffit de voir la différence de situation en France - ses champions nationaux, sa croissance en berne, son chômage de masse - et aux Pays-Bas - ses PME, sa forte croissance, son plein emploi.
Il suffit d'observer le manque de solidarité des membres de l'union envers leur confrère grec pour finir de se convaincre de l'inexistence d'une nation européenne. Quel dommage, alors que cette nation serait seul capable de mettre en place les synergies nécessaires pour nous maintenir dans le jeu mondial....
Un récent article paru dans le mensuel "EE Times" soulignait le faible niveau d'innovation en Europe. Seuls le Danemark, la Finlande, la Suède, l'Allemagne et le Royaume-Unis s'en sortent à peu près. Tous les autres pays européens sont encore largement à la traine pour ce qui est de l'innovation technologique.
Avec seulement 5 pays sur 27 pour assurer l'essentiel de l'innovation, l'Europe ne rattrapera jamais les Etats-Unis, ni le Japon. Pire, elle sera bientôt dépassée par la Chine et puis viendront peut-être l'Inde, la Russie, etc.
Malgré les plans européens d'incitation à l'innovation, les pays concernés trainent encore les pieds sur les moyens consacrés à la recherche, aux universités, au financement des projets innovants.
Un peuple qui cesse d'innover est un peuple qui meure... !
Les préjugés ont la vie dure. Je reprends mon message posté plus haut que j'adapte pour le Japon :
D'après les chiffres d'Eurostat, sur la dernière décennie disponible (soit de 1998 à 2007), le PIB/hab japonais est passé de 120,9 à 112,2 % du PIB/hab européen. On voit donc que, contrairement à ce que vous prétendez, l'Europe rattrape son retard.
Source des données : http://epp.eurostat.ec.europa.eu/tgm/table.do?tab=table&init=1&plugin=1&language=fr&pcode=tsieb010
La plupart des pays se sont construit sous la contrainte, souvent dans le cadre de guerres ou de rapports de force.
La création d'un ensemble unique en temps de paix est un véritable challenge, et probablement un exemple unique en son genre. La construction Européenne en l'état est déjà une réussite inespérée.
On ne peut que regretter que cette crise frappe l'Europe au plus mauvais moment, au moment ou les peuples refusent l'étape suivante de l'intégration que représente la perte de souveraineté.
Tout le monde veut une autre Europe. Chaque peuple souhaiterait que l'Europe soit différente. Mais entre une vision étatiste de l'économie type Française ou Grecque et une vision libérale type Allemande ou Néerlandaise il existe un écart que nous n’avons pas réussi à combler.
Les peuples et leurs politiques, par peur d’abandonner un peu de pouvoir, ont oublié que le XXIe siècle sera global et composé de grands ensembles dans lesquels les petits pays ne pourront survivre sauf dans des secteurs hyper spécialisés comme la Suisse.
Ma conviction profonde est que les peuples ne veulent pas d’une Europe fédérale. C’est la raison pour laquelle l’Europe risque de se déconstruire. Nous sommes en démocratie, et si un peuple décide de s’autodétruire c’est son droit le plus stricte. A chacun de prendre ses mesures pour ne pas sombrer avec le navire Européen.
Le plus triste est que ceux qui refusent l’Europe sont souvent ceux qui ont une vision très nationale du monde et seront les premiers à souffrir. Les autres, inscrits dans une vision globale sont ceux qui sont les mieux armés pour survivre hors du parapluie Européen.
Les courbes représentant l'effort total de recherche rapporté au PIB pour 7 pays se trouvent sur le site sauvonslarecherche :
http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article1878#effort
Pour la france, il est croissant entre 98 et 2002, période du gouvernement Jospin.
Mais il reste pratiquement toujours inférieur à celui de l'Allemagne.
Avant de regarder ce qui va mal en Europe, on pourrait réfléchir à ce qui va mal en France...
On a fabriqué à la chaîne du fonctionnaire, du prof, du salariat terrorisé, du dégoût du risque, de la réussite, etc. Il suffit d'aller au Musée d'Orsay, de penser à Haussman, à la culture florissante d'alors, pour s'imaginer la façon dont la France se voyait positivement, innovait à tour de bras.
Aujourd'hui, elle fonctionne sur la peur, l'effroi, le petitesse, la planque. Zemmour appelle cela mélancolie, pourquoi pas. Mathieu Pigasse, conseiller-think tank de DSK, coprésident de Lazard, estime en privé que la France n'est plus bonne qu'à se couvrir d'ephad (maisons de retraite, etc), c'est tout dire.
Le pire, c'est que je n'y vois aucune solution, le français est par trop sidéré par la mondialisation. Plus qu'à agir à titre perso. Transférer son argent ailleurs et voir ce qui se passe, et, dieu, que cela fait du bien de voir enfin du dynamisme. A bas la mélancolie.
Triste constat que de se résigner à admettre que le pays de sa naissance soit dans un remédiable déclin...j'ai travaillé dans le monde entier et je suis consterné par la frilosité et l'étroitesse d'esprit de mes concitoyens. Jacques Delors l'a bien compris...
Il nous faut l'Europe ou comment expliquer une évidence.
Faire disparaitre les départements, faire disparaitre ou niveler les nationalismes idiots. Redécoupons l'Europe par nos régions, Lander et autres découpage rationnels et faisons disparaître réellement et définitivement nos frontières.
Imposer une fois pour toute l'Europe aux français pour leur faire enfin oublier leur empire perdu.
Imposer une fois pour toute l'Europe à l'Allemagne et leur faire enfin ouvrir les yeux sur leur pseudo supériorité.
Même si leur stratégie commerciale les a protégé plus longtemps que la France, qu'ils n’en doutent pas leur industrie va peu à peu disparaitre si l'Europe ne se fait pas.
L'Europe a comme plus grand ennemi la bêtise et la frilosité de nos élus respectifs. Même l'Angleterre devra peu à peu se rapprocher par obligation, les us les laissant de plus en plus seul, les abandonnant au profit d'un nouveau partenaire comme la Chine, l'Inde ou le Brésil, seul chance pour eux de continuer à vivre à l'"américaine".
La France comme au temps de Mitterrand (dans une certaine mesure) pourrait être le moteur de la Reconstruction européenne. Offrons notre arsenal nucléaire, et notre siège à l'Onu, à un gouvernement européen élu démocratiquement.
Ouvrons nos portes à l'immigration, devenons plus fort par la diversité, au lieu de vieillir dans des hospices. Il faut que la nouvelle génération prenne en main son destin plutôt que d être diriger plus ou moins directement par la génération du baby boom!
Pour finir, si nous comparons nos forces et faiblesses avec les autres grands blocs (Amérique du nord, Amérique du sud, Chine, Inde, Asie du sud est etc…), nous sommes largement le bloc possédant le plus d’avantage en terme de formation, d’esprit démocratique, d’esprit de justice, de culture, d’histoire, et d’idée.
Il nous suffit d’oublier nos égoïsmes respectifs, de croire à notre idéal issu des lumières.
In fine si nous ne le faisons pas, si nous ne choisissons pas notre avenir d’autres le feront à notre place.
Il est temps et il est nécessaire pour le monde comme pour nous, que l’Europe se réveille, et se réinvente.
Il faut cependant revenir aux réalités terre-à-terre. La démocratie repose sur la Nation, parce qu'elle seule incarne une communauté partageant une culture , des valeurs suffisamment proches, des manières de voir et de faire, une histoire, sur quoi fonder une solidarité, une communauté de destin, une volonté de vivre ensemble , et la confiance en l'autre nécessaire pour partager avec lui la responsabilité de la prise des décisions qui engagent le futur. Et ce sans recourir à la force, comme cela se produisait avant que les nations ne se constituent.
Et si je suis manifestement plus proche d'un Allemand que d'un Indien, je n'en suis manifestement pas aussi proche que d'un Français.
Proposer d'offrir notre arme atomique et notre siège à l'ONU à une Europe encore inconsistante, composée de pays ne partageant pas nos intérêts ni même ce souhait d'une union toujours plus étroite relève d'une naïveté confondante. Vouloir dissoudre nos nations dans un magma de régions pusillanimes ne fera que nous affaiblir.
Je ne dis pas pour autant que je ne partage pas votre objectif, mais il ne peut être visé qu'à très long terme. Il y a avant d'y parvenir à accomplir un gigantesque travail de rapprochement des peuples européens, dans lequel on a fait une pause voulue par tous depuis longtemps, et dont on se laisse divertir par un élargissement devenu sans fin.
Il faudrait commencer par faire émerger une scène politique européenne. Pensez qu'aux élections européennes les partis politiques se présentent de manière autonome dans chaque pays : il faudrait imposer que les listes se présentent, avec un même programme, dans plusieurs pays au moins sinon dans l'UE entière.
Et puis il faudrait que chaque élève apprenne au cours de sa scolarité au moins trois langues européennes dont au moins une ne serait ni l'Anglais, ni le Français, ni l'Allemand ni l'Espagnol. Il faudrait que chaque étudiant passe plusieurs mois dans un autre pays européen (en espérant qu'il ne se ressente pas d'autant plus de son origine nationale qu'il est confronté à des cultures un peu différentes !...)
Il faudrait etc.
Moyennant quelques décennies de ce programme, peut-être que nous finirons par parvenir à une proximité culturelle suffisante pour instituer ce dont vous rêvez. Mais le vouloir hic et nunc, ce n'est rien d'autre qu'une dangereuse chimère qui conduira à l'échec et la catastrophe. Ce rythme n'est pas celui du monde qui nous entoure ? C'est bien possible. Et c'est fâcheux. Mais on ne pourra pas aller plus vite que la musique. En attendant, nous pouvons commencer par coordonner nos politiques économiques. La France peut tâcher d'abandonner sa passion pour les déficits, et l'Allemagne celle des monnaies surévaluées. Voilà déjà un programme bien ambitieux...
Vous, avez raison... il y a beaucoup d'obstacles entre nous et l'intégration européenne. Visiblement, Mecenius, vous en êtes un de taille.
Je suis athée mais j'ai la foie. La foie que si l'Allemagne peut se réunifier, les USA élirent un homme de couleur, alors nous Européens pouvons créer une nation Européenne.
Alors "you may say I'm a dreamer" mais " I have a dream" et je dis "Yes we can" créer une nouvelle Europe, laïque, généreuse, dynamique, creative, ouverte sur le monde.
Si Washington est Rome, alors nous pouvons devenir Byzance...
Croyez m'en, je ne suis pas le plus gros obstacle !
C'est bien d'avoir des rêves. Mais si l'on veut éviter de rentrer dans le mur, c'est bien aussi d'ouvrir les yeux de temps en temps, histoire de voir où l'on va, histoire de trouver, s'il existe, le chemin vers les rêves.
« il nous faut de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace et la France sera sauvée ! » Danton ( remplacer le mot France par le mot Europe).
Votre "principe de précaution" je m'assied dessus. Il nous tue.
Il y a une question majeure dans toute cette crise qui a été soigneusement esquivée jusqu'ici. L'UE est supposée mener une politique économique et monétaire vertueuse (surtout pas d'inflation, et pas de contraintes sur le libre-échange). Or avant la crise la croissance européenne (sauf peut-être les nouveaux arrivants de l'Est) était inférieure à celle des États-Unis. Notre vertu n'a pas prévenu le déclenchement de la crise ni sa sa contagion à l'Europe. Au cœur de la crise, nous essuyons une récession plus prononcée et plus prolongée que les États-Unis, pourtant à l'origine de cette crise. Et au sortir de la crise nous repartons avec une croissance plus faible.
Quand nos élites en tireront-elles la conclusion pourtant aveuglante que notre politique supposément vertueuse est en fait stupide et négative ? La politique du franc fort dans les années 90 puis celle de l'euro fort nous a peut-être valu un point d'inflation en moins, dont on aurait d'ailleurs fort bien pu s'accommoder avec une économie plus dynamique, mais surtout des centaines de milliers de chômeurs en plus. La BCE a relevé ses taux alors que la crise était déjà déclenchée, et les a baissé moins vite et moins bas que les États-Unis et le Japon. Cherchez l'erreur. Voilà l'explication du paradoxe que je relevais ci-dessus. Si l'on n'avait pas forcé la main à Angela Merkel, on n'aurait pas renfloué les banques et pas laissé filer les déficits pour soutenir l'économie, et l'on serait actuellement en dépression.
Dans une autre ordre d'idées, cela fait au moins 10 ans que certaines personnes sensées voudraient mettre en place un équivalent du small business act états-uniens afin de permettre l'émergence de PME fortes en France. Mais on ne le fait pas parce que la Sainte Commission est opposée à toute dérogation à la "concurrence libre et non faussée".
L'Europe stagne parce qu'elle mène une politique de stagnation.
Les élites dirigeantes européennes s'accrochent au culte de dogmes économiques qui ont montré leur caractère néfaste, et ne cessent de réciter en litanie leur catéchisme mercato-monétariste, qui nous fait pourtant plonger. (je tiens à souligner cependant pour que les chose soient claires que cette critique ne vaut pas approbation de ma part de la politique française de déficit public chronique pour financer des dépenses de fonctionnement massives par ailleurs inefficaces).
Les États-Unis sont peut-être un pays très libéral, attaché au marché, la patrie de Milton Friedmann et des économistes de l'École de Chicago, mais lorsqu'il s'agit d'agir au mieux de leurs intérêt, de mettre en place un small business act ou de gérer les taux d'intérêt en fonction des besoins de l'économie et de l'emploi, ils savent être pragmatiques et abandonner les belles théories.
L'économie n'est pas une affaire de morale (punir les méchantes banques ou les méchants Grecs), ni une affaire de vertu (s'imposer des austérités disproportionnées sans justifications en s'imaginant gagner ainsi le Paradis, selon une culture toute teintée de protestantisme), ni de dogmes révélés auxquels vouer un culte, mais une affaire de pragmatisme : la politique prônée par la Commission et la BCE ne marche pas, au revoir !
Les peuples européens ont confusément senti le problème, et ont retiré leur confiance à des institutions qui ne savent pas se remettre en question. Et les partis populistes et extrémistes ont pu prospérer, parce que eux seuls proposaient une critique de ces institutions. Malheureusement, ces partis sont en fait anti-européens, quand l'Europe est notre seul avenir possible, et ne proposent pas une alternative viable ni positive. À cause d'institutions et de dirigeants européens inaptes et autistes, les citoyens se sont éloignés, et même ont divorcé de ce qui devait les faire entrer dans le XXIème siècle bien armés. L'Europe devait être une partie de la solution, elle est une partie du problème.
Si les dirigeants européens ne se ressaisissent pas rapidement (et malheureusement je suis pessimiste), ne prennent pas la mesure des remises en question nécessaires, ne sont pas capables de montrer aux peuples qu'on peut de nouveau leur faire confiance et apaiser les rivalités et les égoïsmes qu'on a laissé resurgir, la spirale négative se poursuivra.
L'Europe sert de cache misère dans cette affaire. Ce n'est pas l'Europe qui est faible mais certains des états qui la composent. Regardons le cas de la Hollande: 16 millions d'habitants(presque 3 fois la Grèce), un endettement faible, une forte ouverture vers l'extérieur, un PIB en retrait en 2009 mais qui va repartir, un pays en avance sur les mœurs, l'éducation, l'intégration... N'est-ce pas un pays bien armé pour l'avenir ? Quand on est fort, solidaire de quoi a-t-on peur longtemps ? La France, elle, est mal en point. Entre le nord et le sud elle meurt à petit feu d'un système politique consanguin où l'intérêt du pays n'est jamais mis en avant. Toutes les grandes institutions et système sociaux datent de 1950 et restent à réformer. Et on voudrait donner des leçons à l'Europe, qu'elle nous donne tout ce que nous ne voulons pas faire ! Quelle part de souveraineté les hommes politiques français sont-ils prêts à céder à l'Europe ? Le chef de l'état y annonce en personne comment on va encourager les profs à travailler en banlieue ! Cela fait 35 ans que je m'intéresse à la politique et 35 ans que j'attends des politiques qu'ils s'attaquent aux dossiers qu'ils laissent fermés. Et rien ne vient. Je rêve chaque jour d'être Suisse, un pays où la retraite par capitalisation existe depuis 30 ans et sans problème de financement. Et où la crise de 2008/2009 ne s'est quasiment pas vue malgré l'implication des banques! L'Europe a bon dos. Que restera-t-il de 5 ans de Sarkozy? Quelques vidéos où il insulte les gens. L'Europe est la meilleure chose qui nous soit arrivée, au moins on peut espérer en elle.
La Hollande,un modèle d'intégration ? Je me demande ce que Ayan Hirsi Ali en pense. Ou Theo Van Gogh, depuis sa tombe !!!
Mais vous avez tout à fait raison de souligner que la France se montre incapable de se réformer, et que les hommes politiques se déchargent de leur incurie sur l'UE.
Pour autant, cela n'enlève rien au fait que les institutions européennes avancent avec constance sur la mauvaise voie, et qu'elles aussi sont incapables de réformer leur fonctionnement et surtout leurs dogmes. Et c'est pour cela qu'elles ont cessé (depuis le Traité d'Amsterdam) d'être un espoir à mes yeux. Malheureusement.
Vous perdez votre temps à culpabiliser, chercher des explications et des solutions...
Profitez plutôt du spectacle, le taureau est dans l'arène, Rome est en feu, les Tours s'effondrent....
Il n'y a rien de plus beau et nostalgique que la fin d'un Empire....
En Russie en 1917, on a démonétisé la Bourse, en 1945, dans certains pays, on a simplement changé tous les billets de banque, des pays comme la Chine vivent avec une monnaie intérieure non convertible et non accessible aux étrangers...