Santé / Société

Chez les hommes aussi, l'image corporelle a un impact sur la santé mentale

Temps de lecture : 2 min

Seulement 26% des hommes interrogés affirment être satisfaits de leur apparence, selon une étude.

«Instagram fait pression sur les garçons adolescents pour qu'ils soient grands et musclés», avoue le PDG du réseau social. | Amine Moshrefi via Unsplash
«Instagram fait pression sur les garçons adolescents pour qu'ils soient grands et musclés», avoue le PDG du réseau social. | Amine Moshrefi via Unsplash

La dysmorphophobie touche autant les hommes que les femmes. Si le mouvement body positivism est de plus en plus puissant, le culte –et la recherche– du corps parfait sont toujours bien présents dans la société, notamment vis-à-vis des femmes. Un grand nombre de célébrités, telles que Demi Lovato ou la mannequin Ashley Graham ne cessent de prendre la parole à ce sujet, en évoquant l'impact que cela a sur la santé mentale. Mais les hommes aussi sont concernés.

Une récente étude a d'ailleurs montré que pour 48% des hommes britanniques, la mauvaise image qu'ils ont de leurs corps a affecté leur santé mentale, rapporte un article de la BBC. Sur 2.000 hommes interrogés, âgés de 16 à 40 ans, 21% avouent même ne pas se sentir à l'aise d'en parler à qui que ce soit. Et seulement 26% affirment être satisfaits de leur apparence, indique l'étude menée par Campaign Against Living Miserably (CALM), un organisme de bienfaisance spécialisé dans la prévention du suicide, et Instagram.

La crise sanitaire du Covid-19, qui touche le monde entier depuis plus d'un an, n'a pas arrangé la situation. Si certains ont profité du confinement pour faire du sport grâce aux multiples entraînements en direct sur les réseaux sociaux, d'autres ont vu leur corps évoluer, mais pas comme ils le souhaitaient. Cinquante-huit pourcent des hommes interrogés déclarent que la pandémie a eu un impact négatif sur la perception de leur corps.

«Les hommes absents de la conversation»

«Tout le monde sur les réseaux sociaux semblait être en meilleure forme, en meilleure santé, moi c'était le contraire», confie Spencer Cooper. Le jeune homme de 22 ans a pourtant essayé, lui aussi, de faire du sport avant d'abandonner et de se sentir «coupable pour ça». Pendant cette période, il a d'ailleurs pris du poids. «Quand vos vêtements commencent à ne pas vous aller, que les magasins ne sont pas ouverts, tout d'un coup vous ne vous sentez pas bien et vous êtes très malheureux dans votre corps», précise-t-il.

Pour contrer ce phénomène, l'organisme de bienfaisance et Instagram ont décidé de lancer une série, intitulée CALM Body Talks, afin de promouvoir une image corporelle positive chez les hommes, surtout sur les réseaux sociaux. Et pour cause, ces derniers sont souvent pointés du doigt comme véhiculant des images de corps fins, musclés ou retouchés, ce qui n'aide pas à apprécier son propre physique. «Incontestablement, Instagram fait pression sur les garçons adolescents pour qu'ils soient grands et musclés, c'est malsain et inaccessible», analyse le CEO de l'organisme CALM, Simon Gunning.

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Le but de cette série est également de donner la parole aux hommes, qui «sont souvent absents de la conversation», explique Jamie Laing, militant et membre de la série. «Les problèmes d'image corporelle sont massivement répandus chez les femmes et les filles, les mêmes pressions s'appliquent aux hommes, mais nous n'en discutons pas de la même manière, ajoute Simon Gunning. Il n'y a pas de débat pour les hommes à ce sujet.»

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