Société / Monde

Brian Robson, l'homme qui a tenté de s'envoyer par courrier de l'Australie au Pays de Galles

Temps de lecture : 2 min

Aujourd'hui âgé de 75 ans, il recherche les deux Irlandais qui l'ont aidé pour ce périple.

Cet homme originaire du Pays de Galles a voyagé dans une boîte «de la taille d'un mini-frigo». | Ken Yam via Unsplash
Cet homme originaire du Pays de Galles a voyagé dans une boîte «de la taille d'un mini-frigo». | Ken Yam via Unsplash

Si vous étiez en Australie en 1965 et que vous avez aidé un Gallois à rentrer chez lui dans une caisse en bois, ce dernier a un message pour vous.

Brian Robson avait 19 ans quand il a rencontré Paul et John, deux amis et collègues irlandais, qui l'ont aidé à s'échapper du pays continent. Après onze mois passés en Australie dans le cadre d'un programme d'immigration, le jeune homme a commencé à avoir le mal du pays. Problème: son salaire de 40 livres par mois, soit un peu plus de 46 euros, qu'il gagnait en travaillant pour l'entreprise de transport ferroviaire de l'État australien du Victoria n'était pas suffisant pour qu'il puisse s'acheter un billet d'avion à 800 euros.

Au lieu d'économiser, il a eu l'idée de s'envoyer chez lui dans une caisse en bois, comme fret aérien, raconte un article du quotidien britannique Metro. C'est à ce moment-là que les deux amis irlandais sont entrés en jeu. Après avoir après rempli les documents nécessaires à l'envoi, grâce à la machine à écrire de Paul, ils ont cloué la caisse étiquetée comme contenant un ordinateur et l'ont expédiée sur un vol direct de Melbourne à Londres. Évidemment, les choses ne se sont pas passées comme prévu.

Un calvaire de plusieurs jours

Alors que Brian Robson s'apprêtait à voyager pendant trente-six heures dans cette boîte «de la taille d'un mini-frigo», avec des oreillers, une torche, sa valise, un livre de chansons des Beatles et deux bouteilles –une pour l'eau et l'autre pour l'urine–, il s'est retrouvé sur un autre vol, beaucoup plus lent et avec plusieurs escales. Il a d'abord atterri à Sydney, où sa caisse a été posée à l'envers. Il est resté ainsi, la tête en bas, pendant vingt-deux heures. Puis il a été chargé dans un avion en direction de Los Angeles.

«Je suis resté dans la caisse pendant cinq jours et je me suis retrouvé dans un hangar à marchandises. Je pensais que j'étais à Londres», raconte l'homme originaire de Cardiff, à la BBC. À travers un trou dans sa boîte, Brian Robson a croisé le regard effrayé d'un douanier américain qui pensait découvrir un cadavre. Une heure plus tard, le FBI, la CIA et la sécurité de l'aéroport ont débarqué. Brian Robson a finalement été emmené à l'hôpital, car il avait perdu l'usage de ses membres.

Les autorités américaines n'ont pas porté plainte et l'ont renvoyé à Londres sur un vol commercial. Une fois rentré chez lui, Brian Robson a écrit à Paul et John pour les remercier de leur aide, mais n'a jamais eu de nouvelles. «Si je les rencontrais à nouveau, je voudrais simplement leur dire que je suis désolé de les avoir mis dans cette situation et qu'ils m'ont manqué à mon retour, confie le passager clandestin. J'aimerais leur offrir un verre.»

Actuellement retraité, Brian Robson a raconté son histoire dans un livre, The Crate Escape, dont la sortie est prévue pour fin avril. «C'était stupide. Si mes enfants avaient essayé, je les aurais tués. Mais c'était une autre époque», confie-t-il avec du recul.

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