Sciences

Le cerveau des abeilles est plus dense que celui des oiseaux

Temps de lecture : 2 min

Et celui des fourmis l'est moins.

Cette différence de densité tient sans doute du mode de vie des insectes. | Andy Holmes via Unsplash
Cette différence de densité tient sans doute du mode de vie des insectes. | Andy Holmes via Unsplash

En matière de cervelle, comme ailleurs, la taille ne fait pas tout. Si la masse ou le volume du cerveau ont longtemps été considérés comme les meilleurs indices de la capacité comportementale des êtres vivants (ce que le profane qualifiera d'intelligence), de récentes études menées sur des vertébrés ont tendance à montrer que la densité du cerveau et le nombre de neurones lui sont bien mieux corrélés.

Menée sur trente-deux espèces d'hyménoptères –les abeilles, guêpes, fourmis, frelons, etc.–, une étude publiée fin mars tire parti d'une nouvelle technique de comptage des neurones et conclut que bien des abeilles ont une densité de cellules cérébrales supérieure à celle des petits oiseaux, mais que le cerveau de la plupart des fourmis est à l'inverse moins dense. Pourquoi une telle différence? Sans doute du fait du mode de vie des insectes: comme les abeilles volent, il est probable qu'elles aient besoin de cellules cérébrales plus nombreuses que les fourmis pour traiter les informations visuelles.

Soupe de mini-cerveaux

Dirigé par Rebekah Keating Godfrey, de l'université de l'Arizona, ce travail a demandé la dissection de 450 insectes. Chacune des cervelles était broyée et mise à tremper dans une solution mettant à nu le noyau des neurones. À cette soupe de mini-cerveaux, les scientifiques ont ensuite ajouté un colorant pour rendre les noyaux fluorescents et pouvoir les compter à l'aide d'un microscope spécial à ultraviolets, dit à «épifluorescence». Une procédure qui allait leur permettre d'estimer le nombre de neurones total des bestioles.

Il en ressort que certaines abeilles –notamment celles du genre Augochlorella avec leur joli corps vert métallique, dites «sudoripares» parce qu'elles sont attirées par le sel et donc la transpiration– possèdent un nombre très élevé de neurones pour la taille de leur cerveau: environ 2 millions par milligramme. Soit une quantité bien supérieure à celle observée dans les cervelets de nombreux oiseaux. Le roitelet huppé (Regulus regulus) en affiche par exemple 490.000 par milligramme, soit une densité déjà fort honorable. À titre de comparaison, le cortex humain compte environ 120.000 neurones par milligramme.

Reste que, par rapport aux abeilles et aux guêpes, les fourmis ont un petit cerveau et relativement peu de cellules cérébrales. L'une des espèces de fourmis étudiées (Novomessor cockerelli) ne compte ainsi que 400.000 cellules par milligramme. Selon les chercheurs, les insectes volants ont probablement davantage de neurones en raison des besoins visuels qu'exige le vol. Une hypothèse qu'ils ne manqueront pas de tester à l'avenir.

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