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Kidnappé puis incinéré vivant, un homme trisomique est utilisé pour remplacer le corps d'un défunt en Chine

Temps de lecture : 2 min

La famille qui a commandité l'enlèvement cherchait à remplacer le corps d'un de ses proches décédé, afin que ce dernier soit enterré. Un rite funéraire interdit dans leur région.

Un columbarium pendant le festival Ching Ming, une tradition chinoise vieille de 2.000 ans, à Hong Kong, le 5 avril 2019. | Anthony Wallace / AFP
Un columbarium pendant le festival Ching Ming, une tradition chinoise vieille de 2.000 ans, à Hong Kong, le 5 avril 2019. | Anthony Wallace / AFP

Cette histoire fait scandale depuis quelques jours en Chine: un Chinois atteint du syndrome de Down a été enlevé puis incinéré à la place du cadavre d'un homme mort quelques jours plus tôt, afin que ce dernier puisse être enterré. La famille du défunt est à l'origine du complot.

Les faits remontent à la fin février 2017, dans la province chinoise du Guangdong. Avant de mourir d'un cancer, un homme appelé Huang avait fait part à sa famille de son souhait d'être mis en terre, bien que leur ville de résidence interdise cette pratique.

La riche famille du défunt a alors mis en place un plan morbide pour accomplir ses dernières volontés: elle a engagé un homme chargé de trouver un autre cadavre qui puisse remplacer celui de leur proche au moment de l'incinération. Ainsi, le corps de Huang pourrait être enterré en cachette.

Le tueur à gages n'a pas tardé à trouver sa victime. Le 1er mars, il a enlevé un ramasseur d'ordures de 36 ans, appelé Lin Shaoren. Ce dernier était atteint de trisomie 21.

Après lui avoir fait boire un puissant alcool jusqu'à évanouissement, le tueur a placé le corps inconscient de Lin dans un cercueil scellé, puis l'a échangé contre celui de Huang. Ainsi, pendant que Lin était emmené vivant au crématorium, le proche de la famille à l'origine du plan diabolique était enterré dans une zone isolée, rapporte The Independent. Le tueur à gages, quant à lui, est reparti avec la somme de 90.000 yuans [environ 11.500 euros].

Découverte du crime en 2019

Il aura fallu attendre près de deux ans pour que ce crime soit percé à jour. Grâce à des images de vidéosurveillance, la police qui enquêtait sur la disparition de Lin a pu retrouver la trace du tueur à gages, avant de remonter jusqu'à la famille qui avait commandité l'enlèvement.

La justice a ensuite pris le relais. Le tueur à gages a été condamné à mort avec sursis en septembre 2020 –une décision récemment validée en appel. Sa peine sera commuée en une peine d'emprisonnement à perpétuité, sans condamnation à mort s'il ne récidive pas dans les deux ans à venir, ajoute le média britannique. De son côté, la famille, qui cherchait visiblement un «simple» cadavre, et ne souhaitait la mort de personne, n'a pas été condamnée à une peine de prison. Aucune précision sur une éventuelle amende n'a par ailleurs été révélée.

Récemment encore, cette histoire n'avait pas fait grand bruit en Chine. Il a fallu attendre le début du mois d'avril 2021 pour qu'un média donne une visibilité nationale à l'événement.

Si les enterrements traditionnels en Chine sont courants, certaines régions interdisent pourtant leur pratique. Selon la BBC, ces interdictions visent d'un côté à éviter toute cérémonie funéraire extravagante, où les familles en profitent pour étaler leur richesse, mais également à empêcher que les cimetières ne monopolisent de grands espaces dans des régions densément peuplées.

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