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Un Philippin meurt après avoir dû faire 300 squats pour avoir enfreint le couvre-feu

Temps de lecture : 2 min

Une enquête a été ordonnée par le ministère de l'Intérieur et le maire de la ville de General Trias.

Des policiers armés arrêtent une moto à un point de contrôle alors qu'ils procèdent à des vérifications d'identité lors d'une nouvelle série de mesures de confinement, à Manille, le 4 août 2020. | Ted Aljibe / AFP
Des policiers armés arrêtent une moto à un point de contrôle alors qu'ils procèdent à des vérifications d'identité lors d'une nouvelle série de mesures de confinement, à Manille, le 4 août 2020. | Ted Aljibe / AFP

Ce n'est malheureusement pas la première victime de l'approche dure adoptée par le pays pour faire respecter les restrictions sanitaires. Aux Philippines, un homme de 28 ans est mort après avoir été obligé par la police de faire 300 squats. La raison? Il a enfreint le couvre-feu installé dans une partie du territoire pour contrer l'augmentation des cas de Covid-19.

Le 1er avril, Darren Manaog Peñaredondo a quitté sa maison à General Trias, une ville de la province de Cavite située au sud du pays et soumise à des mesures de confinement, pour acheter de l'eau, selon sa famille. C'est à ce moment-là qu'il a été arrêté par la police. Elle lui a d'abord demandé de faire 100 squats avant de lui faire répéter l'exercice. Le jeune Philippin a finalement enchaîné environ 300 squats, rapporte un article de la chaîne de télévision CNN.

«Il a commencé à avoir des convulsions samedi [soit deux jours après l'arrestation, ndlr], mais nous avons pu le ranimer à la maison, confie sa famille. Puis son corps s'est affaibli et nous l'avons à nouveau ranimé, mais il était déjà dans le coma.» Darren Manaog Peñaredondo est décédé à 22 heures.

Des mesures de contrôle brutales

Le ministère de l'Intérieur et du gouvernement local ainsi que le maire de la ville de General Trias ont ordonné l'ouverture d'une enquête sur la mort du jeune homme, précise CNN. «Tous les policiers dont il sera prouvé qu'ils ont violé la loi seront poursuivis et se verront infliger les sanctions [administratives] et pénales appropriées», indique le sous-secrétaire du ministère, Jonathan Malaya.

Depuis le début de la crise sanitaire, les incidents impliquant des techniques policières brutales se sont multipliés aux Philippines. Selon un communiqué de l'ONG Human Rights Watch, des agents auraient enfermé cinq jeunes dans une cage à chiens pour avoir violé la quarantaine. Ils auraient également forcé des personnes à s'asseoir sous le soleil à midi pour les punir d'avoir enfreint le couvre-feu. «Les mesures prises par le gouvernement pour enrayer la propagation du Covid-19 ont conduit à de nombreuses violations des droits de l'homme», affirme de son côté, Amnesty International dans son rapport annuel.

Le président du pays, Rodrigo Duterte, est même allé encore plus loin en avril 2020, en déclarant que la police et l'armée pouvaient abattre toutes personnes violentes et menaçantes qui ne respectent pas les restrictions sanitaires.

Les Philippines sont l'un des pays d'Asie les plus touchés par le Covid-19, avec plus de 819.000 infections enregistrées et 14.000 décès, selon l'université Johns Hopkins. À la fin du mois de mars 2021, les autorités du pays ont ordonné le confinement de plus de 25 millions de personnes de la région métropolitaine de Manille et des provinces voisines de Bulacan, Cavite, Laguna et Rizal, jusqu'au 4 avril.

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