France

Jean-Marie Le Pen se prend pour Arlette Laguiller

Slate.fr, mis à jour le 02.05.2010 à 11 h 42

C'était le dernier 1er mai du vieux chef Jean-Marie Le Pen. Avant de passer la main, le leader frontiste a prononcé un discours empiétant sur les thématiques de l'extrême-gauche. La foule était nombreuse pour l'écouter: le traditionnel défilé du Front National en hommage à Jeanne d'Arc a réuni 2.000 personnes selon la police, 8.000 selon les organisateurs, des chiffres en hausse par rapport aux deux années précédentes.

Sur leur blog consacré à l'extrême-droite, les journalistes du Monde, Abel Mestre et Caroline Monnot, expliquent que Jean-Marie Le Pen s'est présenté «de manière inédite» comme le dernier rempart contre «l'exploitation». Un discours anti-crise que ne renierait pas Arlette Laguiller:

Si nous n’étions pas là, qui lutterait contre les délocalisations, contre la désindustrialisation, la paupérisation généralisée de notre société, la prolétarisation de notre classe moyenne et la disparition programmée de notre agriculture, de notre pêche, et de nos petits commerçants sous les coups de la grande distribution?

Jean-Marie Le Pen va jusqu'à évoquer une proximité idéologique avec l'extrême-gauche, par opposition au PS, qualifié de «gauche américaine».

Cette gauche là, qui vit encore, celle de la défense des opprimés, des exploités, des petits patrons, des petits fonctionnaires, des petits paysans, est certainement plus éloignée de la gauche américaine des Strauss Kahn et des Aubry que de nous! Elle est plus proche de nous que cette droite de l’argent roi, des Rolex et des chanteuses, celle qui finance les banques qui verse des milliards de bonus à ses traders pendant qu’un de nos paysans se suicide chaque jour!

Mais ce discours -qui fait les affaires de la fille Marine défenseure d'un braconnage de l'électorat populaire de gauche- n'enlève semble t-il rien aux fondamentaux du parti. Zyneb Dryef, journaliste à Rue89, a essayé d'interviewer des militants frontistes. Avec une certaine difficulté:

Je demande à l'un d'entre eux, descendu de l'un des bus: «Vous venez d'où?» La réponse fuse :
- Et c'est toi qui me poses la question ?
- …
- Parce que je vais te dire : moi, je viens de chez moi. Chez moi, tu comprends ? Allez, casse-toi.

Un autre militant lui répondra: «Moi, je suis en France depuis 1500 ! Toi, t'as pas d'identité.»

[Lire les articles du monde.fr et de Rue89]

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Image de une: Jean-Marie Le Pen en 2007, REUTERS/John Schults

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