Jean-François Copé: Soutenir la Grèce, c’est soutenir l’Europe
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Depuis septembre 2008, personne ne peut ignorer ce qu'il en coûte de laisser tomber un acteur important de l'économie, même s'il s'est mis lui-même dans une mauvaise situation. Chacun a gardé en tête les conséquences de la faillite de Lehman Brothers. L'effondrement de la banque américaine a donné un coup d'accélérateur dramatique à la crise financière dont nous sentons encore les effets avec violence aujourd'hui. En évitant la faillite de Lehmann, les autorités américaines n'auraient sûrement pas arrêté la crise mondiale, mais elles auraient limité la brutalité de la perte de confiance sur tous les marchés financiers du monde à l'automne 2008. Dans nos économies modernes, la défiance est devenue le pire ennemi de la croissance.
Avons-nous tiré les leçons de cette funeste expérience? C'est le moment de le montrer. Car un scénario voisin semble se répéter aujourd'hui. La bulle d'endettement en cause n'est plus celle des ménages américains, c'est celle des Etats européens. Le maillon faible n'est plus une banque. C'est un de nos partenaires, la Grèce. Le système menacé n'est plus l'ensemble du système bancaire international, c'est la zone Euro. Et à travers elle, soyons lucides, c'est l'Europe qui est directement attaquée, comme puissance économique et politique.
Pour l'Europe, c'est en effet l'heure du grand test. Une défaillance grecque aurait des conséquences incalculables.
- D'un point de vue politique, ce serait un aveu d'échec adressé à tous les citoyens européens et au-delà à toutes les autres puissances de la planète. Aux yeux de tous, notre projet politique fondé sur la solidarité entre les peuples perdrait une large part de sa crédibilité.
- D'un point de vue financier, ce serait le début d'une période de trouble inquiétante dans la zone Euro. Certains évoquent le risque d'un effet domino. C'est une hypothèse qu'on ne peut plus exclure même s'il ne faut pas mettre sur le même plan la Grèce et les autres pays européens: Espagne, Portugal, Irlande. Ces pays ne sont pas confrontés aux mêmes défis. Ce ne sont pas les finances publiques qui sont le point de départ des problèmes ibériques. Avant la crise et l'explosion de sa bulle immobilière, l'Espagne avait une politique budgétaire raisonnable. On ne peut pas dire la même chose de la Grèce: les tricheries de ses gouvernants d'hier sont les premiers responsables de ce qui lui arrive aujourd'hui.
La faute et le châtiment
La crise grecque force les dirigeants des pays de l'Union européenne à la clarté et au courage, notamment face à leurs opinions publiques respectives. Même si je le regrette, je constate que c'est souvent dans les crises et dans l'urgence que l'Europe est capable de révéler le meilleur d'elle-même. Voilà pourquoi je souhaite que les Européens adoptent au plus vite le plan de soutien qui permettra à la Grèce de faire face à ses prochaines échéances. Il faut rapidement montrer aux spéculateurs qu'ils n'obtiendront pas gain de cause en s'attaquant à l'euro.
Oui, c'est la Grèce elle-même qui a cassé la confiance des marchés en maquillant ses comptes publics pendant des années. Cela est indéniable, même si on peut aussi mettre en cause la mansuétude de toutes les instances qui auraient dû tirer le signal d'alarme bien avant. Par le passé, les autorités européennes comme les acteurs financiers -à commencer par les banques et les agences de notation- n'ont pas contesté les chiffres grecs, malgré leurs invraisemblances. On s'est même rendu compte que certains avaient largement tiré profit des désordres d'Athènes... Nous devons tirer toutes les leçons de ces dérives pour empêcher à l'avenir les «petits arrangements entre amis» qui ont permis le contournement de toutes les exigences comptables. Nous devons aussi retenir que lorsque la croissance est là, le pacte de stabilité n'est pas une brimade inutile, mais la condition sine qua non pour la survie de notre union monétaire. Cette leçon vaut notamment pour notre pays, qui doit viser au plus vite la réduction de ses déficits et se donner une règle constitutionnelle pour tenir l'équilibre de ses finances publiques.
Certains vertueux considèrent que la faute grecque mérite un châtiment et qu'il ne faut pas fausser le jeu du marché. Ils justifient leurs positions avec des arguments frappés au coin du bon sens: en venant aux secours de ceux qui ont dépensé sans rigueur en mentant sur la réalité de leur déficit, on risque d'encourager les comportements budgétaires irresponsables. On favorise en effet ce que les assureurs appellent l'aléa moral. Un individu assuré par d'autres a tendance à prendre davantage de risques qu'un individu qui doit lui-même assumer les conséquences financières de ses actes...
Une question d'intérêt
On peut comprendre qu'une partie importante de l'opinion allemande accepte difficilement l'idée de prêter de l'argent à la Grèce. Ceux qui se sont serrés la ceinture pendant des années en mettant en œuvre des réformes structurelles très profondes renâclent à payer les pots cassés par d'autres. Surtout lorsque ces derniers ont fait preuve d'insouciance pendant des années et que, même au cœur de la crise, ils tardent à faire des efforts aussi exigeants que les Allemands.
On en revient toujours à l'indémodable fable de La Cigale et de la Fourmi. A une nuance près... Et de taille! Dans la fable, la fourmi n'a pas d'intérêt personnel à aider la cigale. Or, dans la situation européenne, nous sommes tous directement liés les uns aux autres. Si l'appel à la solidarité européenne ne suffit pas, il faut alors avoir en tête qu'aider la Grèce, c'est aussi notre intérêt direct!
D'une part, les banques allemandes et françaises sont très exposées en Grèce. La France détient 52 milliards € de bons de trésor grecs et l'Allemagne 30 milliards €. Si Athènes n'honorait pas ses engagements, nous risquerions de repartir dans la spirale de défiance interbancaire qui a paralysé toute notre économie à l'automne et l'hiver 2008.
D'autre part, nous ne pouvons pas nous payer le luxe d'une crise de l'Euroland alors que tous nos efforts doivent être tendus vers le retour de la croissance et de l'emploi.
Il est évidemment moins enthousiasmant de faire appel à la raison plutôt qu'au cœur, afin de rappeler l'urgence du plan de soutien à la Grèce. Mais nous devons prendre acte du fait que l'eurobéatitude n'est plus à l'ordre du jour. Ni en France, ni en Allemagne. Soutenir la Grèce aujourd'hui, tout en tirant les leçons pour éviter qu'une même histoire se reproduise à l'avenir, c'est montrer que l'Europe n'est pas une incantation ou une étoile morte. Alors que de nouveaux géants émergent à l'échelle de la planète, il est temps de refuser la sortie de l'Histoire que certains promettent à notre continent...
Jean-François Copé
Photo: REUTERS/Yiorgos Karahalis
À LIRE ÉGALEMENT SUR LA GRÈCE: Egoïste dette souveraine, par Jacques Attali ; Les agences de notation complices de la spéculation ; L'euro est-il condamné? ; Grèce-Allemagne: la cigale et la fourmi
À LIRE SUR L'ALLEMAGNE: La série de chroniques de Jean-François Copé: Pourquoi l'assurance maladie allemande est en bonne santé ; Les Allemands prouvent que les déficits ne sont pas une fatalité; Comment sauver les retraites dans un pays vieillissant?; Les leçons du modèle allemand en matière d'emploi; Faire converger les politiques industrielles en France et en Allemagne et Rapprocher l'Allemagne et la France, ça devient vital
Mis à jour le 04/05/2010 à 10h16





















































Ce que l'on fait pour la Grèce n'est rien d'autre qu'un prêt-relais devant lui permettre de rembourser des échéances qu'ils sont incapables d'honorer, vis-à-vis de banques françaises ou allemandes!
Mais pensez-vous un instant qu'on demande à un pays en récession (2% en 2009, 4% en 2010, 1,6% en 2011, croissance retrouvée en 2012 seulement ) de faire 30 milliards d'euros d'économies en 3 ans - l'équivalent de 300 milliards pour un pays comme la France- sans possibilité de dévaluation compétitive et avec des diminutions de salaires drastiques pour la classe moyenne?
En économie, le pire est toujours certain, alors un retour à la manière argentine serait souhaitable, mais il est malheureusement utopique!
Mais je ne demande qu'à être convaincu du contraire, M.Copé!
Tout d'abord M. Copé je note votre mépris de répondre à un internaute électeur concernant ma question sur le transfert de 300M€ aux pharmaciens des gains réalisés par les français pour soulager le déficit de notre sécu. Autre point sur lequel vous n'avez pas répondu comment le Président a-t-il pu donner son accord sans vote de l'assemblée sur l'augmentation de 1€ pour les consultations chez les généralistes à partir de janvier 2011 vilà sans aucune contradiction possible un bonus électoral.
Pour avoir vécu dans des pays anglo-saxons mes questions reviendront systématiquement à chacun de vos éditos et j'invite les autres "slateurs" à faire de même, pour changer cette arrogance de nos poltiques, langue de bois malgré vos dires.
Concernant les pb de nos amis grecs il faut avoir l'honnêteté de prendre vos responsabilités:
1) l'ensemble de la classe politique de la zone euro savait que la Grèce ne pouvait pas être en conformité avec les critères de Maastricht, première IRRESPONSABILITE politique
2) d'un point de vue financier vous citez un certain nombre de pays vous oubliez la fragilité de la France doont l'état continue de distribuer dans la démesure en premier lieu la baisse de la TVA pour les restaurateurs dont M. Novelli nous abreuve de chiffres qu'il est le seul a trouver positif avec à la clé unea bsurdité politique faire croire qu'une baisse 14% de TVA aller révolutionner les cartes des restaurants plus de l'embauche, plus de l'investissement plus des augmentations de salaire ce que je nomme le délire de la publicité politique mensongère.
La France a toujours jonglé avec les chiffres vis à vis de Bruxelles dans un grand mensoonge de poker menteur, je note le laxisme de Bruxelles qui feint de croire à notre démonstration petit comptable.Vilà les petits arragements entre amis et oui le bulletin de vote passe avant la grandeur d'une Nation.
Alors osez dire critiquer la Grèce est assez amusant si l'on veut car ceux qui trinquent sont ceux d'en bas et qui ne sont pur rien dans le délire de leur politiciens.
Pour finir comment pouvez vous m'expliquer que les poltiques de la zone Euro n'ont pas faite une action en justice contre Goldman Sachs pour malversation mais également contre les anciens poolticiens grecs.
Comme d'habitude des discours mais un manque de courage politique.
Si, ce que je crains, la France venait à se retrouver dans la même situation que nos amis Grecs un remake de 1789 serait-il possible?
On ne peut que dénoncer l'irresponsabilité des politiques et le cadeau idiot de la baisse de la TVA dans la restauration, mais ce n'est malheureusement que regarder le problème par le petit bout de la lorgnette.
Si on peut regretter les baisses d'impôts, on ne doit pas oublier que le problème principal de la France n'est pas le taux d'imposition, mais le niveau de la dépense publique. Nous sommes dans le top 3 du taux d'imposition et le N° 1 de la dépense publique en Europe, avec 56% du PIB. 56% de la richesse créée par les Français est redistribuée par la puissance publique! Nous nous plaignons tous collectivement du manque de moyens de l'état et des réductions de la qualité des services publiques, alors que les budgets sont supérieurs à ceux de nos pays voisin. Une petite remise en question serait certainement utile.
Nous en avons tous profité et nous descendons dans la rue dès qu'un politique tente de réformer notre dépense publique. Comme les Grecs nous allons tous trinquer, mais nous avons tous bus dans le verre de l'endettement. Y compris ceux d'en bas.
J'ai bien lu votre édito. Mais, comme je suis une française de base, il faudrait m'expliquer quelque chose : si j'ai cru bien comprendre, les caisses de l'Etat étaient vides, il fallait virer tous les fonctionnaires, moderniser notre administration et notre économie, tous les indicateurs étaient au rouge, et puis, la crise. Le gouvernenemnt a trouvé des milliards d'euros pour les banques, pour l'automobile, la réduction de la TVA pour les restaurateurs, a acheté 90 millions de vaccins, et prête même de l'argent à la Grèce... ? Où est l'erreur ?
Quant mon portefeuille est vide, je ne dépense pas et je prête encore moins.
Où il y a des mystères de l'économie ou vous nous avez menti ?
et si un jour, ce qui arrive à la Grèce, nous arrive à notre tour, puisque l'on parle de l'Espagne, du Portugal, pourquoi pas de la France, vous serez obligé de rendre des comptes. Je pense très sincèrement qu'à ce moment-là, cela fera mal, même très mal !!!
Si je comprends bien, ce n'est pas l'Etat français qui avance de l'argent à la Grèce mais des banques françaises.
D'ailleurs la gauche de la gauche fustige les taux d'intérêt demandés. Peut-être a-t-elle cette fois-ci raison.
Je trouve parfaitement normal que ça soit les banques qui avance l'argent. C'est elles après tout qui se sont déjà engagées à mort dans ce pays.
Mme Gars, pour qui le mot solidarité rime avec salaires et privilièges pour les fonctionnaires mesurés par le prix en équivalence en francs de la baguette de pain, peut donc dormir tranquille.
d'abord, je suis peut-être fonctionnaire mais si l'on compare à la Grande-Bretagne nous ne sommes pas plus nombreux. D'autre part, j'ai passé ma vie au service des enfants. Ensuite, je ne posais pas la question en terme d'emprunt, mais j'ai entendu seriner à longueur de temps que nous n'avions plus d'argent. Tout d'un coup, l'Etat en a trouvé beaucoup en peu de temps et cela m'a interpellé comme nombre de Français ! les banques, la TVA, les vaccins, l'automobile... j'avoue, comme je suis moins intelligente que vous, n'avoir pas compris d'où sortait cet argent... sinon d'un emprunt de l'état.
La spirale est infernale et peut-être un jour nous allons nous retrouver dans la même situation que la Grèce et l'Espagne je crois ?
Bonsoir,
D'accord avec vous mais qui a la responsabilté des réformes, les politiques.
Je ne pense pas sur le fond que l'on doit se plaindre de l'action d'un Etat, SAUF lorsque celui-ci distribue sans aucun contrôle les deniers de la Nation.
des exemples parmi des centaines:
l'éducation nationale un budget d'environ 60 milliards€ + les conseils régionaux la question comment est utilisé cet argent pourquel résultat. La vérité sur les dépenses permettrait certainement à une majorité de français d'approuver des réformes.
le RMI comment peut on "distribuer" sans aucune contre partie des milliards€ la aussi la majorité suivrait.
L'armée qui loue certains matériels et s/traite certaines activités, au détriment d'un vrai calcul d'une réelle rentabilité et non sur le principe des chaises musicales des affectations budgétaires,mais voilà la grande muette à tous les droits
Je ne rentre pas dans la nébuleuse des exonérations, comme par exemple la non imposition sur les bénéfices des truffes pour ceux qui plantent des arbres truffiers !!!!! anecdotique mais combien symbolique.
Ne parlons pas de la gauche et des 35 heures qui a payé sur le budget de la Nation les entreprises pour appliquer cette "avancée"!!!!! sociale
Oui vivement la réforme de notre dépense publique mais dans la TRANSPARENCE, le COURAGE qui a manqué à notre gouvernement y compris notre donneur de leçon M.Copé, car on ne pas réformer sans prendre le risque de perdre son mandat voilà le pb depuis 40 ans de notre France.
Le Président et la majorité comme l'opposition d'ailleurs sont plus préoccupés par le renouvellement de leur siège que par la paupérisation du pays.
Bonne soirée
Comme vous, j'ai souvent du mal à comprendre les manœuvres de nos politiciens, mais quand, pour une fois, ils réagissent bien, et solidairement en faveur d'un autre pays de l'UE, je ne peux qu'applaudir.
Il ne s'agit pas d'intelligence mais de conviction.
Car l'Europe est en crise – lisez les articles d'Eric le Boucher. Le premier coup de vent sérieux sur notre système de monnaie risque très sérieusement de nous ramener au stade où l'on était avant la dernière guerre mondiale.
Chaque petit pays avec sa petite monnaie (dévaluée systématiquement), chacun avec sa petite armée incapable seule de défendre ses frontières (même l'Allemagne a finit par se plier en 45), chaque petit parlement incapable de prendre à temps les mesures qui s'imposaient pour défendre nos libertés (lisez 'Le Naufrage' d'Eric Roussel pour la période 35-40 en France).
L'Union Européenne a fait la moitié du chemin. Nous sommes au milieu du gué. Et voilà que tous ces 'nonists' (surtout ceux de mon pays) montent au créneau pour réclamer un retour au « bon vieux temps » d'avant guerre.
Ils ont la mémoire courte.
C'est pourquoi je m'insurge contre tous ceux qui essaient, par voie politique (les Le Pen de ce monde), par opportunisme politique (les Fabius lors du referendum) de démolir ce qui a été construit à ce jour, contre ces média populistes qui comprennent bien l'attrait des campagnes anti 'plombier polonais', et contre M. et Mme Tout le Monde qui se rappelle de ce qui était bien dans le passé (ose-je dire la baguette de pain à 1F?) en oubliant ce qui n'était pas.
Au fond je comprends mieux les hésitations de M. et Mme Tout le Monde à qui l'on explique si mal les choses. Mais au fond, également, je crois que nous sommes tous responsables de notre propre destin.
C'est à nous de créer l'Europe.
vous êtes-vous demandé un instant pourquoi la France était plombée par sa fonction publique pléthorique (20% de plus qu'en Allemagne pour 20% de population en moins), malgré les possibilités de productivité accrue données par les nouvelles technologies, comme l'ont fait beaucoup de pays?
vous êtes-vous demandé pourquoi un Inspecteur des finances qui n'a fait que de la politique toute sa vie reçoit sa retraite pleine et entière d'Inspecteur des finances, souvent cumulée avec une retraite de ministre , de député ..?
vous êtes-vous demandé si le système de retraite et d'assurance chômage voté par les élus pour eux-mêmes n'était pas inique et n'était pas une forme de mépris pour les citoyens?
en un mot, vous êtes-vous demandé un instant si la France était bien gérée ou votre seule préoccupation est-elle de devenir calife à la place du calife et, en attendant, de faire des papiers sur Slate.fr, car , à l'ENA, on vous apprend plus l'art de la rédaction que celui de la réaction?