Petit lexique de la crise belge
Douze termes pour comprendre ce qui se passe à Bruxelles, en Flandre et en Wallonie.
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La Belgique se retrouve de nouveau sans gouvernement. Depuis 2007, les crises politiques se sont enchaînées et même les Belges ne comprennent plus vraiment le pourquoi du comment. Petit lexique pour enfin saisir ce qui se passe de l'autre côté du Quiévrain.
BHV
C'est le dossier qui a fait tomber le dernier gouvernement. Il s'agit de la circonscription électorale de Bruxelles-Hal-Vilvorde, correspondant à la région bilingue de Bruxelles et sa périphérie. En temps normal, les circonscriptions sont unilingues, mais la forte présence de Francophones dans la banlieue bruxelloise (néerlandophone) a amené à des aménagements pour leur permettre de voter pour des candidats de leur communauté. Les Flamands voudraient la scinder pour stopper la francisation de la périphérie bruxelloise et affirmer définitivement son caractère néerlandophone. Les Francophones ne l'accepteront que si les droits linguistiques des francophones de ces communes sont garantis.
Communautés
La Belgique compte trois communautés, dites linguistiques: flamande (ou néerlandophone), francophone et germanophone. Il ne s'agit pas que d'une administration symbolique puisque leurs assemblées élues exercent de nombreuses compétences: éduction, culturelle mais aussi santé.
Les frontières des communautés ne correspondent pas à celles des régions, il y a donc parfois enchevêtrement. Par exemple, dans la région de Bruxelles-capitale, communautés francophone et néerlandophone sont compétentes du fait du bilinguisme.
Communes à facilités
Héritage du compromis linguistique de 1963, elles sont six et se situent toutes sur la partie flamande de la périphérie de Bruxelles mais sont peuplées d'une forte minorité, voire parfois majoritairement, de Francophones. L'accord leur garantit le droit de pouvoir avoir accès à l'administration et d'être jugé en français. Pour certains, ces «facilités» étaient à l'origine temporaires, le temps pour ces gens d'apprendre le néerlandais. Mais, elles sont aujourd'hui considérées comme un acquis par les Francophones.
Frontière linguistique
La Belgique n'est pas un pays bilingue sur l'ensemble de son territoire. Il n'y a que la région de Bruxelles qui le soit. En Flandre, seul le néerlandais est utilisé, même chose en Wallonie avec le français.
A noter: il y a également une communauté germanophone à l'est de la Wallonie, qui regroupe 70.000 locuteurs.
Fin de la Belgique
De nombreux scénarios sont évoqués: indépendance de la Flandre, création d'un Etat regroupant la Wallonie et Bruxelles, rattachement de la Wallonie à la France, avenir de Bruxelles en tant que district européen autonome. Toutefois, cela semble peu probable, personne ne voulant partir sans Bruxelles, poumon économique du pays.
Nationalisme flamand
Le nationalisme flamand est né au lendemain de la Première Guerre mondiale, favorisé par l'occupation allemande. A cette époque, une forte domination culturelle du français était imposée aux néerlandophones.
Plusieurs partis politiques flamands militent aujourd'hui ouvertement pour une plus large autonomie (confédération) voire une indépendance totale de la Flandre: le NVA (Nouvelle Alliance Flamande), le Vlaams Belang (Intérêt flamand) et Liste Denecker. Ils regroupent environ 40% des voix en Flandre.
Open Vld
C'est le parti (des libéraux flamands) qui a provoqué la chute du gouvernement en quittant la coalition gouvernementale. Ancien parti dirigeant au début des années 2000, il s'est effondré aux élections de 2007, en passant de 24% à 14% des voix. Son électorat est avant tout urbain, diplômé et issu de professions libérales. Son leader est Alexander De Croo, tout juste âgé de 34ans et fils d'Herman de Croo, figure libérale flamande depuis les années 80.
Régions
La Belgique est composée de trois régions, la Flandre, la Wallonie et la région Bruxelles-capitale. Leurs compétences sont nombreuses: politique énergétique, transport, environnement, politique de l'emploi, etc. Elles possèdent leurs propres assemblée et gouvernement.
Roi
Ses pouvoirs sont très limités et le monarque fait figure de symbole unificateur du Royaume. Dans la crise actuelle, Albert II aide à la formation d'un nouveau gouvernement en rencontrant les présidents des partis, hommes politiques influents et nommant des médiateurs. Il ne peut en aucune manière prendre position.
Sonnette d'alarme
Procédure d'urgence que peut mettre en place un groupe linguistique. Cela lui permet d'interrompre le travail parlementaire, quand la communauté en question estime qu'elle est menacée. L'objectif est d'éviter que les Flamands puissent voter des lois sans consulter les autres communautés puisqu'ils possèdent 60% des sièges du Parlement. Une fois la sonnette d'alarme déposée, un délai de 30 jours est accordé au gouvernement pour trouver une solution au problème.
Jeudi 29 avril, les Francophones ont déposé une sonnette d'alarme, estimant que les dispositions de la proposition de loi visant à scinder BHV compromettent ou sont de nature à compromettre les relations entre les Communautés.
Territorialité/Personnalité
Deux concepts et visions s'opposent dans le conflit communautaire entre Flamands et Francophones. Les premiers demandent le respect de l'intégrité territoriale de la Flandre et de son aspect unilingue flamand. Les seconds se fondent sur le respect du droit de la personne à pouvoir s'exprimer et vivre dans sa propre langue.
Yves Leterme
Leader des chrétiens démocrates flamands (CdV). Vainqueur des élections fédérales de 2007, il lui fallut alors plus de 148 jours pour former un gouvernement du fait des tensions entre francophones et néerlandophones sur les dossiers communautaires, et des promesses électorales de chacun. Il dû démissionner en décembre 2008 (soit neuf mois après son intronisation officielle) en raison de pressions qu'il aurait exercé lors de la vente de la banque d'affaires belge Fortis à BNP Paribas. Il est redevenu Premier ministre lorsqu'Herman Van Rompuy a été nommé Président du Conseil européen en novembre 2009. Le Roi Albert II a accepté la démission de son gouvernement le 26 avril.
Jean-Sébastien Lefebvre
Photo: Une manifestation pour l'unité de la Belgique, le 29 avril 2010 à Bruxelles. REUTERS/Thierry Roge
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Mis à jour le 19/07/2011 à 17h54












































Article utile.
Vous oubliez juste de préciser que la Communauté flamande a absorbé les compétences et les institutions régionales de la Flandre.
Ils n'ont donc qu'UN conseil et UN exécutif et que leur "capitale" est Bruxelles (!! ce qui veut dire que la capitale de la région flandre est.... Bruxelles ?!... alors que bruxelles est elle même une région !?!)
Et c'est très important parce que cette unification leur donne plus de force. De l'autre côté, ils sont quatres: la région Wallonne et la région Bruxelles Capitales, ainsi que la Communauté Fr et la Communauté De/All. !!!!!
Et ça change tout !!!!!
Très bonne (et courageuse) initiative, mais j'ai noté une erreur. Vous expliquez que les communes à facilités "sont six et se situent toutes sur la partie flamande de la périphérie de Bruxelles". Vous ne parlez là que des communes à facilités périphériques, mais il en existe d'autres le long de la frontière linguistique, autant en région flamande (avec facilités pour les francophones) qu'en Wallonie (avec facilités pour les néerlandophones ou les germanophones) ou en communauté germanophone (avec facilités pour les francophones). La liste est sur Wikipedia
Bonjour,
Outre les précisions apportées par les autres lecteurs, je souhaite mentionner celle-ci: dans les 6 communes périphériques de Bruxelles bénéficiant de "facilités", les minorités francophones sont tellement bien implantées que les francophones y sont en fait... majoritaires (de 55% dans la moins francophone à 85 % dans la plus francophone). C'est avouez-le une conception bien singulière de la minorité!