Life

Dormir et manger comme une star à Cannes

Nicolas de Rabaudy, mis à jour le 01.05.2010 à 11 h 07

Le festival de Cannes se déroule du 12 au 23 mai. Pour ceux qui y feraient un tour (et qui ont les moyens), voici une petite sélection d'hôtels et de tables gourmandes à Cannes et dans les environs:

Hôtel Carlton

Le palace de légende a renoncé à la course aux étoiles, préférant les préparations classiques inspirées du répertoire azuréen à la cuisine de recherches et de sophistication. Au rez-de-chaussée, sur la terrasse face à la mer, dans l'ancienne brasserie-bistrot confortable et animée à toute heure, le chef Laurent Busnel met en œuvre les produits de saison, légumes et fruits du marché Forville, près du Suquet, les poissons de la nuit dont le ferme denti, le loup aux écailles nacrées -de loin le plus demandé de toute la pêche locale avec le turbotin et le homard de Bretagne. Rien de déroutant, tout dans l'assiette est identifiable et goûteux.

À la plage du Carlton, la carte comporte près de 50 plats, un record sur la Croisette; en plus du plantureux buffet, des huîtres, du tartare de saumon, de la ratatouille, de la pasta et des risotti, l'exquise anchoïade pour parfumer le panier de légumes. Desserts d'enfance, dont le délicat œuf à la neige. Beaucoup de monde, très souvent complet le week-end. A la belle saison, on sert jusqu'à l'heure du thé, sous le regard amical de Roberto, l'amphitryon qui connaît tout le gratin cannois.

58 boulevard de la Croisette 06400. Tél. : 04 93 06 40 06.
Chambres à partir de 260 euros, selon la saison et les événements. Menus au restaurant à 49, 59 et 75 euros. Carte de 65 à 120 euros. À la plage, 51 et 75 euros. Carte de 70 à 120 euros.

Hôtel Martinez

Le palace Art déco a subi une complète rénovation, chambres modernissimes, piscine chauffée, SPA Givenchy, fitness, bar très fréquenté, trois restaurants dont le fameux Palme d'Or du chef Christian Sinicropi, adepte de la créativité culinaire, un brin avant-gardiste. Préférez la tradition méditerranéenne, genre loup sauvage au fumet de poissons.

Menus à 66 euros au déjeuner, 90 et 180 euros au dîner. Carte de 120 à 190 euros.

Au rez-de-chaussée, au bord de la piscine, le Relais Martinez, assiettes de saison aimables et soignées, menus à 28 et 38 euros.

À la plage, le Z, tapas, plats au wok, cocktails et jus de fruits énergisants, menu à 33 euros.

73 boulevard de la Croisette. Tél. : 04 93 39 03 38.
Chambres à partir de 220 euros selon la saison.

Le Palais Stéphanie

C'est l'ancien Noga Hilton au lobby circulaire, repensé, reconstruit sous la houlette de Richard Duvauchelle, le directeur général qui sait tout des secrets de l'hôtellerie contemporaine. Chambres insonorisées avec terrasses, certaines sur la mer, décorées de bois et de cuir aux tons sobres et reposants, piscine chauffée, jacuzzi, solarium sur le toit, coup d'œil panoramique sur la baie, théâtre au sous-sol, casino, on trouve tout au Palais Stéphanie qui s'est formé, à deux pas du Carlton, une clientèle internationale.

Au rez-de-chaussée, le restaurant La Cena est dirigé par le chef Patrick Frey, dix ans de maison, panachant des assiettes asiatiques, sushi et salades de thon rouge mi-cuit, des risotti et tagliatelles au saumon, gnocchi, pizzas (19 euros), club sandwichs, cela sans prétention, proposé sous les parasols, par d'accortes serveuses -la mer à l'horizon, comptez 50 euros à 70 euros.

50 boulevard de la Croisette. Tél. : 04 92 99 70 00.
Chambres à partir de 190 euros, selon l'époque.

Le Park 55 au Grand Hôtel

À l'écart de la fournaise de la Croisette, niché dans un renfoncement bordé par une longue pelouse, des statues et une terrasse pour le farniente, le Park 55, la table chic de l'hôtel, bénéficie du savoir-faire et de l'expérience de Sébastien Broda, disciple des chefs Chauveau et Willer qui furent les deux maîtres à cuire et à assaisonner de Cannes, avec Jacques Chibois, ancien du Gray d'Albion -tous trois éloignés de la Croisette, installés ailleurs, pour le moment. Athlétique et affable, Broda qui a récupéré en 2010 son étoile gagnée à Biot a fait du Park 55 le seul étoilé de la Croisette avec Christian Sinicropi au Martinez (deux étoiles, successeur de Christian Willer).

Le Michelin a eu du nez en accompagnant le parcours de Broda dont la créativité, le souci des garnitures, la composition des assiettes font merveille: ne dirait-on pas que l'étoile revenue a dynamisé sa manière et enrichi son style?

Ravioles de homard au safran dans un bouillon d'asperges au curry (28 euros), chevreau mariné aux épices, brocoletti, pequillos et écume d'ail (36 euros), pavé de bar laqué aux poivrons, encornets, olives et basilic (33 euros), la carte traduit une gestuelle de maestro, parfois trop sophistiquée -trois saveurs dans l'assiette suffisent, ainsi que l'exige Joël Robuchon- mais on reste épaté par l'inventivité de Broda, à coup sûr un futur grand des casseroles.


45 boulevard de la Croisette. Tél. : 04 93 38 15 45.
Déjeuner à 30 euros en semaine, une aubaine. Menu à 80 euros pour 4 plats. Carte de 120 à 150 euros. Chambres à partir de 200 euros, selon la saison.

L'Oasis

Rival du Moulin de Mougins et de la Bonne Auberge d'Antibes dans les années 70-90, ce grand restaurant de Mandelieu La Napoule, niché dans un jardin, a été propulsé au sommet par Louis Outhier, un chef respectueux du legs culinaire du passé et ouvert aux influences d'Asie et aux plats aux herbes thaïes. Les trois frères Raimbault ont maintenu le haut niveau du répertoire azuréen provenant de la pêche locale et du plantureux marché Forville à Cannes, l'enrichissant de sashimis de poissons crus et salade d'orge perlé, du loup laqué au soja, légumes au wok -la grande carte reflète une étonnante créativité et des tentations pour vrais épicuriens. La troisième étoile aurait dû récompenser le travail, l'imagination, les risques pris par les trois frères. Imposant chariot de desserts.

Bistrot à l'étage, menu à 29 euros.
6 rue Jean-Honoré Carle 06210 La Napoule. Tél. : 04 93 49 95 52.
Menus à 41 et 58 euros. Carte de 90 à 170 euros. Fermé lundi.

La Bastide Saint-Antoine à Grasse

Depuis 1985, l'ancien second de Michel Guérard, le Limougeaud Jacques Chibois, qui fut le premier deux étoiles de Cannes au Gray d'Albion sur la Croisette, attire les gourmets dans ce charmant Relais et Châteaux perché sur les hauteurs grassoises, parmi les oliviers et les essences rares. Six mois par an, on sert dehors, sous les parasols, les préparations sudistes et personnalisées de ce chef humble, souriant, qui tient à voir tous ses clients. Le déjeuner est une aubaine (59 euros), riche d'une trentaine de plats de saison, le mousseux de truffes aux dés de foie gras, les langoustines en panier et leur parmentier de saumon fumé et légumes, le gros loup et sa tapenade d'olives, sauce ciboulette au caviar, le soufflé au citron vert à l'ananas, tout cela suggéré par un personnel attentif et prévenant. Au plaisir des papilles s'ajoute la beauté du site de cette bastide noble, comme une maison d'amis. Formidable cave, grands bordeaux et vins de Provence.

48 avenue Henri Dunant 06130. Tél. : 04 93 70 94 94.
Autres menus à 160 et 190 euros. Carte de 110 à 200 euros. Chambres provençales ou contemporaines à partir de 240 euros, piscine et parc en terrasse. Pas de fermeture.

Nicolas de Rabaudy

Photo: La Croisette. REUTERS/Regis Duvignau

Nicolas de Rabaudy
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