Sciences

Chèvre ou mouton, qui est le plus intelligent?

Temps de lecture : 2 min

Les deux espèces ne réagissent pas aussi vite aux modifications de leur environnement.

Les écologies alimentaires des chèvres et des moutons se répercutent sur leur intelligence. | Bianca Ackermann via Unsplash
Les écologies alimentaires des chèvres et des moutons se répercutent sur leur intelligence. | Bianca Ackermann via Unsplash

Pour tout être vivant, pouvoir s'adapter à des environnements changeants est crucial à la survie –une aptitude que l'évolution aura sélectionnée en fonction de facteurs socio-écologiques. Les chèvres et les moutons constituent deux espèces très proches, avec des structures sociales, un gabarit et un degré de domestication similaires. Leurs écologies alimentaires, par contre, sont assez différentes. Alors que les moutons rasent à peu près tout ce qui leur passe devant le museau, les chèvres font davantage la fine bouche et privilégient les bourgeons et les herbes tendres. Un contraste qui se répercute sur leur intelligence, c'est-à-dire leur capacité à résoudre des problèmes.

C'est ce que conclut une étude menée par une équipe internationale dirigée par Camille Raoult et Christian Nawroth, spécialistes de cognition animale, analysant comment les deux espèces réagissent à de nouveaux obstacles sur leur chemin.

Contourner un obstacle

Leur dispositif expérimental était assez simple. Les animaux (21 chèvres, 28 brebis) étaient conduits l'un après l'autre à travers un enclos de 37m², vers une autre personne qui les attendait avec de la nourriture. Entre le départ et l'arrivée, avec la trajectoire en ligne droite bloquée, les animaux devaient passer par une barrière de 5,3 m ouverte sur 1,7 m. Les chercheurs allaient observer le comportement des animaux, pour voir notamment s'ils se dirigeaient directement vers l'ouverture et les chronométrer pour savoir combien de temps il leur fallait pour trouver à manger. Après quelques tours, les scientifiques ont changé la position de l'ouverture de la clôture et refait le test avec les animaux.

Lors du premier passage avec le nouvel emplacement, ce sont les chèvres qui ont réussi à contourner l'obstacle plus facilement et plus rapidement, même si ce sont les moutons qui, en moyenne, ont atteint leur but le plus vite. L'étude montre que moutons comme chèvres sont d'abord déconcertés par le changement de position de l'ouverture de la barrière et ont eu besoin de quelques essais pour s'adapter à la nouvelle situation. Ensuite, ils commettent de moins en moins d'erreurs.

L'un dans l'autre, les chèvres semblent plus efficaces et précises quand il s'agit de s'adapter au changement de leur environnement. Notamment, contrairement aux moutons, elles s'empalaient beaucoup moins sur la barrière une fois l'emplacement de l'ouverture modifié. Ce qui indique qu'elles sont plus flexibles sur un plan cognitif que les moutons.

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