Life

Quelques gestes vraiment bons pour la planète

Nina Shen Rastogi, mis à jour le 30.04.2010 à 18 h 01

Le respect de l'environnement est un concept très global, mais, au quotidien, le consommateur peut agir.

Fondamentalement, quelles sont les choses les plus importantes auxquelles un consommateur se doit d'être attentif s'il veut adopter un mode de vie plus respectueux de l'environnement?

C'est vrai, nous n'allons pas sauver la planète en préférant le skaï au cuir, la bière au vin, et les MP3 aux CD. Mais à chaque fois que nous sortons de ces analyses comparatives, nous sommes forcés d'admettre la complexité du concept de «respect de l'environnement». Il ne s'agit pas simplement des émissions de gaz à effet de serre ou des économies d'énergie -même si ces deux questions semblent beaucoup intéresser les gens de nos jours. Une analyse complète prendrait aussi en compte les effets potentiels de chaque option sur la pollution de l'eau, l'usage des terres et la biodiversité -entre autres. De plus, étudier des analyses du cycle de vie -peu importent les réponses qu'elles nous fournissent au final, et quelle que soit la trivialité de la question initiale- nous rappelle que les produits que nous achetons ont tendance à dissimuler des histoires alambiquées.

Le bon élève: le jeune diplômé colocataire

Cependant, je suis ravie du pense-bête révélant l'arbre (capteur de carbone) cachant la forêt (en rapide déclin). Et je suis heureuse de vous conseiller la lecture du dernier numéro du Journal of Industrial Ecology [Revue d'écologie industrielle] dédié à la consommation et à la production durables. Dans un article introductif, les quatre co-rédacteurs du numéro soulignent quelques conclusions majeures de ces dernières décennies de recherche. L'idée principale est que, en matière d'impact environnemental des ménages individuels, quatre domaines prévalent: le transport, l'alimentation, la construction de logements (par exemple: les impacts de la fabrication, du transport et de l'assemblage des matériaux de construction) et les produits consommateurs d'énergie (ce qui implique les appareils électroménagers, l'éclairage, le chauffage et la climatisation). Dans les pays industrialisés, ces catégories représentent au total 70 à 80% de l'impact environnemental d'un ménage.

Les rédacteurs pointent aussi plusieurs variables susceptibles de déterminer si votre empreinte écologique va être plus importante que celle de votre voisin ou de votre cousin habitant à l'autre bout du pays. Par exemple, la vie urbaine est généralement plus écologique que ses comparses banlieusardes ou rurales, grâce à un maillage d'habitation plus dense, des besoins moindres en chauffage, climatisation et en transport automobile. De même, les effets per capita sur l'environnement diminuent à mesure qu'augmente le nombre de personnes résidant dans un même foyer (merci à vous les nouveaux diplômés vivant à six dans un appartement, votre misère est bonne pour la planète). La recherche a également montré que les impacts tendent à augmenter avec le revenu du ménage. (Félicitations encore, nouveaux diplômés!).

Le compte-rendu de l'Industrial Ecology s'intéresse principalement aux retombées politiques de ces découvertes, de telle sorte que j'ai demandé aux rédacteurs en question les conseils qu'ils donneraient aux consommateurs individuels. Arnold Tucker, de l'organisme de recherche néerlandais TNO a listé ainsi ses recommandations: isolez votre maison, choisissez des appareils économes en énergie, conduisez un véhicule écologique (si vous avez vraiment besoin de conduire), diminuez votre consommation de viande et de produits laitiers, mangez des produits de saison et évitez tous les aliments qui sont venus à vous par avion.

Apprendre à consommer moins

Mais prenons encore un peu plus de recul pour une vue d'ensemble encore plus large.  Les actions individuelles -peu importe le type d'économies qu'elles produisent- ne peuvent pas vraiment être évaluées isolément. Afin d'être écologiquement significatives, elles doivent être considérées comme faisant partie d'un vaste ensemble holistique de comportements. Par exemple, si vous avez acheté un véhicule hybride économe en carburant, mais que roulez avec deux fois plus qu'à l'accoutumée, vous avez gaspillé vos réserves. (C'est ce qu'on appelle «l'effet rebond» dans les milieux écologistes). De même, si vous achetez scrupuleusement des nettoyants non toxiques et du papier toilette 100% recyclé tout en prenant l'avion une fois par mois pour votre travail, vous ne faites pas vraiment de faveur à la planète.

La consommation durable n'est pas une simple affaire d'achats de produits plus écologiques -mais demande aussi de modifier notre façon de penser la consommation. A la suite de Tucker, Maurie Cohen de l'Institut de Technologie du New Jersey remarque que nous n'allons pas sauver la planète en consommant différemment: nous devons apprendre à consommer moins. Et c'est une vérité difficile à avaler en cette époque d'écologie paresseuse.

Nina Shen Rastogi

Traduit par Peggy Sastre

Photo: Its Future is in our Hands - Live Earth / aussiegall via Flickr License CC by

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Nina Shen Rastogi
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