Société

Dans le podcast «Mon client et moi», la parole est à l'avocat

Temps de lecture : 2 min

La deuxième saison de cette production d'Europe 1 Studio remplit toutes ses promesses.

Ce podcast porté par la journaliste Margaux Lannuzel tend le micro à des avocats pénalistes. | Sora Shimazaki via Pexels
Ce podcast porté par la journaliste Margaux Lannuzel tend le micro à des avocats pénalistes. | Sora Shimazaki via Pexels

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Peu de nouvelles nous ont mis en joie ces derniers mois, mais l'annonce d'une deuxième saison du podcast judiciaire Mon client et moi était de celles-là. Produit par Europe 1 Studio, la branche «podcast natif» de la radio du groupe Lagardère, ce podcast porté par la journaliste Margaux Lannuzel tend à nouveau le micro à des avocats pénalistes pour leur faire évoquer une affaire qui a marqué leur carrière.

Une vie sous pression

Lorsqu'on pense aux avocats pénalistes, on imagine aisément les nuits blanches à éplucher des dossiers d'instruction, les parloirs avec des clients pas toujours commodes ou de longues plaidoiries endiablées dont l'éloquence peut suffire à faire gagner un procès. Mais pense-t-on à la déflagration psychologique du premier procès perdu? À la peur qu'un client peut inspirer lors d'un accès de violence? À ce qu'il se passe lorsqu'un avocat s'identifie plus à la partie adverse qu'à son propre côté du prétoire? Ou lorsqu'il faut défendre un djihadiste ou une victime de secte alors même que la société n'a pas encore bien identifié ces phénomènes?

Diffusés depuis début février, les cinq épisodes de cette deuxième saison racontent les coulisses de la relation entre un avocat et son client. Avec en ligne de mire les difficultés de ce métier particulièrement stressant, comme le résume Me Thomas Klotz –qui a plaidé face à une salle d'audience où deux bandes rivales se faisaient front– dans le dernier épisode: «Il y a des tensions auxquelles il faut savoir résister: être avocat, c'est ça aussi.»


Des tensions parfois très surprenantes, comme le rapporte Me Félix De Belloy dans l'épisode «L'avocat qui cachait une oreille dans son frigo»: «J'ai dû cacher un morceau d'oreille [de mon client qui s'était automutilé] dans le frigo de mon cabinet derrière un magnum de champagne, le temps d'aller au commissariat pour faire un procès verbal affirmant que je prenais l'entière responsabilité de m'en débarrasser. Normalement, on ne peut pas faire n'importe quoi avec des morceaux de corps humain.» L'avocat avait reçu le lobe de son client dans une enveloppe. L'autre moitié de l'oreille avait été envoyée à la magistrate en charge de ce dossier pour viols.

Défendre à tout prix?

Parmi les nouveaux récits de dix avocats, deux marquent particulièrement par la singularité des histoires et l'empathie provoquée chez l'auditeur. Il y a bien sûr Me Sabrina Goldman qui raconte comment, lorsqu'elle était elle-même jeune maman, a dû défendre une auxiliaire de puériculture qui avait tué un nourisson de 5 mois.

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Mais c'est surtout le témoignage du ténor du barreau Me Henri Leclerc, 86 ans et une belle carrière derrière la robe, qui nous reste en mémoire à la fin de ce podcast. Il raconte comment, lorsqu'il était encore jeune commis d'office en 1963, il a défendu un terroriste membre de l'OAS alors que lui-même militait dans les rangs de l'extrême gauche. «J'ai vite compris qu'il avait rejoint les rangs de l'OAS plus par désespoir que par conviction. La France était sa patrie, mais l'Algérie était sa terre natale et il ne supportait pas de devoir la quitter. [...] Dès que je suis sorti de prison, j'ai senti que je pouvais le défendre», explique Henri Leclerc dans l'épisode «L'avocat qui ne voulait pas plaider la mort» –le plus réussi de la saison.


Extrêmement bien réalisée, laissant les témoignages se déployer sans pathos ni grandiloquence, cette deuxième saison du podcast de Margaux Lannuzel tient en haleine de bout en bout. Elle confirme l'idée que Mon client et moi est l'une des productions les mieux réalisées d'Europe 1 Studio, dont on regrette seulement qu'il n'y ait pas davantage d'épisodes à chaque saison.

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