Le septennat, une fausse solution
Un Président élu pour 5 ans n'est pas obligé d'être hyperactif et de faire le job du Premier ministre.
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On sent poindre un débat en ce moment, à droite comme à gauche, autour de l'opportunité ou non de revenir au septennat pour le mandat présidentiel. Martine Aubry s'est interrogée... Plusieurs voix, dans la majorité, se posent également la question du bienfondé du quinquennat.
Ce n'est pas tant la durée du mandat présidentiel (trop court ou trop long) qui est en cause, mais plutôt le fait que le mandat présidentiel soit en adéquation exact (5 ans et concordance des calendriers) avec le mandat des députés. Cette concomitance, disent ceux qui doutent des qualités du quinquennat, aboutit à ce que le président de la République raisonne en termes de législature et plus en termes de présidence, qu'il gouverne plus qu'il ne préside, qu'il devienne, de fait, le chef de la majorité et que cela nuise -du coup- à son statut de «président de tous les Français»...
C'est le quinquennat qui serait la cause du rythme effréné imprimé à la vie politique par le président et donc à la mauvaise qualité des réformes qui sont finalement abandonnées ou bâclées. Le taux de popularité inquiétant du président atteindrait la fonction même puisque, de fait, le Premier ministre n'étant plus véritablement en charge d'assumer ce qui se fait au nom de la majorité, sa fonction traditionnelle de fusible à disparu. Et chacun comprend que changer de Premier ministre ne résoudrait pas les déconvenues actuelles du président avec l'opinion, puisque c'est lui (le président) qui fait tout, est responsable de tout, comptable de tout! Cette situation pose enfin un problème d'équilibre des pouvoirs: le parlement, qui est chargé de contrôler l'exécutif, ne peut pas exercer cette mission puisque le gouvernement est dépourvu de ses responsabilités au profit de l'Elysée... et que les députés ne peuvent pas (c'est dans la constitution) contrôler l'action du président de la République! Là encore, une motion de censure contre un Premier ministre inexistant serait vide de sens.
Donc sus au quinquennat?
Hé bien non! Parce que tous ces inconvénients et ces dysfonctionnements que je viens de décrire ci-dessus... il n'est pas du tout sûr qu'il faille les mettre sur le dos du quinquennat! Au fond, on peut vraiment se demander pourquoi un président élu pour cinq ans devrait être moins président qu'un président élu pour sept ans. Il n'est pas obligé d'être hyperactif et de faire, en plus du sien, ou à la place, le job du Premier ministre. Il peut très bien envoyer son ministre de l'Intérieur installer le préfet de Seine-Saint-Denis... le préfet n'en travaillera pas mieux ni moins bien. On a déjà vécu un quinquennat avant Nicolas Sarkozy... le deuxième mandat de Jacques Chirac. On ne se souvient pas d'une frénésie particulière (c'était d'ailleurs un autre genre de problème... mais c'est une autre histoire).
La concomitance entre les mandats présidentiel et législatif n'oblige pas du tout le président à se comporter comme le chef des députés UMP. Il n'est pas obligé de les convoquer à l'Elysée une fois par mois comme il a décidé de le faire. Ce n'est pas le quinquennat qui dicte au président de nommer lui-même les patrons de l'audiovisuel public et de paraître concentrer les pouvoirs... D'ailleurs, cette concomitance des mandats présidentiel et législatif n'est pas inscrite dans le marbre. Si le président décidait de dissoudre l'Assemblée, si le président devait décéder ou démissionner, la concomitance disparaîtrait.
En réalité, accuser le quinquennat d'être la cause des déséquilibres institutionnels du moment, que pointe par exemple Jean-Pierre Raffarin, c'est un peu comme dire d'un conducteur qui n'aurait plus de point sur son permis que c'est à cause de sa voiture! Qu'elle est trop puissante! C'est vrai, c'est plus facile de perdre des points avec une Ferrari plutôt qu'avec une Deux-chevaux... Mais le responsable, c'est celui qui est au volant et lui seul!
Thomas Legrand
À LIRE ÉGALEMENT: La mauvaise gouvernance mine le sarkozysme.
Photo: Nicolas Sarkozy/Reuters
Mis à jour le 30/04/2010 à 8h33













































très bon article de thomas legrand et surtout très bonne conclusion : oui, le septennat, le quinquennat c'est pareil... je pense comme le journaliste que si il y a autant de bazar et cette impression de griboullis c'est à cause de la personnalité de M. SARKOZY.
Il est président, premier ministre, ministre, il fait tout et tout semble passer par lui !!!! un peu trop pour un seul homme. Cela n'a rien à voir avec un président élu pour 5 ans. Tournez les yeux vers les USA, un président est élu pour 4 ans et M. OBAMA ne remplace pas tout le monde. Il dirige le pays et ne s'implique pas dans tous les détails de la vie politique. Il est reposant tout en étant efficace. Nous avons un président extrêmement agité et qui part dans tous les sens !
Hyperactif, peut-être mais peut-être trop....
Il faudrait qu'il prenne de la hauteur !
Tout mandat commence le premier jour.
Prenons le cas de M. Sarkozy les premiers jours pas une réunion de travail même si la place n'était pas encore libre, mais du bling bling ensuite une frange de temps importante pour des pb personnels.
La présidence de M. Sarkozy a réellement commencé fin 2007 une perte de 7 mois les plus importants. Nous avons eu une autre période bancale la nouvelle vie privé du Président euphorique, tant mieux pour lui, ne permet pas de gérer sereinement les sujets.
La période ubuesque par les discours, un jour oui un jour non, des régionales pendant ce temps la présidence était vacante pour les vrais besoins de la France.
M. Sarkozy n' aps été à la hauteur de la fonction pendant plusieurs mois et son manque de réflexion à long et moyen terme fait le reste.
Alors un quinquenat ou un septennat n'est pas la question, voilà encore une idée de politiciens incompétents.
Le vrai sujet la valeur de l'ensemble de la classe poltique, toujours des excuses pour masquer l'imcompétence et l'irresponsabilté face aux besoins de notre pays.
Bien que globalement d'accord avec cet article, je n'arrive toujours pas à comprendre pourquoi certains commentateurs regrettent les temps anciens dans lesquels le Président dirigeait tout, mais caché derrière un Premier Ministre fusible, comme derrière un faux nez.
Existe-t-il dans le monde d'autres constitutions créant un exécutif à 2 têtes? Peut-être cette peur de la responsabilité est-elle un trait de la culture française?
A titre personnel je préfère la culture de la responsabilité à celle du fusible.
Ce n'est pas la durée du mandat présidentiel qui doit être modifié, mais son caractère renouvelable. 5,7,10 ans... mais une seule fois !
C'est la meilleure manière d'en finir avec la "logique" de la campagne électorale permanente qui réduit la classe politique à ces accablantes pitreries.
un mandat de cinq ans, c'est 3 ans maxi d'activité réformatrice, puis 2 ans de calme plat pour préparer une réélection, malgré des sondages défavorables; alors on envisage tout et même le pire, y compris le changement de scrutin, car il faut A TOUT PRIX être réélu, pour soi d'abord, pour ses députés ensuite, malgré l'assurance chômage et la retraite iniques qu'ils se sont votées!
donc un mandat de 7 ans non renouvelable, c'est la moins mauvaise solution!
N'est-ce pas dans "le tailleur", sketch de Fernand Raynaud, qu'éclate le match
de la mauvaise foi et de la crédulité passive ? En l'occurrence, est-ce le costume
qui doit s'adapter au modèle ou le modèle qui doit être choisi en fonction du costume ?
De toute façon, l'électorat que la durée du mandat présidentiel n'avait pas semblé
passionner n'a pas montré non plus un goût très sûr ni une très grande exigence
lors de ses dernières visites au refuge de la Société des Présidents Avides
à en juger par les spécimens qu'il a installés ou failli installer chez lui.
Démocraintivement.