Culture

On sait pourquoi Einstein tire la langue

Temps de lecture : 2 min

Cette photographie, la plus emblématique du physicien, reflète bien sa personnalité.

Albert Einstein (1879-1955). | Arthur Sasse / UPI / AFP
Albert Einstein (1879-1955). | Arthur Sasse / UPI / AFP

Le cliché a 70 ans, et semble ne pas avoir pris une ride. Et pour cause, dès que l'on parle d'Albert Einstein, c'est bien cette photographie qui nous vient en premier à l'esprit. Derrière l'image mondialement connue se cache une histoire qui nous en dit un peu plus sur ce génie du XXème siècle, au regard farceur et à la langue malicieuse.

Cette photographie est avant tout la capture d'un instant, une image prise sur le vif, presque au hasard par un membre de l'agence de presse américaine UPI (United Press International), le 14 mars 1951. Ce jour-là, le physicien fêtait ses 72 ans et participait à une soirée organisée en son honneur à l'Institut for Advanced Study de Princeton, dans le New Jersey, aux États-Unis.

Mondialement connu pour ses travaux, le professeur était attendu par une foule de paparazzis qui guettait devant l'entrée du bâtiment. Cette médiatisation, Einstein la fuyait. Il était fatigué d'être constamment un porte-parole, rapporte le média allemand Deutsch Welle. Avec sa femme et le professeur Frank Aydelotte, ancien directeur de l'Institute for Advanced Study, Einstein fendit finalement la foule pour s'enfoncer sur le siège arrière d'une limousine. Pas de quoi faire fuir pour autant les photographes les plus tenaces.

L'un d'entre eux aurait lancé: «Hé, Professeur, souriez pour une photo d'anniversaire, s'il vous plaît». Agacé, un brin désinvolte, Einstein sortit sa langue avec malice. Un geste que n'a pas manqué d'immortaliser le photographe Arthur Sasse.

«Cette pose révèle bien mon comportement»

Si cet événement a pu passablement irriter Albert Einstein, ce dernier ne restait pourtant pas peu fier de ce portrait photographique. À titre personnel, il en a même commandé neuf copies.

Si le physicien né à Ulm, en Allemagne, aimait particulièrement ce cliché, c'est que, selon ses dires, il représente plutôt bien son état d'esprit.

«Cette pose révèle bien mon comportement. J'ai toujours eu de la difficulté à accepter l'autorité et, ici, tirer la langue à un photographe qui s'attend sûrement à une pose plus solennelle, cela signifie que l'on refuse de se prêter au jeu de la représentation, que l'on se refuse à livrer une image de soi conforme aux règles du genre», dira-t-il plus tard.

Cette image non conventionnelle représente parfaitement cet esprit libre qu'était Einstein, et contraste complètement avec l'image académique que l'on peut avoir d'un scientifique. Un énième pied-de-nez à la bêtise humaine dont il aimait si souvent se moquer. «Deux choses sont infinies: l'univers et la bêtise humaine. Mais je ne suis pas encore tout à fait sûr de l'univers», dira un jour le professeur.

Newsletters

Un écrivain turc doit-il avoir fait de la prison pour plaire aux jurys littéraires français?

Un écrivain turc doit-il avoir fait de la prison pour plaire aux jurys littéraires français?

Le prix Femina étranger 2021 a été attribué à «Madame Hayat» (Actes Sud), un véritable hymne à la liberté, conçu et écrit derrière les barreaux par le Turc Ahmet Altan.

Faites la fête (mais en silence) à la Cité des sciences et de l’industrie

Faites la fête (mais en silence) à la Cité des sciences et de l’industrie

Pour la 11ème édition des Silencieuses, la Cité vous invite à déambuler le 28 octobre, de 20h à minuit, dans ses espaces d’exposition sur fond d’univers musicaux variés. Avec une murder party à la clé.

Comment fabrique-t-on un bon personnage de flic pour une série?

Comment fabrique-t-on un bon personnage de flic pour une série?

Il existe un moyen d'offrir aux spectateurs autre chose qu'une énième variation d'un archétype de policier vu et revu.

Podcasts Grands Formats Séries
Slate Studio