Société

La mafia napolitaine fait taire les ambulances dont les sirènes ressemblent à la police

Temps de lecture : 2 min

Silence, trafic en cours.

Les ambulances perturbent le trafic de drogue avec leurs sirènes. | camilo jimenez via Unsplash
Les ambulances perturbent le trafic de drogue avec leurs sirènes. | camilo jimenez via Unsplash

Entre une ambulance et une voiture de police, la différence n'est pas toujours évidente. Leurs sirènes à plein volume et leurs lumières clignotantes peu ou prou similaires n'aident clairement pas à faire la distinction. Cette situation agace terriblement la mafia de Naples, qui n'hésite pas à le faire savoir.

Les faits remontent au début du mois de février 2021, quand une ambulance qui traversait à toute vitesse le quartier espagnol de la ville a été prise pour cible par la Camorra, la célèbre mafia napolitaine. Deux hommes sur une moto ont commencé à frapper la vitre du véhicule en leur criant dessus.

«N'avez-vous pas compris que vous ne pouvez pas utiliser votre sirène ici? Éteignez-la ou nous vous tirerons dessus», a dit l'un des deux mafieux, rapporte The Times. Pris de panique, les ambulanciers ont demandé une protection policière.

Si la mafia déteste tant les sirènes et les lumières des ambulances, c'est parce qu'elles perturbent principalement le trafic de drogue. Client·es comme vendeur·euses tombent souvent dans le panneau en confondant le passage d'une ambulance avec une descente de police -ce qui n'est vraiment pas bon pour les affaires.

Agressions et menaces à répétition

Ce n'est pas la première fois que de telles menaces surviennent sur les plates-bandes de la mafia de Naples. Force est de constater qu'elles finissent par porter leurs fruits: certaines ambulances locales, notamment à Sanità et Traiano, n'utiliseraient les sirènes qu'en sortant de ces quartiers, ajoute le quotidien britannique.

Être ambulancier·ère est un métier à haut risque dans cette ville du sud de l'Italie. Car quand ce n'est pas la mafia qui s'en prend à eux·elles, ce sont les proches des patient·es qui prennent le relais.

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Plusieurs proches de patient·es décédé·es ont en effet agressé les ambulancier·ères, qu'ils·elles estimaient responsables du drame. Au total, il y a eu près de 300 agressions de ce type ces trois dernières années, ajoute le Daily Mail.

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