L'euro est-il condamné?
Les rêves européens pourraient bien mourir avec la monnaie unique.
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Il m'arrive, parfois, d'être prétentieux à l'extrême. Je reprends alors la longue liste de mes prédictions, et m'interroge: au cours de ma carrière, qu'ai-je deviné? Quand? Et comment? Durant l'été 2005, le magazine Foreign Policy avait demandé à ses collaborateurs de désigner une chose que le monde tenait pour acquise mais qui, selon eux, était surestimée ou ne durerait pas. Après une brève période de réflexion, j'avais choisi l'euro.
Je ne voulais pas que l'avenir me donne raison, bien au contraire; j'aurais vraiment préféré avoir tort. Du temps où je vivais encore en Europe, j'étais l'un des rares hommes de gauche à défendre l'élargissement de la communauté, à y voir un phénomène progressiste. Et ce principalement parce que j'avais constaté les effets positifs de l'Union à la périphérie du continent, en particulier en Espagne, au Portugal et en Grèce. Jusqu'au milieu des années 1970, ces pays vivaient sous le joug de dictatures réactionnaires, ancrées dans la religion et le militarisme, et dépendant directement de l'aide militaire fournie par les cercles les plus conservateurs des Etats-Unis. La communauté européenne n'acceptant que les démocraties parlementaires, les classes moyennes des pays totalitaires n'avaient pas tardé à souffrir de cette exclusion, et s'étaient employé à renverser leurs despotes.
Les bienfaits de l'Union
Le charme de l'Europe a profité à plusieurs autres pays. Lorsque la République d'Irlande est devenue membre de l'Union, entrant de ce fait dans la même union douanière que le Royaume-Uni, la frontière avec l'Irlande du Nord a immédiatement perdu de son importance, et le conflit communautaire s'est peu à peu estompé. A Chypre, le fait que les deux communautés, turques et grecques, veuillent faire partie de l'Union a contribué à préparer le terrain pour les négociations visant à annuler la partition post-coloniale de l'île. La modernisation et l'ouverture de la Turquie, aussi inégales soient-elles, sont en grande partie dues à cette volonté de rejoindre un système européen commun. Et il va sans dire que les populations d'Europe de l'Est, même à l'époque du mur de Berlin, n'avaient qu'une idée en tête: remplir les critères d'adhésion, afin de pouvoir rejoindre l'Ouest le plus vite possible -et d'échapper ainsi au Conseil d'assistance économique mutuelle, l'inutile et coûteuse parodie d'alliance internationale alors orchestrée par l'Union soviétique.
La création d'une monnaie unique semblait, logiquement, être la prochaine étape, ce qui voulait dire qu'au lieu de dominer l'Europe (comme le redoutaient les réactionnaires britanniques et français), l'Allemagne allait bientôt s'européaniser. La décision d'abandonner le Deutsche Mark, en 2002, compte parmi les décisions les plus sages et les plus généreuses jamais prises par un Etat moderne. L'Allemagne confirmait alors qu'elle avait achevé sa transformation; qu'elle était bel et bien sortie du nazisme, du stalinisme et de la partition, les trois ennemis mortels de l'Europe moderne.
Les croassements d'Haider
Et pourtant, c'est un fasciste germanophone qui éveilla bientôt mes doutes. L'euro venait à peine d'entrer en circulation dans la plupart des pays du continent, de la Finlande à la Grèce; j'étais en train d'interviewer Jörg Haider, feu le leader du Parti autrichien de la liberté. Il avait eu un petit sourire désagréable et méprisant, et m'avait demandé si je trouvais réellement à mon goût «la nouvelle monnaie Espéranto».
Sa réflexion ne manquait pas de finesse, et elle m'ébranla quelque peu. Le vieux rêve d'un langage universel, l'Espéranto, qui mettrait un terme au châtiment de Babel, à l'ancestrale rivalité des langues... un projet illusoire, pour des raisons évidentes. Personne n'a envie d'apprendre une langue maîtrisée par si peu d'individus. Pire: l'invention de l'Espéranto n'a fait qu'ajouter un langage mineur à tous les autres. Maintenant, prenez l'euro: et si, au lieu d'être l'équivalent monétaire de la lingua franca, il ne devenait qu'une monnaie européenne de plus?
Il est assez tragique de constater que le système euro fonctionne déjà à deux vitesses, et que les pays occupant le bas du tableau (la Grèce, le Portugal, l'Espagne et l'Irlande) sont ceux qui avaient le plus profité de leur entrée dans l'Union européenne. La Grèce a eu recours à des procédés plutôt louches pour dissimuler sa dette, et certains petits Etats ont administré leurs budgets en parfait irresponsables -ce qui n'a bien évidemment pas manqué d'irriter les Allemands. En Allemagne, certaines personnes commencent à protester ouvertement, déclarant qu'à choisir, elles préféraient revenir au Deutsche Mark plutôt que de tirer d'affaire quelques républiques bananières indigentes et dépensières. Ces mouvements d'humeur ne pouvaient qu'appeler une répartie cinglante; ainsi, dans une récente interview, Theodoros Pangalos (le ministre grec des affaires étrangères) s'est fait un devoir de rappeler que les nazis avait pillé les réserves d'or de la Grèce pendant l'occupation allemande -message bien évidemment destiné aux nationalistes grecs.
Un tiers-monde né en son sein
«Ne parlons pas de la guerre»: c'était là un accord tacite, pilier de la fraternité européenne -mais il n'aura pas fallu attendre longtemps pour constater les premières entorses à l'étiquette. Et cette atmosphère risque fort de s'envenimer plus avant: Berlin demande aux pays les plus pauvres de redresser la barre, et la population allemande se plaint de devoir se serrer la ceinture pour venir en aide aux Etats les moins performants.
On nous parle sans cesse des conditions du «plan de sauvetage», des «prêts» accordés pour «combler la dette». Mais ce ne sont que des euphémismes, des solutions à court terme. La vérité, c'est que l'expression «défaut de paiement» vient de faire son entrée dans le vocabulaire européen, et qu'elle s'applique à un pays tout entier; la vérité est aussi que ce club de pays développés doit maintenant faire avec un tiers-monde né en son sein. C'est toujours la politique qui a justifié l'existence de l'Union européenne, pas l'économie, et si le symbole de la dimension de second ordre se ternit, l'idéal premier n'en sortira certainement pas indemne.
Les pays constituant ce petit groupe d'exclus de l'intérieur sont au nombre de quatre: le Portugal, l'Irlande, la Grèce et l'Espagne; certains pensent même que l'Italie a sa place dans cette liste. A ce stade, les Etats ayant fait l'impasse sur l'euro (la Grande-Bretagne, de nombreux pays scandinaves...) ne reviendront sans doute pas sur leur décision. L'euro n'est donc qu'une monnaie de plus; il n'est même pas accepté dans l'ensemble de la communauté. Et le rêve européen, dans tout ça? Que va-t-il devenir? J'aurais préféré ignorer les croassements d'Haider, mais cela aurait été mal connaître l'histoire de ce continent: en Europe, lorsqu'un obscur fasciste autrichien s'agite, mieux vaut tendre l'oreille.
Christopher Hitchens
Traduit par Jean-Clément Nau
LIRE EGALEMENT SUR LA CRISE DE L'EURO: La dépression mondiale est devant nous, Grèce-Allemagne: la cigale et la fourmi, La «veille Europe» évanescente et fracturée, Grèce, l'Europe joue sa survie, L'euro disparaîtra comme l'Union latine il y a 93 ans et L'Europe hors jeu.
Photo: Euro destruction/Makusram via Flickr License by
Mis à jour le 30/04/2010 à 9h50













































très bon article.... pour ma part, je soutiens que l'euro n'a pas amélioré notre niveau de vie, les prix ont été multipliés par 6 : une baguette de pain valait 1 franc, à l'heure actuelle c'est près d'un euro, un loyer de 500 F c'est 500 €, bref... tous les prix ont augmenté. La Grande-Bretagne, la Norvège n'ont pas l'euro et s'en sortent pas si mal que çà...
Les Allemands ont "poussé à la roue" pour que la majorité des pays européens adhérent à l'euro... Ils ont imposé certains critères.. et maintenant ils rechignent à aider la grèce. Si la Grèce revient à sa monnaie, comme elle ne vaut rien, c'est mettre les Grecs au bord du gouffre, si on les oblige à rembourser leur dette dans leur monnaie d'origine.
Un peu de solidarité serait d'actualité !
Quant à moi, je veux bien sortir de la zone euro et que les prix redeviennent raisonnables...
Tout d'abord, allez voir le coût de la vie en grande bretagne et dans les pays scandinaves (la Norvège ne fait pas partie de l'Union Européenne, elle ne risque donc pas d'avoir l'euro, mais on peut penser à la Suède, membre de l'UE et qui continue à utiliser la couronne suédoise), et vous verrez que même s'ils n'ont pas l'euro, les prix sont très élevés.
Sachez que si la France sort de l'euro (hypothèse hautement improbable), elle se retrouverait dans la même situation, sinon pire, que la Grèce à l'heure actuelle. Entre le niveau actuel de la dette, le passé de la France en matière de gestion des déficits et des taux de change, et le déficit de la balance commerciale, les attaques spéculatives contre la monnaie se multiplieraient, et les taux auxquels la France pourrait emprunter sur les marchés s'envoleraient ce qui impliquerait soit:
des mesures d'austérité terribles
une série de dévaluations de la monnaie, donc inflation, donc perte de confiance en la valeur de la monnaie, et crise économique très forte.
Une sortie de l'euro ne conduirait certainement pas à une baisse des prix (ou alors dans le cadre d'une très forte contraction de l'activité économique, et encore...), et puis cela aurait des conséquences politiques désastreuses pour la France.
Si l'Allemagne a imposé des critères si sévères à la mise en place de l'euro, c'était pour éviter la situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui. L'Allemagne, à cause des années 30 et des conséquences politiques de la crise et de l'hyperinflation a adopté depuis la fin de la seconde guerre mondiale une gestion très rigoureuse de sa monnaie et de ses finances publiques pour éviter que des évènements similaires à ceux de 1933 ne se reproduisent (comportement qui a par ailleurs été salué par les marchés financiers tout au long de la deuxième moitié du XXe siècle). Pour cette raison, les allemands avaient peur à Maastricht que les pays moins vertueux (Grèce, Espagne, Portugal, mais aussi France et Italie) n'en profitent et se permettent des largesses budgétaires en sachant que l'Allemagne aurait les moyens de payer, et l'obligation de payer. Car l'Allemagne va devoir aider la Grèce, autrement ce serait catastrophique pour toute l'Europe, mais il faut bien montrer que respecter ces critères ne sert pas qu'à faire plaisir à Mme Merkel, mais est aussi nécessaire à la santé économique de l'UE
Ah la baguette était à 1F avant l'Euro et maintenant, elle est à 1 € ?
La belle affaire, elle a été aussi à 1 ancien Franc, et elle a bien dû être à 1 sou...
Vous oubliez l'inflation galopante (15% par an dans les années 70). Si elle a pu être jugulée, ce n'est que grâce à des politiques économiques rigoureuses et un ancrage fort à l'Europe, tout ce que l'Euro a concrétisé. en 2002.
Vous oubliez aussi les autres facteurs qui influent sur les prix, comme, dans l'exemple de la baguette, les cours mondiaux des céréales ; il a bon dos l'Euro !
Vous critiquez, mais vous oubliez votre super écran-plat-géant que vous n'avez pas manqué d'acheter récemment, alors que votre télé à tube fonctionnait encore très bien : si vous avez pu le payer que quelques centaines d'Euros, c'est - en partie - parce que l'Euro est fort.
Faut-il rappeler que la quasi totalité des produits manufacturés que nous achetons vient de pays hors euros ?
Par ailleurs, vos alter-ego danois ou suédois qui se flattent de ne pas avoir l'Euro, savent-ils que leur devise est "vissée" à l'Euro et que ce n'est que pure hypocrisie de garder leurs couronnes ?
Et les anglais, europhobes par excellence : leur Livre a chuté de plus de 25% en quelques années ; qu'est-ce que vous croyez qui a augmenté grâce à ça : leurs salaires ou le prix de leurs biens importés ?
Enfin, si un pays comme la Grèce devait quitter la zone Euro : 1) il se prendrait une dévaluation carabinée 2) ça déclencherait une inflation récurrente pendant plusieurs années 3) ça ne fera pas bouger les salaires...
On va devoir payer pour aider les Grecs, hélas ; mais la faute à quoi , à qui ? à l'absence de politique économique unifiée en Europe. Et si on n'en a pas, la faute aux gouvernements nationaux qui sont bridés par leur électorat nombriliste à la pensée courte.
d'abord, je n'ai pas d'écran plat, j'ai toujours ma vieille télé de 11 ans ! et si les écrans plat ne sont pas chers ce n'est pas à cause de l'euro, c'est qu'ils sont fabriqués dans des usines en roumanie, où dans quelque pays où les salaires sont bien moins importants qu'en France.
Ensuite, je ne suis pas "contre" l'euro, je pense très sincèrement que les français dans leur majorité étaient pour le traité des Maastricht, (à une courte majorité) mais personne n'a tenu compte de ceux qui étaient contre.
Enfin, imposer une monnaie unique à tous les pays, mêmes les nouvelles républiques de l'ancien bloc communiste, était une erreur...
En 1776, les USA sont nés et ont imposé le Dollar comme monnaie unique, mais au fur et à mesure ils ont intégré les nouveaux états. Trois siècles après, c'est la nation la plus importante du monde.
Paris ne s'est pas fait en un jour et c'était une utopie de faire l'"Europe" en 10 ans !!!
Convenez avec moi qu'il y a eu des ratés et l'exemple Grec est significatif. On parle du Portugal, de l'Espagne, de la France et j'ai bien peur que cela fasse comme pour la théorie de dominos.
Derrière tout cela il y a des hommes, des femmes, des enfants, et si le système se casse, la grosse majorité des gens vont trinquer...
J'écrivais le papier suivant en 2008 pour expliquer mon hostilité à l'Euro :
Un carcan anti-économique impitoyable
Deux ensembles humains (appelons-les les pays W et Z) produisent l'un et l'autre le même produit, disons un téléphone portable. Ils ont deux monnaies, w et z, à parité au début de notre histoire (1 w = 1 z)
Ils sont aussi efficaces l'un que l'autre et produisent leurs téléphones pour un prix de revient de 100 (w ou z). Le marché les achète à 120. Ils sont heureux et font un aimable bénéfice de 20 par téléphone vendu (20 w chez W et 20 z chez Z).
10 ans plus tard, W, très dynamique, a réussi à réduire son prix de revient à 50 w. Le marché en profite aussi, et achète à 60 w. Pour W, le bénéfice reste aussi bon en valeur relative et tout va bien. Mais Z n'est pas aussi dynamique. Il s'endort et se paye de mots (cela arrive dans les vieux pays ...). Sa productivité (dont il se vante !) a un peu augmenté, mais ne lui permet pas de produire ce téléphone à mieux que 65 z seulement.
Deux familles de scénarios sont alors possibles :
1 - Si la monnaie peut encore jouer son rôle, Z peut s'en sortir avec une petite dévaluation. Pour ramener son prix de revient au niveau du marché (que W domine par son offre à bas prix !) il va dévaluer le z de 50/65 et le ramener ainsi à 1 z = 0.77 w. Alors, son téléphone (qui lui revient à 65 z) lui revient dans l'autre monnaie à 50 w. Il peut être vendu sur le marché à 60 w (soit 78 z), comme la concurrence. Z continue alors à faire un bénéfice de 78-65= 13 z et peut ainsi continuer à fabriquer et à vendre son produit. La dévaluation aura pour effet de rendre son pays un peu moins riche ; mais, s'il a du courage, la punition n'étant pas mortelle, il remontera peut-être la pente. C'est ce qu'a fait la France dans la seconde moitié du XX ème siècle, prenant sur la génération qui dévaluait l'impact de ses erreurs économiques.
2 - Si Z est dans une zone monétaire, appelons-la l'EURO, par exemple, il ne peut plus dévaluer et 1 z reste égal à 1 w. Que se passe-t-il quand le marché achète 60 un produit qui coûte 65 à fabriquer ? Devinez, c'est facile : la production s'arrête. La sanction est mortelle car Z sort du marché. Y rentrer sera bien plus difficile qu'avoir fait l'effort d'y rester. La situation est donc pratiquement sans espoir en situation de frontières ouvertes. Le pays Z va s'enfoncer, recevra des aides et subventions, fabriquera des chômeurs et suscitera compassion et discours. Il aurait mieux valu le laisser travailler, non ?
Voilà l'Europe, voilà l'EURO. Vous comprendrez, si vous m'avez suivi, pourquoi je pense que l'EURO est une machine à broyer ceux qui ne suivent pas le rythme des meilleurs, en particulier dans les secteurs des technologies nouvelles où la productivité croit de manière exponentielle.
L'Europe/Euro va voir peu à peu émerger des zones d'efficacité et de richesse et des zones de misère.
L'EURO est un carcan technocratique ségrégationniste. Il faut en sortir.
Hitchens est un exilé anglais aux US qui crache sur l'Euro comme il crache sur Mere Theresa. Rien d'étonnant, rien d'éclairant alors pourquoi publié cet article minable qui n'apporte strictement rien aux lecteurs ? Dire que l'Espéranto était un présage d'un éventuel échec de l'Euro, c'est stupide. L'idée, en soi était et est encore noble et humaniste; ce sont les sceptiques et nationalistes de son genre qui l'ont plombé. D'ailleurs, qui n'a de cesse de répandre sa propre langue dans les échanges commerciaux et à l'intérieur d'autre pays souverains, si ce ne sont les anglo-saxons ? De plus, si à l'origine c'est bien la politique qui a créé l'Europe, 1) c'est par le biais de l'économie (CECA) que cette dernière c'est effectivement mise en place et 2) cela n'est plus le cas depuis longtemps, ce qui en annule la justification au yeux de la majorité des citoyens européens. Je n'ai pas d'avis préconçu sur l'Euro excepté que je n'y ai vu aucun avantage. Mais quand j'entend des journaleux anglo-saxons à la manque nous faire la leçon, ça me donne un regain d'intérêt pour cette idée qui au fond, si elle pêche par certains travers, est surtout du fait des politiques qu'ils l'ont mis en place et en on retiré tout pouvoir politique au détriment des financiers et de l'économie néolibérale...
Il est bien plus facile de s'en prendre personnellement à l'auteur d'un article que de s'attaquer à ses arguments. Christopher Hitchens est donc un journaliste à la manque et plus grave... un Anglais.
Manifestement, vous n'avez pas compris sa comparaison avec une autre grande idée généreuse mais utopique qu'était l'Espéranto. Hitchens ne crache pas sur l'euro et regrette même son échec. Il est néanmoins flagrant comme facteur d'intégration économique des pays de la zone. Le problème, c'est que lors de la création de la monnaie unique, c'était le principal argument avancé en sa faveur.
On peut toujours nier la réalité quand elle dérange comme le fait que la vie de Mère Thérésa n'était peut-être pas aussi exemplaire que cela.
Vous avez parfaitement le droit de ne pas être d'accord avec Christopher Hitchens, grand journaliste qui mène un combat contre toutes les formes d'obscurantisme, mais de grâce essayer de comprendre ce qu'il écrit et ensuite d'avoir de vrais arguments pour le contester.
Cher Eric,
Je suis d'accord sur le fond de votre réponse et je suis d'accord avec l'article.
Je suis étonné que quand je critique Benilouche 1/ vous censurez l'article 2/ vous me répondez en message privé. Peur du débat ?
Oui je soupçonne Benilouche et dans le débat démocratique il y a la place pour ce type de critiques.
Je ne m'attend pas à ce que vous publiez celui ci... je veux juste vous montrez que je ne suis pas dupe...
Bonne journée et sachez que je respecte Slate.fr malgré mes vives critiques (qui aime bien châtie bien).
Cordialement,
SZ
Chapeau bas Eric, je pensais que vous ailliez me censurez. Bon, mon prochain brûlot, vous le publiez ;-)
A l'exception de l'Irlande, les PIGS (Portugal, Italy, Grèce et Spain) appartiennent tous à ce que le jargon financier appelle le Club Med. (Je propose d'ailleurs que pour ces pays, on remplace l'€ par des colliers de perles :-)
Cet euphémisme sous entend que ces pays sont des républiques bananières, rongées par la corruption et ses deux corollaires: le népotisme et l'incompétence. Entendons nous bien: la France n'est pas un un parangon de vertus dans ces domaines, nous aussi savons être corrompus et incompétents, mais nous le somme moins.
Je connais bien le cas du Portugal, j'y vis. Ce pays regorge de gens talentueux et dynamiques comme Monsieur Socrates par exemple. Le problème c'est qu'ils sont trop souvent mis au rencart pour faire de la place pour les fils de l'oligarchie (sociale, politique et syndicale). Le résultat est ubuesque ! Le pays vit complétement au dessus des ses moyens. La dette du pays est de 80% de son PIB et la dette bancaire moyenne par habitant est égale à 1,3 ans du salaire moyen, le plus fort endettement en Europe. Le parc automobile est flambant neuf et le pays a la plus forte pénétration de téléphonie mobile au monde. Les grandes banques internationales et leur crédit facile et très cher, en collusion avec les enseignes de la grande distribution (Française en général) sont tombées sur le peuple portugais comme la proverbiale vérole sur le bas clergé breton.
Le secteur public est gigantesque, par exemple, j'ai entendu dire ( je n'ai pas vérifié) que pour chaque 14 habitants de Lisbonne il y a un employé municipal. Vu ce que je paye comme impôts locaux ( quasiment rien) je me demande qui paye. Bien évidement, il faut occuper ces fonctionnaires. Alors on leur donne un tampon encreur et leur métier c'est de "réguler"... en clair de rendre très difficile tout ce qui devrait être très simple (permis de construire, etc). Comme ils sont mal payés, ils ne faut pas trop les forcer pour accepter un petit billet pour qu'ils mettent le coup de tampon. Si vous ne leur offrez pas de billet, ce coup de tampon ne vient jamais.
Tout cela pour dire que ceux qui, au nord de l'Europe en ont assez de payer pour le sud ont des raisons valables.... la tentation est grande. Mais ce serait une erreur que de jeter le bébé avec l'eau du bain. Je suis né quasiment au moment de a signature du traité de Rome. Je suis français, ma femme est portugaise et ma fille britannique. Nous sommes européens. L'Europe existe, du cercle Polaire à Gibraltar et de l'Irlande à l'Oural. Reculer maintenant serait une folie. Nous avons une monnaie que nous devons défendre, contre vents et marées.
Le problème ce n'est pas la monnaie unique, ça c'est un symptôme. Le problème c'est "l'état nation". En bidouillant l'€ on applique un cautère sur une jambe de bois. Nous devons avancer politiquement et comprendre que le prochain pas est très difficile. Nous n'avons pas le choix: l'état fédéral Européen doit prendre le pas sur l'état nation qui lui même doit redistribuer ses pouvoir vers les régions. Au passage nous devons nous débarrasser des départements, concept qui date d'une époque ou il n'y avait ni transports ni télécommunications.
Pour avoir une véritable voix sur l'échiquier planétaire, nous devons parler d'une seule voix. Pas la cacophonie des Merkel, Sarko, Brown et de bouffons comme Berlusconni. L'€ suivra.
Bel article , bien que sa conclusion soit sans objet car l'histoire ne se répète pas.
Si on trouve maintenant beaucoup de commentaires sur la possible fin de l'Euro, je ne vois pas de mode d'emploi clair pour y arriver sans casse.
Il me semble que nulle part la possibilité d'un retour en arrière n'ait été prévu. On n'ose imaginer la brutalité des mouvements de capitaux qui se produirait si cette prophétie venait à se réaliser.
"Les rêves européens pourraient bien mourir avec la monnaie unique"
Le fait que vous ne soyez pas européen de culture vous permet d'écrire "les rêves" en lieu et place de la litanie habituelle des "le rêve européen" ou "l'idée européenne".
Votre article est très juste mais vous me permettrez d'y apporter une critique. Vous ne tirez pas les conséquences de vos propres constatations.
L'Europe erre sans but et s'est son drame, notre drame.
Elle est souvent présentée comme une construction. Je suis pour ma part toujours dans l'attente d'un plan d'architecte ou d'une vue d'artiste, bref une image du but à atteindre qui justifie les moyens et les évolutions nécessaires.
De ce point de vue, l'Europe, telle que nous la connaissons est morte depuis longtemps. Elle est sans doute la seule à l'ignorer. Les historiens se chargeront de déterminer la date ou l'événement qui a marqué le début de ce mouvement. Pour ma part, je propose une lecture générationnelle avec la disparition des fondateurs. Les ressorts profonds qui les animaient ont heureusement aujourd'hui disparus. Notre monde n'est plus celui-là. L'Europe est peut être un rêve mais surtout un outil et un outil ne se juge que par son efficacité et sa pertinence.
Son efficacité est largement remise en question et sa pertinence est inexistante. En l'absence de but défini, comment évaluer un résultat ?
Ne soyons pas pressés ni crédules. Elle ne disparaîtra que lorsqu'elle aura été remplacée.
Plus que jamais Europe et Construction européenne ne riment ni ne ré(ai)sonnent.
Le lancement de la zone euro montre bien les limites intellectuelles de nos "élites" politiques, qui n'ont prévu aucun moyen d'en sortir, qui ont laissé n'importe qui y entrer, et n'ont pas anticipé que la monnaie était la principale variable d'ajustement de pays aussi différents économiquement que l'Allemagne et la Grèce!
Il ne faut pas oublier que depuis 1949, le franc français a perdu à peu près 30% de sa valeur par rapport au mark par décennie!
Et seule la politique du franc fort, inspirée de que faisait l'Allemagne, nous a sauvés du laxisme de nos "élites" totalement incompétentes!
Et aujourd'hui on vient se plaindre et on critique le SEUL pays qui a eu une gestion exemplaire!
Alors, soyons sérieux, la fin de l'Europe et le retour au Marché Commun , ce n'est pas forcément la pire des éventualités, sauf bien sûr pour les dizaines de millier de fonctionnaires et d'élus bien payés, qui font quoi, au fait?
Quand on leur a (pratiquement) imposé d'abandonner le mark pour l'euro, les Allemands ont exigé qu'il n'y aurait pas de mesures de sauvetage pour les Etats défaillants! et on vient aujourd'hui les critiquer pour leur manque d'enthousiasme dans le sauvetage de la Grèce, alors qu'on est incapables de savoir de combien la Grèce a réellement besoin pour s'en sortir!
soyons sérieux et relisons nos pages d'histoire des institutions européennes!
et la France, spécialiste des dévaluations "compétitives" de 1949 à 1987 (n'en déplaise à J.Attali!) est mal placée pour donner des leçons!
Ah la baguette était à 1F avant l'Euro et maintenant, elle est à 1 € ?
La belle affaire, elle a été aussi à 1 ancien Franc, et elle a bien dû être à 1 sou...
Vous oubliez l'inflation galopante (15% par an dans les années 70). Si elle a pu être jugulée, ce n'est que grâce à des politiques économiques rigoureuses et un ancrage fort à l'Europe, tout ce que l'Euro a concrétisé. en 2002.
Vous oubliez aussi les autres facteurs qui influent sur les prix, comme, dans l'exemple de la baguette, les cours mondiaux des céréales ; il a bon dos l'Euro !
Vous critiquez, mais vous oubliez votre super écran-plat-géant que vous n'avez pas manqué d'acheter récemment, alors que votre télé à tube fonctionnait encore très bien : si vous avez pu le payer que quelques centaines d'Euros, c'est - en partie - parce que l'Euro est fort.
Faut-il rappeler que la quasi totalité des produits manufacturés que nous achetons vient de pays hors euros ?
Par ailleurs, vos alter-ego danois ou suédois qui se flattent de ne pas avoir l'Euro, savent-ils que leur devise est "vissée" à l'Euro et que ce n'est que pure hypocrisie de garder leurs couronnes ?
Et les anglais, europhobes par excellence : leur Livre a chuté de plus de 25% en quelques années ; qu'est-ce que vous croyez qui a augmenté grâce à ça : leurs salaires ou le prix de leurs biens importés ?
Enfin, si un pays comme la Grèce devait quitter la zone Euro : 1) il se prendrait une dévaluation carabinée 2) ça déclencherait une inflation récurrente pendant plusieurs années 3) ça ne fera pas bouger les salaires...
Le constat des differentes situations des pays de l'UEM est partage par tous aujourd'hui, mais chacun analyse ensuite ces differences pour faire ressortir les vieux etendards : Vive l'Europe ou alors Chacun pour soi.
Sans rentrer dans cette polemique, il me semble qu'une union n'est pas seulement se comparer et se critiquer les uns les autres (les uns parce qu'ils ne veulent pas soutenir les autres, les autres parce qu'ils travaillent moins bien que les uns).
Est-ce qu'a un moment on ne peut pas essayer tout simplement via un comite de gouvernance europeen : partager nos bonnes pratiques en bonne intelligence?
Parce que si nous sommes une vraie union, il serait temps que nos amis Allemands arretent de faire la lecon, et que nos autres amis Grecs, Portugais, Espagnols arretent de masquer leurs dettes et se mettent serieusement a optimiser leur productivite?
Non? Ce serait pas plus simple?
Arnaud
Dans un monde où les critiques fustigent contre nos politiciens sans âme, sans vision, sans sens civique, il est drôle, pour ne pas dire décevant, d'entendre ceux qui critiquent l'Euro et, de là, le projet européen.
Il est évident que l'Euro était un pari dès sa création. Un pari que les pays 'riches' aideront les pays 'en voie de devenir riches' à améliorer leurs économies grâce à des subventions mais pas seulement, surtout grâce à un nouveau rigueur économique et gestionnaire.
Ceci dans un but de créer une UNITE nouvelle, une SOLIDARITE, sans conflits, surtout sans guerres. L'Union Européen. Une union créée sans guerre préalable – une première dans l'histoire de l'homme.
Et maintenant quand une crise économique met même les pays les plus riches sous pression, il y a ces nostalgiques de la baguette de pain à 1F qui veut tout laisser tomber!
Allez lire ou re-lire l'histoire de notre continent entre 1918-39 mes chers amis et réfléchissez!
Seul l'Allemagne (grand fauteur du passé avec ses ambitions territoriales et idéologiques ) a pu respecter les règles strictes – imposées à sa propre demande – qui accompagnaient ce pari économique très osé. Les déficits budgétaires ne devaient pas dépasser 3% du PIB.
Du bon sens mais dur à réaliser dans des démocraties où les populations demandent de plus en plus à leurs gouvernements sans pour autant payer sous formes d'impôts la note. La France est un bon exemple parmi d'autres. Même l'Allemagne a fauté momentanément.
Et puis vient la Grèce, là où j'habite. Grand fauteur par excellence où règne une complicité ouverte entre les riches qui trichent avec leurs impôts et leurs pots de vin et les pauvres qui font des actes de présence dans leurs bureaux de fonctionnaire de 07h00 à 14h00 (primes, 'pourboires', 13e et14e mois, retraite à 57 ans à l'appui). « Je ne dirais rien si vous, vous ne dites rien. De toute façon l'Europe paie tout! ». Pas tous les Grecs, je dois dire, mais trop parmi eux quand mêmes.
Et derrière la Grèce, les autres PIGS, et derrière eux...!
Ce que demande l'Allemagne me paraît du bon sens – productivité, effort, impôts, rigueur pour arriver à une société juste et équilibré. A ceux qui osent la critiquer de proposer des solutions meilleures.
Don't mention the var ! Dirait Basil Fawlty... Ne parlez pas de la guerre... car c'est cette guerre, la der des der des der entre Européens qui a donné naissance à l'€. C'est pour qu'il n'y ait plus jamais de tranchées, de Dachau ou de SS que Jean Monet et ses contemporains ont formé le projet fou de faire par la paix, ce que Charlemagne, Napoléon et Hitler n'avait pas réussit à faire par le glaive. Béret bas, Messieurs Dames, ils ont pas trop mal réussit.
Alors nous sommes au milieu du gué. Certains voudrait retourner vers "leur rive"... ils ont froid à leur petits pieds (cold feet). D'autres, comme moi, veulent finir le voyage... nous le devons à ceux qui sont restés la baïonnette au canon enterrés à Verdun, morts au supplice à Treblinka, ou congelés aux portes de Stalingrad. N'oublions jamais que, de toute l'histoire de l'humanité, c'est la première fois qu'il y a soixante ans sans guerre. Soixante ans sans que des mères voient leur fils partir la fleur au fusil. 110 milliards d'€ c'est des cacahuètes à côtés de 50 millions de morts...
Alors oui, j'aime cette Allemagne talentueuse, moderne, réunifiée et démocratique. J'aime Berlin et ses créateurs... mais si Madame Merkel venait à trop rechigner sur la participation de l'Allemagne au sauvetage des mauvais élèves je lui dirait deux chose:
1/ Guernica.
2/ Plan Marshal.
Nicolas, passe ton beau stylo à plume à la dame; elle doit signer un très gros chèque...
Puisqu’on parle d’économie, rappelons que du point de vue de son journal, un bon éditorialiste (à distinguer d’un bon journaliste) n’est pas celui dont les analyses sont pertinentes mais celui qui attire les lecteurs et fait vendre du papier et de la publicité.
Un bon éditorialiste a les mêmes qualités qu’un auteur de science-fiction et les mêmes défauts de ce qu’on appelle, dans le jargon internet, un troll.
Le titre de l’article met déjà la puce à l’oreille, le contenu ne dément pas la première impression et un coup d’œil à la fiche Wikipédia de l’auteur confirme définitivement cette impression : on a bien affaire à un troll. Troll haut-de-gamme, certes, mais troll quand même.
En conclusion : c’est le printemps, c’est le week-end, au lieu de répondre à un troll sur Internet, sortez votre vélo du garage et allez donc vous promener.
au judicieux conseil de JX : vous promener... dans les défilés du 1er mai ;> )
P'têt'bien qu'y a d'la crise dans la zone euro, les amis, mais d'où est-elle partie ?
Le dollar ne repose-t-il pas, lui aussi et depuis longtemps, sur un endettement
excessif ? L'euro est-il dès lors tellement plus bancal ? Le moment est peut-être
simplement venu de (re)construire le système mondial des échanges autrement
que sur l'unique loi du plus fort, du plus rapide et du plus malin.
Quelle est la masse financière, la force spéculative en puissance, qui menace
en permanence tous les cours de n'importe quelle valeur de l'économie réelle ?
Un rappel de l'ordre de grandeur suffira. La comparaison de l'une à l'autre
explique à elle seule le risque d'effondrement ou d'envolée (passagère !)
de n'importe quoi, y compris l'euro. Ce dernier a, par rapport au riz ou une action
X ou Y, l'avantage qui tarde, il est vrai, à être brandi par les droites en place,
complaisantes avec l'argent roi et peu regardantes avec l'argent public,
de représenter une coalition de pays parmi les plus puissantes au monde,
si elle se donne la peine de le vaire valoir. Là est peut-être précisément
l'objet de l'attaque dont l'euro est la cible.
Eurobustement.
Les Grecs ont-ils cru que l'Europe c'était comme le Loto ? comment s'enrichir sans se fatiguer, retraite à 53 ans, 13éme et 14éme mois pour les fonctionnaires, pas d'impôts pour les riches, et le pire , la droite irresponsable et corrompue a refilé le bébé à la gauche juste avant la catastrophe, c'est assez misérable , mais ça risque de se transformer en guerre civile!
La France, qui dévaluait le franc de 30% chaque décennie, a été obligée de devenir, sinon exemplaire, du moins modérée dans ses dérives!
Mais aucun pays en difficulté ne peut quitter l'euro, sinon sa dette, déjà difficilement remboursable, deviendrait insurmontable!
Et ne pas oublier que ce que l'on appelle une "aide à la Grèce" n'est qu'un crédit destiné à rembourser des crédits venus à échéance, et donc n'aide absolument pas la Grèce à sortir de son état!
C'est le commentaire lapidaire et "éclairé", en octobre 2008, de M. Alain MINC, ci-devant bouffon-conseil du Roi, célèbre dirigeant sans éclat, pour ne pas dire plus (St-Gobain, Olivetti, Cerus?...) reconverti dans le conseil , apprenti-philosophe condamné pour plagiat et contrefaçon...!
Le CAC 40 a du souci à se faire!