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Depuis dix ans, un homme sauve les chats abandonnés de Fukushima

Temps de lecture : 2 min

Sakae Kato s'occupe actuellement de quarante-et-un félins et d'un chien.

L'homme à chats vit à Namie, une zone réglementée de la préfecture de Fukushima. | FOX via Pexels
L'homme à chats vit à Namie, une zone réglementée de la préfecture de Fukushima. | FOX via Pexels

Le 11 mars 2011, le nord-est du Japon est touché par un tremblement de terre qui provoque un tsunami dévastateur et le terrible accident nucléaire de la centrale de Fukushima. Alors que la majorité des habitants fuient la zone et les nuages de radiations, un homme reste sur place pour sauver les chats abandonnés par les voisins, raconte le New York Post.

Depuis toutes ces années, Sakae Kato, originaire de Namie, une zone réglementée de la préfecture de Fukushima, observe le même rituel: il laisse de la nourriture pour les chats sauvages dans un hangar qu'il chauffe avec un poêle. Aujourd'hui, l'homme de 57 ans s'occupe de quarante-et-un félins dans sa maison et dans un bâtiment vide de sa propriété. Il a également sauvé un chien, Pochi.

Cet ancien propriétaire d'une petite entreprise de construction a décidé de rester, contrairement à 160.000 autres personnes, après la découverte de plusieurs animaux morts dans des maisons abandonnées qu'il aidait à démolir, explique le quotidien américain. «Je veux être sûr d'être là pour m'occuper du dernier», confie Sakae Kato, qui décrit son action comme la mission de sa vie. «Après cela, je veux mourir, que ce soit un jour ou une heure plus tard.» Jusqu'à présent, il a enterré vingt-trois chats dans son jardin.

7.000 dollars par mois de dépense pour ses animaux

Pour sauver ces chats, Sakae Kato vit dans des conditions précaires: le plancher de sa maison s'affaisse, la toiture est parsemée de trous, il n'a pas d'eau courante et doit remplir des bouteilles à partir d'une source de montagne voisine ainsi que prendre la voiture pour se rendre dans des toilettes publiques. Il n'a d'ailleurs techniquement pas le droit de dormir dans sa maison, située à proximité d'un champ en cours de décontamination.

L'homme à chats estime dépenser 7.000 dollars (un peu moins de 6.000 euros) par mois pour ses animaux. Une partie est consacrée à l'achat de nourriture pour chiens qu'il donne aux sangliers qui se rassemblent près de sa maison au coucher du soleil. Cette dernière action bienveillante lui a cependant valu d'être arrêté le 25 février dernier: Sakae Kato est soupçonné d'avoir libéré des sangliers pris dans des pièges installés par le gouvernement japonais en novembre.

Le 8 mars, il était toujours détenu pour un interrogatoire, précise le New York Post. En attendant son retour, des bénévoles locaux s'occupent des chats, selon Yumiko Konishi, un vétérinaire de Tokyo. Mais au moins l'un d'eux est mort depuis son arrestation.

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