Société / Monde

Meghan et Harry ou l'empire du néant

Temps de lecture : 2 min

[BLOG You Will Never Hate Alone] Harry et Meghan sont les produits de leur époque: ils se pensent indispensables à la marche du monde. Le problème, c'est qu'ils n'ont rien à dire.

Il leur faut exister médiatiquement pour ne pas sombrer dans un ennui profond. | Bruce Detorres via Flickr
Il leur faut exister médiatiquement pour ne pas sombrer dans un ennui profond. | Bruce Detorres via Flickr

Je ne connais pas de spectacle plus navrant que celui offert par les membres de la monarchie britannique. Si j'en avais le pouvoir, je les expulserais jusqu'au dernier sur une quelconque île déserte d'où on n'entendrait plus jamais parler d'eux. Leur mièvrerie m'est insupportable, leurs frasques et leurs déboires perpétuels me donnent des envies de suicide, et quand je les vois plastronner à la une de l'actualité, j'en viens à maudire l'humanité et ses engouements imbéciles.

Pourra-t-on m'expliquer un jour quel charme on peut bien leur trouver à ces princes et princesses qui depuis des décennies nous pourrissent l'existence avec leurs tragédies oiseuses et leur sens de la dramaturgie tout juste digne d'une pièce de boulevard? Quand comprendra-t-on que de leur consacrer une seule minute de notre temps équivaut à s'amputer d'un peu plus de matière cérébrale tant ils nous attirent dans les tréfonds de leur insondable vacuité?

Je me fous de savoir s'il existe du racisme au sein de la famille royale britannique, je me contrefous que l'autre duchesse ait pu avoir comme elle le prétend des pensées suicidaires, je me moque de savoir qui a bien pu pleurer la première, Meghan ou Kate, et je méprise les médias qui à longueur de temps nous obligent à nous confronter à des individus dont la vie palpitante a autant d'attrait que celle d'un pot de yaourt périmé.

Sommes-nous tous devenus collectivement fous pour nous intéresser au sort de personnages qui ne doivent leur prestige qu'aux conditions et aléas de leur naissance? S'il faut vraiment s'enticher de quelques célébrités pour se sentir exister, ne peut-on en trouver de plus séduisantes que ces oisillons qui à intervalles réguliers viennent s'épancher à la télévision en une avalanche de confidences?

Harry et Meghan sont les produits de leur époque: ils se pensent indispensables à la marche du monde. Incapables de se satisfaire l'un l'autre, il leur faut exister médiatiquement pour ne pas sombrer dans un ennui profond. Déjà riches à en crever, ils étalent au grand jour leurs états d'âme avec le fol espoir d'amasser encore un peu plus d'argent, un peu plus de gloire, un peu plus de followers dans cette exhibition des sentiments.

S'ils aspiraient tant à la tranquillité, pourquoi n'être pas restés sur l'île de Vancouver où jamais personne n'aurait eu l'idée de venir les emmerder? Et puis n'éprouvent-ils pas comme un sentiment de honte à venir ainsi conter leurs petits malheurs comme si leur existence ressemblait à un interminable chemin de croix, à une succession de tragédies épouvantables? Même une intelligence réduite a parfois des sursauts de lucidité qui permettent aux plus égocentriques des individus de se comporter avec un minimum de dignité. Eux, non.

Le plus tragique dans toute cette affaire est l'intérêt qu'elle peut bien susciter. À croire que les individus dans leur ensemble ne peuvent vivre sans s'enticher de vedettes qui ne représentent qu'elles-mêmes, c'est-à-dire personne. Comme une fatalité à toujours se chercher comme exemple des figures sans relief, sans consistance, sans réelle authenticité, de ces faussaires qui donnent à vendre du rêve là où il n'existe que du vide.

Sur ce, excusez-moi, mais à moi aussi, en écrivant cette chronique, il m'est venu des pensées suicidaires.

Le temps est venu de solliciter Oprah pour voir à combien je peux monnayer cette mélancolie morbide.

À moi, les millions!

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